‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 368 sur 467 · RACES BOVINES LAITIÈRES ET D'ENGRAISSEMENT · texte numérisé non relu

RACES BOVINES LAITIÈRES ET D'ENGRAISSEMENT

quilles ; onu ne doit user de leurs services qu’ave@ précaution, et en redoubler surtout quand il s’agit de les abattre; ce sont d’excellens bœufs de trait, ils travaillent jusqu’à neuf ou dix ans, puis sont engraissés pendant un an avec des fourrages secs ou dans les embouches ; leur viande est bonne, mais un peu dure. “

$ VIII. — Race cholette.

Après la Normandie, l’Anjou est une des provinces où l'élève et l’engrais des bœufs sont pratiqués avec le plus de succès. Ces bœufs ont pris le nom de Cholets, parce que c’est dans l’arrondissement de ce nom qu’on se livre surtout à leur élève. Leur taille est petite, en général de 4 pieds 5 à 6 pouces, mais ils surpassent toutes les autres races par leur poids relatif de viande nette. Leur couleur, d’un jaune tirant légèrement sur le rouge, est nuancée de noir à l'extrémité des oreilles et de la queue ; — poil lisse, — œil noir, — tête large et courte, — cornes longues, blanches à la base, noires à la pointe; — corps long; dos horizontal; — peu de fanon ; — queue attachée bas et enfoncée; — cuir léger ; — suif abondant et de bonne qualité.

Les bœufs de cette race travaillent jusqu'à l’âge de septou huit ans. On les conduit alors à l'engrais où ils passent souvent deux ans; leur chair, qui est fort estimée, se consomme principalenient à Paris, depuis avril jusqu’en juillet.

Les bœufs nantais et vendéens ne sont qu'un démembrement de cette race ; leur robe est en géncéral plus foncée, et quelquefois entièrement noire, mais les yeux, l'extrémité des cornes, les naseaux et l’anus sont identiques; ils sont bons travailleurs, s’engraissent aisément ; leur viande est bonne, mais moins délicate que celle des bœufs Cholets.

Un autre démembrement de cette race se rencontre dans la Mayenne et la Sarthe où elle à pris de la taille par suite de croisemens avec la race normande; ses cornes sont courtes, sa robe est belle, diaprée de larges parties blanches sur un fond jaune roux ;elle est souvent jaspéed’une sorte desemis de petites taches blanches circulaires. Ë

On peut considérer comme appartenant à la même race les bœufs de Bretagne qu’on emploie à la culture des terres aux environs de Rennes et de Fougères, jusqu’à ce qu’on les envoie s'engraisser dans les pâturages de la Normandie ; et les bœufs des Deux-Charente, nommés maraîchins, parce qu'ils sont élevés sur d'anciennes prairies marécageuses desséchées par Napoléon. Grâce à lui, à la place de marais infects, dont les émanations désolaient le pays de fièvres intermittentes, à la place de prairies jonqueuses, où de rachitiques bestiaux s'Clevaient à grand’peine pour fournir une viande que la boucherie ne pouvait conserver vingt-quatre heures sans qu’elle tombât en putréfaction, on voit aujourd’hui de vertes et riantes prairies couvertes de beaux et robustes bestiaux.

Ces bœufs se font remarquer maintenant par leur grande et large taille, ils ont conservé l'aspect des bœufs de marais, aspect qui rappelle celui des buffles ; leur robe d’un brun noir est jaune aux extrémités ; — leur poil est long et très-rude, — leurs cornes grosses et longues, — l'œil farouche et noir. Leur engraissement se fait en deux ans, et leur viande est de bonne qualité ; toutefois, par un ancien préjugé que rien ne justifie aujourd’hui, les bouchers de Paris la redoutent, par la crainte qu'ils ont de ne pouvoir la conserver ; mais cette crainte est plus souvent le prétexte que la vraie cause d’une demande de rabais sur les prix.

$ IX. — Races allemandes.

L'Allemagne est un des pays où l'on s’est occupé avec le plus de succès de lélève, de l'engraissement et de l'amélioration des bœufs. Grâce à d'heureux croisemens et à des soins continus, elle possède aujourd'hui des races bovines précieuses pour

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le travail, comme pour la viande et le lait qu’elles fournissent, Quoique pendant longtemps, et malgré les droits de douane énormes dont leur introduction est frappée, ces bœufs soient venus alimenter les marchés de Paris, et qu'aujourd'hui encore ils fournissent de viande la Lorraine et l’Alsace, les races bovines allemaudes sont peu connues et peu appréciées chez nous. Nous le disons avec regret, les hommes les plus désireux de Pamélioration de nos races se sont engoués des races suisses et ont dédaigné toutes les autres. Aujourd’hui que l’expérience a si souvent démontré la difficulté deleur élève, nous espérons que nous saurons enfin, Sinon nous approprier les races allemandes, qui n’offrent en réatité aucun avantage sur nos bounes races françaises, du moins appliquer les procédés économiques, à l'aide desquels les Allemands ont su lutter avec succès contre nous jusque sur les marchés de Paris.

Les principales races allemandes sont celles de Franconie, de la Bavière Rhenane et la race de Frise dont les caractères se rapprochent trop de la race Hollandaise pour que nous la décrivions ICI.

La race hongroise {fg. 26) s’élève en Podolie,en

Fig. 265.

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Valachie, en Hongrie, etc., pays trop éloignés pour qu’elle ait jamais pu paraître sur nos marchés de France ; mais nous avons eu le malheur del’observer à la suite des armées du Nord qui, en 18{4, inondèrent la France. Sans paraître affectée du typhus, elle répandit cette épizootie typhoïde qui a dévoré trois à quatre cent mille têtes de bétail. Soit par l'effet de constitution, de la fatigue, ou de l'insuffisance de la nourriture, sa maigreur était extrême. Voici ses principaux caractères : stature élevée ; — cornes démésurées même pour sa taille, blanches, dirigées latéralement avec la pointe relevée; — jambes élevées; — os fort gros et apophyses osseuses saillantes; — pelage d'un gris blanc ou cendré offrant de petites mèches bien prononcées. Cette race n’est ni travailleuse, ni laitière, sa destination est la boucherie.

Ce ne sont pas les bœufs de la Hongrie, mais ceux de la Franconie qui approvisionnent trop souvent nos boucheries; c'est contre eux surtout que nos herbagers invoquent à grands cris les droits protecteurs, et s'ils l’osaient, la prohibition absolue, comme s’il ne valait pas mieux opposer à la concurrence étrangère des procédés plus économiques qu’une honteuse et brutale prohibition.

Quoi qu’il en soit, voici les caractères des bœufs franconiens : ils sont d’un rouge brun; — cornes blanches, fines, relevées et pointues; — taille peu massive ; — cuisses minces ; — membres menus ; ces bœufs ont peu de squelette, et beaucoup de chair.

C’est dans les montagnes du Rhoen (Thuringe)

u’on trouve cette race dans toute sa pureté ; elle dun de bons bœufs de trait et d’engrais.

La race du Voigtland est très-répandue en Saxe et en Bohême; c’est aux environs d’Egra qu'elle a le mieux conservé sa pureté primitive. Les bœufs de cette race sont excellens pour le trait et la boucherie, les vaches donnent un lait abondant et trèsriche en beurre. Des expériences comparatives faites par Schwertz établissent d’une manière incontestable leur supériorité sur les vaches de Fribourg et de Frise. Élles sont très-faciles à nourrir, mangent volontiers la paille que refusent les vaches suisses, et deux d’entreelles ne coûtent pas plus d’entretien qu’une seule vache de Fribourg, quoiqu’elles fournissent moitié plus de beurre et par conséquent donnent un produit plus considérable. Voici leurs principaux caractères : robe rouge brun ; — taille moyenne ; —tête longue ; —bouche pointue ; —cornes longues dirigées latéralement et contournées en haut; — fanon développé; — poitrine large; — corps long et en forme de tonneau ; — dos large, droit ; — hanches fortes; — queuc attachée assez haut; — jambes fortes, droites et distantes.

Une des meilleures races allemandes est la petite race allgaue (fig. 266) que l'on trouve dans ia

Fig. 266.

partie basse du Voralrberg, et qui, de là, s’est répandue dans la haute Souabe et le Wurtemberg. Elle se distingue par une tête petite à front large ; — une bouche large (caractère considéré come important par les engraisseurs) ; — cornes petites et fines ; — cou développé et garni d’un fanon ; — corps un peu court ; — croupe légèrement relevée;

— charpente osseuse fine; — robe variée, gris de :

fer, isabelle ou brun noir, mais d’une nuance plus claire au dos et à la tête que sur le reste du pelage. Sa peau et son poil manquent de finesse.

Cette race est très-bonne laitière, mais d’une aptitude médiocre au trait et à l’engraissement ; elle a l'inconvénient de ne donner que de petitsveaux.

La race allemande qui fournit de viande de boucherie tout le nord-est de la France, est la race de la Bavière Rhénane, qui se divise en plusieurs sous-races dent les plus importantes sont celles du Glan, du Mont-Tonnerre et de Birkenfeld.

La race du Glan (fig. 267), qui tire son nom de la

Fig. 267.

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