DES BÊTES BOVINES
leurs on peut laisser s’écouler un intervalle plus ou moins long avant de changer le piquet de place.
La fig. 270 indique la manière dont on s’y
Fig. 270.
prend pour faire pâturer un champ ou un herbage au tiers. A est le terrain qui doitêtre pâturé; B est un espace vide, soit naturellement, soit qu'on ait commencé par le faucher. Cette précaution est nécessaireafin que, même au début, l'animal ne piétine pas ce qu’il doit consommer. On place les piquets sur la limite du champ en B, les deux extérieurs à une longueur de corde des limites latérales du champ, et tous à deux longueurs de corde les uns des autres, de manière à ce que les bêtes ne puissent s’atteindre et que cependant aucun espace ne reste entre elles Sans avoir été pâturé. Dès que le petit segment de cercle compris entre la ligne & et l'arc 1 est brouté, on avance le piquet en €, ce qui permet aux animaux d’atteindre jusqu'en ?, puisen d pour les faire avancer jusqu’en 3, ensuite en e pour qu'ils puissent pâturer jusqu’en 4.
On continue ainsi.jusqu'à ce qu'on soit arrivé à l’autre exirémité du terrain. Lorsque celui-ci n’est pas d’une même largeur partout, on raccourceit ou on prolonge les cordes selon le besoin.
Si le champ était trop étroit pour que lou pût mettre toutes les bêtes en une seule ligne, on faucherait, à une certaine distance de B, et dans la même direction, un espace de 15 à 16 pieds de largeur, au milieu duquel on placerait les piquets ; on procéderait ensuite de même que je viens de l’expliquer. Plusieurs cultivateurs, au lieu d'opérer ainsi pour commencer un champ,se contenteut de raccourcir les cordes de beaucoup au début, afin de restreindre lespace piéliné.
C’est par ces diverses précautions pour empèch2r le fourrage d’être foulé, que la méthode cauchoise se distingue avantageusement de la méthode allemande, dans laquelle, soit qu'on débute, soit qu'on avance, on place toujours le piquet au milieu du fourrage sur pied ; on avance de ? ou au moins d’une longueur &e corde.
Suivant Thaër, une expérience comparative entre le pâturage et la nourriture à lPé-
table faite dans l'ile de TAorseng, aurait donné les résultals suivans :
Nourriture à létable. — 4 vaches. pen-
dant 12 jours, donnèrent 1110 livres de lait, et reçurent 6,144 livres de trèfle, produit de 2,172 aunes carrées (2) de terrain; ce qui fait
A Une brochure in-8, chez M"° Huzard. Paris. 1 fr. 50 centimes. 2) L'aune de Prusse à 66 cent. 69 null. de longueur.
472 ANIMAUX DOMESTIQUES : DES RACES BOVINES ET DE LEUR ÉLÈVE. Liv. nr.
par vache et par jour : 23 1/8 livres de lait, 128 livres de trèfle, 45 1/4 aunes carrées de terrain.
Päturage au piquet. — 4 vaches, pendant 12 jours, donnèrent 950 2/5 livre de lait, et consommèrent le trèfle sur une étendue de 1842 aunes carrées ; ce qui fait par vache et par jour 19 4/5 livres de lait, et 38 3/8 aunes carrées de terrain.
Dans la nourriture à l’étable on avait donc consommé le produit de 330 aunes carrées de terrain de plus que dans la nourriture au pàturage; en revanche, on avaitobtenu 159 3/5 l1vres de lait en sus. |
La production d’une livre de lait avait exigé, dans la nourriture à l’étable : 1-2°-aune carrée de trèfle; dans le pàturage au piquet :