‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 377 sur 467 · aune carrée · texte numérisé non relu

aune carrée

Il résulte de cette expérience qu'un espace donné de trèfle fauchable est tout aussi bien, et même un peu mieux utilisé par le paturage au piquet que par la nourriture à l’étable. En revanche, on perd sur la quantité de fumier produite. Cette perte néanmoins peut se réduire à rien,et l'avantage peut même ètre du côté du pâturage sous ce rapport, lorsque, par exemple, le fumier d’étable reste longtemps en las et se décompose.

Le pâturage au tiers s'effectue souvent dans le pays de Caux avec 20 bêtes et plus. Il suffit d'un enfant ou d’une femme pour les surveiller, avancer les piquets et étendre les fientes.

Pour les détacher, soit qu’on les mène boire, ou qu’on les rentre, ou qu'on les change de pièces, on commence par délier la bête de droite et on l’attache avec sa corde aux cornes de sa voisine. On en fait de même des autres jusqu'à la dernière bête de gauche dont la corde est tenue par le gardeur. Pour les attacher en place, on s’y prend a l'opposé; on commence par la bête de gauche. Un gardeur adroit peut ainsi fort bien conduire et soigner 20 à 30 bêtes, d'autant plus qu’elles s’habituent promptement à ces manœuvres, et finissent bientôt par se placer d’elles-mémes en ligne comme les chevaux de cavalerie.

Cemodede nourriture nous parait réunir les avantages du pàlurage ordinaire à ceux de Ja nourriture à l’élable, et nous pensons qu'il pourrait s’introduire avec succès dans beaucoup de provinces, surtout dans celles où la population est peu nombreuse.

$ 11.— Nourriture d'été à l’étable.

Ce mode de nourriture, que l’on appelle aussi stabulation, passe avec raison pour le plus perfectionué. Quoique nécessitant des dépenses et des soins plus grands que la nourrilure au pâturage, 11 offre, sous le rapport de la production du fumier , un avantage si grand sur les autres méthodes, qu'il a été adopté généralement par tous les bons agriculteurs. Aujourd’hui des localités entières n'ont plus d'autre mode de nourriture du gros bétail, et son adoption a permis d’y tenir un nombre infiniment plus grand d'animaux que celui que permettait d'entretenir la nourriture au pâturage. Celle méthode permet effectivement de nourrir une tête de bétail sur le plus petit espace de terrain possible ; uon-seulement parce qu'une portion de la

nourriture n'est pas gâtée avec les pieds comme dans le päturage ordinaire, mais encore parce que le surcroit considérable de fumier que l’on obtient par cette méthode permettant de fumer parfaitement les terres, en augmente le produit dans une très-forte proportion. A l’exception des localités mentionaées plus haut où l’agriculture proprewernt.dite n’est qu'un accessoire, et de celles où les fourrages artificiels susceptibles d’être fauchés ne réussissent point, la stabulation d'été du 3ros bétail doit devenir partie intégrante de toute bonne culture, et les pâturages, soit naturels, soit artificiels, si l’on trouve de l’avantage à en conserver, seront abandonnés aux moutons.

Du reste, le problème de la stabulation d'été du gros bétail est depuis longtemps résolu d’une manière satisfaisante, sous le rapport de la production des fourrages comme sous celui de la santé des animaux.

Partout où vient le trèfle, la luzerne, Île sainfoin, ou les vesces, on peut nourrir à l’étable; 1l y a même deslocalités où l’on a réussi à introduire ce mode de nourriture, quoique le sol ne produisit que du trèfle blanc, de la spergule, du sarrasin, du seigle pour faucher en vert. Néanmoins dans des cas pareils, à moins de circonstances toutes particulières, il y aura généralement plus d'avantage à tenir des moutons.

Quant aux bêtes elles-mêmes, elles se font tres-bien à la stabulation, et n’en éprouvent aucun inconvénient lorsque l’étable est vaste, aérée, proprement tenue, et qu’on a soin de les conduire boire à quelque distance, ou mieux encore de les tenir pendant une partie du jour, soit dans une cour, soit sur un tas de fumier peu élevé au-dessus du sol, et entouré de barricades; cette dernière méthode, généralement pratiquée en Saxe, nous a semblé être la meilleure aussi bien pour le bétail que pour le fumier qui s'améliore sensiblement par l'effet du piétinement des animaux, et s’accroit de tous les excremens qu'ils y déposent et qu'on n’a pas la peine d'y transporter.

A. Condition de la stabulation. Ya première condition matérielle de la nourriture à létable est une production de fourrages verts plus que suffisante pour les cas ordinaires.

On règle cette production de manière à ne jamais manquer de nourriture fraiche pendant tout le cours de la belle saison, ce qui est facile à obtenir en combinant la fauchaison des diverses pièces, de manière à ce que les premières coupées soient de nouveau bonnes à la faux lorsqu'on a fini les dernières.

B. Fourrages. L’herbe des prés est une ressource à laquelle on est quelquefois forcé de recourir dans la nourriture à l’étable, mais ce n'est qu’exceptionnellement ; elle convient trop à la dessiccation pour qu'on puisse avec avantage la faire consommer en vert, emploi pour lequel elle est inférieure à la plupart des fourrages artificiels.

Ces derniers forment la base de la nourriture à l’étable, et parmi eux, la luzerne, le trèfle et les vesces peuvent en être considérés comme les pivots.

C. La luzerne,par la promptitude de sa croissance autant que par son produit considérable,

et la bonne qualité de son fourrage, assure le mieux le succès de la stabulation; malheureusement tous les sols ne sont pas également propres à cette plante précieuse. Cependant J'ai pu me convaincre, dans mes voyages agronomiques en France et en Allemagne, que le climat était pour beaucoup dans sa réussite, et que dans les contrées méridionales, à climat doux et sec, elle s’accommodait fort bien de terrains où l’on avait essayé vainement de la cultiver dans des localités plus froides et plus humides. Le climat de l’est, du centre et de tout le midi de la France semble lut convenir particulièrement, et je ne doute pas qu’on ne puisse la faire venir dans toutes les terres suffisamment profondes et exemptes d’'humidité. Ce sont là les deux seules conditions size qua non qu’elle exige dans le sol, car elle réussit du reste dans des terrains trop pauvres et trop secs pour le trèfle, Je ne saurais

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