‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 363 sur 467 · De la race écossaise sans cornes · texte numérisé non relu

De la race écossaise sans cornes

Cette race, originaire d’Asie, est répandue en Angleterre et surtout en Ecosse ; on la retrouve en Irlande. On en introduisit, sous le consulat, une colonie à la ferme expérimentale de Rambouillet: on la trouva précieuse sous les rapports du travail et du lait; elle se répandait dans les départemens voisins ; on l’eût, sans doute, partout adoptée,

mais elle fut presque entièrement emportée par l’épizootie de 1815; elle est caractérisée ainsi: — absence complète de cornes, et méme aplatissement, et concavité aux lieux où elles s'élèvent dans les autres races ; — exhaussement au milieu du front; — pariétal et crête de l’occipital très-forts ; — près de terre, quoique de grande taille, beaucoup de corps ; — poitrail et croupe très-larges ; — épaules très-musculeuses; — fanon descendant audessous du genou ; — peau fine; — poils ras et fins (caractères des races orientales); — poil blanc mêlé de rose et de rouge, quelquefois de la nuance nommée porcelaine sur le cheval ; — une grande douceur, soit au pâturage, soit à l’étable; et, néanmoins, beaucoup de force et de courage. se battant avec le poitrail plutôt qu'avec la tête ; — abondance de lait et facilité de l’engraissement.

Les produits de cette race unie aux vaches à cornes se sont constamment montrés sans corues, ou avec de petits cornillons adhérens à la peau qui ne tardent pas à tomber.

Cette race a éprouvé chez nous la même défaveur que les bêtes à laine d’Espagne, et d’abord les cultivateurs la rejetaient également ; ils ne pouvaient se figurer que des animaux ainsi conformes pussent être utiles, et ils refusaient de leur laisser couvrir leurs vaches. II a fallu qu’ils vissent leur produit, que l'expérience leur montrât combien leur multiplication est certaine, et enfin combien l’absence des cornes est non-seulement peu importante, puisqu'elle n'empêche pas de les

|atteler au collier, mais encore utile, pour

qu'ils consentissent à l’adopter. À sa grande douceur, cette race joint les avantages d’être

| bonne portière et très-bonne laitière; elle a

aussi celui de pouvoir être mise dans la même pâture avec des jumens pleines ou poulinières, sans craindre que les mères et les poulains soient éventrés par des coups de cornes, comme il n'arrive que trop souvent.

$ III. — De la race helvétique de Schwitze

On a signalé en Suisse trois races bien dis-

| tinctes de bêtes bovines : 1° celle de Fribourg;

2 celle de Hasti ; 3° celle de Schwitz; la derpière est plus précieuse que les deux autres : bonne laitière, s’engraissant aisément, elle est encore éminemment propre au travail, aussi l'avons-nous placée dans la section des travailleurs.

Voicises principaux caractères :— couleur variable, en général bai-brun avec une raie fauve sur le dos ;—fesses lavées ;—poil de l’intérieur des oreilles fauve; — tête large, carrée, chignon bien prononcé, cornes fortes, noires, œil vif, chanfrein court, large et charnu ; — encolure courte bien musclée, fanon bien détaché, sans descendre fort bas; — poitrail et épaules larges, bras et avant-bras larges, bien musclés ; — corps long, côtes arrondies, dos horizontal; — extrémités fortes, jarrets larges, bien évidés, tendons fléchisseurs des extrémités bien prononcés ; — ensemble du corps exprimant la force et la vigueur.

Ces caractères adoucis se retrouvent chez la vache, ses mamelles amples sont garnies de six mamelons, et ses vaisseaux mammaires sont très-apparens.

CHaAP. 1.

Cette race, connue en France depuis peu d’années, a été introduite dans la ferme-modèle de Grignon; voici ce qu’en dit M. Bella, directeur de cette belle institution :

« On peut dire que, sous le rapport des formes, nulle autre race ne se rapproche autant du beau idéal : sous le rapport de la force, elle souffre peu de comparaison. Les personnes qui ont observé cette race en Suisse peuvent rendre témoignage du travail qu’elle opère; jusqu'ici, on ne peut encore donner qu'un petit nombre de faits recueillis à Grignon même. Schwitz et Hector, les deux taureaux les plus beaux que l'institution ait possédés, traînent chacun, sur un chariot, 4 milliers de vert. Les génisses de deux ans, qu’on attèle pour le même usage, conduisent aisément, et sans être fatiguées, des charges de 4 à 6 mille pour trois à quatre bêtes. »

Ses qualités laitières sont assez connues; néanmoins on peut les comparer avec celles de la race normande ; à Grignon, l'expérience comparative a été faite sur une moyenne de douze vaches suisses et dix-huit normandes, par conséquent on peut la regarder comme une base suffisante. La nourriture était pour les deux races de même qualité, le produit s’est trouvé le même.

$ 1V.— De la race auvergnate de Salers.

On a écrit qu’il y avait en Auvergne au moins trois races peu differentes entre elles. Né dans ce pays au milieu des chalets, que nous nommons ”7azut, jen connais le bétail, et je n’y ai signalé, comme digne d'intérêt, que la race de Salers; quant à celle qui pàture dans la Limagne et sur les monts qui entourent ce jardin de la France, elle est massive, mal conformée, bigarrée, à tête.longue, ayant, comme celles de Berne et de Fribourg, dont elle descend sans doute, peu d'aptitude pour le travail, et consommant beaucoup pour donner un lait abondant en sérosité ; celle de Murat, s’il faut donner ce nom à une'agglomération chétive de bêtes bovines, ne mérite aucun intérêt.

Voici les caractères de la race éminemment travailleuse de Salers ( Zg. 261) :

Fig. 216.

Taille de 4 pieds 2 à 6 pouces; poil court, doux, luisant, presque toujours Put rouge vif sans taches, —tête courte, front iarge, tapissé, chez le taureau, d’une grande abondance de poils hérissés ; cornes courtes, grosses, lui-

santes, ouvertes, légèrement contournées à la

Page 1