‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 367 sur 467 · RACES BOVINES LAITIÈRES ET D’'ENGRAISSEMENT · texte numérisé non relu

RACES BOVINES LAITIÈRES ET D’'ENGRAISSEMENT

Comme cette race vit de peu, qu'elle peut trouver sa subsistancesur des montagnes presque arides et y fournir beaucoup de lait comparativement à sa taille et à son alimentation, nous regarderions comme trés-précieuse son introduction dans beaucoup de localités de la France; elle est réellement de rzature, quoique vivant sur les plus hautes sommités, ce qui caractérise le kaut cru.

$ 11. — Races italiennes, sardes et savoisiennes.

Nous connaissons peu les races bovinesitaliennes. On avait introduit en France celle de la Romagne, se distinguant par les caractères qui suivent : grande taille; — cornes longues, latérales, relevées au bout; — poil de couleur grise foncée, passant au brun sur la tête et au milieu du dos. Cette race, dépaysée, change de poils, ils deviennent blancs a la tête. — Les veaux naissent avec des poils roux, mais peu à peu leur couleur change et la nuance grise foncée se prononce.

Cette race fut abandonnée, n'ayant pas été trouvée assez bonne laitière. M. Tessier a fait néanmoins observer que c'était à tort, car elle est, selon lui, plus vive et plus forte que nos races françaises, laboure avec plus d’activité, fournit beaucoup de chair et surtout s’engraisse bien. Il serait bon de la multiplier dans le midi où les grandes et bonnes races du Nord réussissent plus difficilement.

Les bœufs siciliens ont des cornes remarquables par leur grandeur et leur régularité, elles sont très-peu courbées, et leur longueur moyenne, mesurée en ligne droite, est de 3 pieds et quelquefois de 3 pieds 1/2.

En Sardaigne comme à Malte, les bœufs sont en général petits et maigres.

Ce ne sont pas des vaches indigènes qui fournissent le lait dont on fait le fromage de Parmésan, mais des vaches helvétiques, principalement de la race de Schwitz. On ne con serve dans les vacheries, où se fabrique ce laitage, que le nombre de vaches dont on a besoin pour renouveler les bœufs de travail et pour avoir des veaux dont la viande est fort estimée. ;

M. Huzard, fils comparant la race italienne du Parmésan à l’helvétique qu’on importe en cette contrée, dit : « La race du pays est plus grande, le corps ou le coffre est moins ample, en sorte que sa hauteur n’est due qu’à la longueur deses jambes; celles-cisont plus minces néanmoins, moins écartées, moins d’aplomb; le bassin est plus étroit, la peau est plus fine, le poil plus doux, plus ras; la tête est beaucoup plus petite, les yeux sont grands, l'oreille grande et bien placée, le mufle petit, la corne petite et mal faite ; sa chair est délicate. »

Ce sont bien des vaches indigènes, quoique originaires de la Tarentaise, dont le lait sert à faire le fromage du Mont-Cenis : « Elles n’ont pas, dit M. Bonafous, cette perfection de formes qui caractérise les races de la Suisse, mais elles sont généralement plus frugales; elles ont l’encolure courte, les cornes bien ouvertes, le ventre assez gros, le pied ferme et les mamelles peu volumineuses, les couleurs dominantes de leurs poils sont le noir et le gris ardoisé. Le rouge et le blanc sont des teintes peu recherchées. Les vaches blan-

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ches sont ordinairement moins robustes et Jeur lait moins substantiel; — les plus grosses vaches n’excèdent pas 600 livres. Elles ne donnent, terme moyen, que 5 à 6 litres de lait par jour. »

$ 1V.— Race hollandaise.

Formée sur les rives herbeuses de l’Escaut, cette race (fg. 264) s’est répandue dans le nord

et l’ouest de la France. Elle est caractérisée par une taille élevée, —un poids moyen de 8 à 900 livres, — la robe le plus souvent pie,—-la tête allongée, effilée, — les cornes noires, Iongues, minces, en demi-cercle, — lencolure grêle, — le corps allongé, haut sur jambes, — les jarrets et les genoux minces, — tempérament lymphatique ; — est toujours maigre, quoique consommant beaucoup.

Une race bovine ainsi conformée est peu propre à supporter de rudes travaux, elle est éminemment laitière : c’est au point de donner communément 15 à 18 litres de lait par jour, et cela même deux ans après le part.

Mais il en est de ce lait comme de celui des vaches helvétiques, il ne fournit pas du beurre et du fromage en proportion de son abondance ; leur chair est excellente ; le suif est abondant, le cuir estimé.

La population bovine est immense en Hollande comparativement à l'étendue du territoire; elle fournit les élémens d’une industrie qui constitue l’une des principales richesses du pays, celle de la fabrication de ces fromages si estimés qui, plus que tous autres, supportent la mer et sont exportés dans toutes les parties du monde.

$ V .— Race normande.

On en connait deux principales, celle du Cotentin et celle du pays d’Auge; l’une et l’autre remarquables par leur corpulence.

La taille de la première est d'environ 5 pieds, le poids brut de 15 à 1600 livres, ce qui suppoæ un millier de viande à consommer (la différence entre le poids brut et le poids net d'un bœuf est d'environ un tiers, lequel tiers se compose du cuir, du sang, du suif, des issues ; généralement de ce qui ne se débite que dans les basses boucheries ); ses formes contrastent avec celles de la:race de Salers; elle offre, en effet, en outre de la grande différence de taille et de poids : couleur tantôt brunâtre

avec des teintes noires en quelque sorte bron zées, tantôt rougetres, marquées de blanc;— tête longue, mince, cornes allongées, pointues ; — structure peu massive, corps long; dos voüté, ventre volumineux ; — membres menus, jarrets étroits, queue attachée bas et enfoncée entre les fesses qui sont minces.

Les fermiers qui élèvent les bœufs normands ne se sont pas attachés à une couleur, car on voit de ces bœufs pies de rouge et de blanc, on en voit de noirs; les habitans du Cotentin (Manche) préfèrent les bœufs à poil truilé, ce qu’on appelle dans le pays bring.

Le meilleur bœuf normand pour la chair est le Cotentin, ce qui peut dépendre autant de la constitution de l’animal que de la qualité du pâturage dans lequel on l’engraisse.

Peu propre au travail, ne donnant pas du lait dans la proportion de son volume et de sa consommation, le mérite de celte race est de fournir abondamment une chair succulente et beaucoup de suif excellent.

La race du pays d’Auge, nommée encore race de Hollande, est le produit d’une importation qui n’est pas ancienne ; elle se propage dans des limites étroites, car dans de riches pâlurages.comme ceux de la Normandie, il convient d'engraisser, non d'élever du bétail.

Elle diffère de la précédente par les caractère suivans : taille un peu moins élevée, poids moins considérable; —couleur différente, étant bigarrée de rouge, de blanc, de noir, etc.; — tête plus courte et plus large, cornes courtes, grosses, blanches, arrondies au bout; — dos moins courbé, ventre moins volumineux, extrémités moius menues, cuir plus épais.

S'il est vrai que ces deux belles races bovines aient pour origine la race hollandaise, il faut convenir qu’elle n’a pas dégénéré dans sa nouvelle patrie; elle a conservé sa taille en acquérant de l’embonpoint, et ses formes sont

| devenues plus beiles. Elle a changé de desti-

nation : ce n’est plus pour l’abondance du lait, mais pour la boucherie qu'on la recherche. Comme cetie race ne travaille pas du tout, les chevaux étant presque partout, en Normandie, les agens de la culture, on doit engraisser el envoyer le plus tôt possible à la boucherie les bœufs normands; ils y arrivent à l’âge de trois ou quatre ans, et c’est une opinion parmi les herbagers que, si on gardait ces animaux jusqu’à huit ans, leur chair serait beaucoup plus savoureuse ; mais elle coùûterait trop cher, s’il fallait la payer au prix d'un si long entretien.

On y conserve beaucoup de taureaux pour l’exportation ; c’est de la vallée d’Auge qu'ils sortent pour améliorer les races voisines.

$ VI. — Races de Gascogne, etc.

Après celle de Normandie, la plus élevée en France : — couleur ordinairement grise avec des teintes brunâtres, particulièrement à la tête ; — tête volumineuse dans toutes ses dimensions ; — cornes grosses et longues; — fanon descendant fort bas ; — épaules épaisses; — garrot bas; — corps long; — peu de ventre; — dos courbé; — peu de hanches; — queue attachée bas; — jarrets larges ; — cuir fort.

Cette belle race tient le milieu entre celles de haut cru et celles de nature; elle est pres-

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que aussi estimée dans les boucheries que les races normandes; elle les surpasse peut-être par la bonté du suif; elle est très- propre au travail, et fournit au port de Bordeaux de puissans moyens de transport. À

Ce n’est cependant pas cette race qui est généralement employée aux labours en Languedoc : on y fait servir de préférence des bœufs d'Auvergne ou de Quercy.

Ce furent des animaux de ces deux races qui, après la désastreuse épizootie de 1774, furent introduits le long des Pyrénées; ils y ont fondé trois tribus qui, sous les inflnences locales, se sont plus où moins éloignées de leurs types originaires. L'une est grêle, nuancée de blaireau ou isabelle; l’autre est alezan clair; la troisième est alezan foncé. Elles ont beaucoup perdu sous le rapport de l'aptitude au travail, mais elles ont gagné, la première surtout, sous celui des dispositions à l’engraissement. Ce sont plutôt de bonnes bêtes de boucherie que de labour, et comme cette destiuation est, dans ces pays, la plus importante, on doit les y rendre propres par un bon régime et des croisemens bien combinés.

On rapporte ordinairement à la race de Gascogne celles de l’Angoumois, de la Saintonge, du Périgord; mais ces races se rapprochent bieu plus de la limousine, laquelle a des rapports avec la quercinoise qui n’est pas éloignée de l’auvergnate de Salers.

Qui sait si toutes les races de l’ouest et du centre de la France n’ont pas une origine commune, c'est-à-dire une race éminemment robuste qui serait descendue du plateau central de la France, et serait devenue en dégénérant laitière et bête de boucherie ?

GROGNIER, Professeur à l’école vétérinaire de Lyon.

$ VII.— Races nivernaise, morvandaise et bourbonnaise.

Les races nivernaises et Bourbonnaises ont été telicnient améliorées depuis quelques années, qu’elles ricritent d’être mentionnées ici.

Les bœufs nivernais sont de moyenne taille; leur couleur est café au lait foncé, leur poil fin et luisant, leurs cornes demi-lonsues, avec la pointe en avant. Ces bœufs travaillent jusqu’à l’âge de six ans, et sent ensuite mis à lengrais pendant dix-huit mois avant d’être livrés à la boucherie ; leur viande est de bonne qualité, mais inférieure cependant à celle des bœufs normands et angevins.

Les bœufs du Bourbonnais ont une robe entièrement blancheet toujours d’une propreté remarquable, quels que soient l’état et la longueur des routes qu’ils ont parcourues ; leurs cornes sont grosses et longues, la pointe en est dirigée en avant ; on les engraisse comme les nivernais, après six aus de travaux, avec des foins artificiels et naturels.

Grâce à la pratique de la grande culture, le Bourbonnais a fait depuis quelques années d'immenses

rogrès dans l'éducation et dans l’engraissement des

estiaux ; aussi les bœufs de ce pays qui, il y a quelques années, ne pesaient en moyenne que 325 kilogrammes, en pèsent aujourd’hui 375; leur viande est presque aussi délicate que celle des bœufs de Chollet et de Normandie,

Les bœufs du Morvan sont d’une taille moyenne : ils sont lourds, mal bâtis ; leur couleur est rousse ; une sorte de draperie blanche suit le parcours de leur colonne vertébrale ; ils sont méchans, capricieux, sournois, lancent souvent un coup de pied ou un coup de corne aux personnes qui les approchent, au moment même où ils paraissent le plus tran-

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