‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 379 sur 467 · DE L’ETABLE · texte numérisé non relu

DE L’ETABLE

guère moins utile aux bêtes bovines qu'aux chevaux. Le pansement de la main est surtout indispensable aux bêtes d'engrais, de travail el d'élève. S'il est moins nécessaire aux vaches laitières, si même un pansement journalier trop énergique diminue, à ce qu'on assure, la production du lait en poussant les bêtes à la graisse, on ne doit pas se croire dispensé envers ces derniers animaux de soins qui, en les appropriant, contribuent si puissamment à la conservation de leur santé. La fiente durcie qui souvent leur couvre une partie du corps, surtout le ventre et les cuisses, nuit essentiellement à une fonction importante de l'organisme animal, à la transpiration cutanée.

Pendant la belle saison, les bains de rivière ou d’étang sont très-salutaires aux vaches et aux bœufs. Ils approprient et rafraichissent les animaux; mais 1ls exigent des précautions : l’eau ne doit pas être trop froide. Il en est de même de la température de l'air : les bêtes ne doivent pas être échauffées et en sueur. Le meilleur moment est avant le repas du soir.

Avec la stabulalion, un bon bouvier peut soigner quinze à vingt vaches laitières ou bœufs à l’engrais, ou vingt à trente élèves de un à trois ans; il doit, en outre, pouvoir aider au fauchage ou à la préparation de la nourriture, traire les vaches, porter le lait, etc. Dans la nourriture au pâturage, il peut soigner un quart ou même un tiers en sus, lorsque ce sont des bêtes à l’eugrais ou des élèves.

$ VIL — De l’étable.

La disposilion générale et la distribution intérieure des étables sont d’une haute importance pour la santé des animaux et pour la commodité du service. Une bonne étable doit être aérée et fraiche en été, et chaude en hiver. S'il y a de grands inconvéniens à tenir le gros bétail trop chaudement dans cette dernicre saison, surtout lorsqu'on le fait sortir chaque jour pour boire, il y en a également à le tenir dans des étables froides comme le conseilient plusieurs auteurs. Les bêtes bovines préfèrent, à la vérité, une chaleur très-modérée, el s'accommiodent même d’une température assez basse; mais on à observé qu'elles mangeaient alors beaucoup plus, et que la nourriture leur profilait moins que lorsqu'on les tenait dans une température plus élevée, Ce fait n’a pas éfé remarqué seulement chez les bètes à l’engrais, mais encore chez les vaches laitières. Néanmoins un air pur et débarrassé autant que possible des vapeurs qui, en hiver, remplissent ordinairement les étables, est aussi nécessaire aux bêtes bovines qu’à l’autre bétail. il est donc indispensable de pratiquer dans les murs costières des étables des soupiraux placés, les uns en haut, les autres en bas, afin qu'il s’établisse entre eux un courant d'air qui entraine avec lui les gaz inéphitiques. Ces soupiraux doivent être distribuës de manière à ce que le bétail ne se trouve pas dans le courant d'air. On doit également pouvoir les boucher à volonté.

Outre les soupiraux, il faut des fenêtres pour laisser penetrer la lumière. Elles sont ordinairement munies d’un simple volet sans vitres; quelques-unes, cependant, devraient

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en avoir, afin que l’étable ne soit pas complétement obscure lorsque e froid force à fermer les ouvertures.

La hauteur de l’étable est aussi un point important pour la salubrité. Une bonne eétable ne doit pas avoir moins de 10 à 12 pieds de hauteur.

L'air pur et la lumière sont encore plus nécessaires aux bêtes d'élèves èt de travail qu'aux. vaches laitières.

Afin que la poussière du fenil placé au-dessus de l’étable ne tombe sur le bétail, et que les vapeurs ne pénèirent le fourrage et ne le détériorent, on fait des plafonds bruts aux planchers supérieurs. Ceux qui craindraient la dépense de ces plafonds pourraient les remplacer, ainsi que le plancher, par de fortes claies bien assujetties, puis garnies dessus et dessous de paille pétrie et délayée avec de la terre glaise ou autre un peu grasse. Cette disposition remplit assez bien son but et coûte peu, car elle peut être faite par les cultivateurs eux-mêmes.

Toutefois ni l’un ni l’autre de ces moyens n'empêche complétement les émanations humides et ammoniacales de l’étable d’atteindre les fourrages. Une voûte seule peut remplir cet objet. Malheureusement les voûtes ordinaires en moellons ou en briques sont fort coûteuses. Nous avons vu dans une partie du département du Gard une espèce de voûtes qui nous a paru réunir, à une grande économie, toute la solidité désirable en pareil cas. Ces voûtes sont faites avec des briques de 2 à 3 pouces d'épaisseur, placées sur champ et liées avec du plâtre. Celles que j'ai vues avaient 18 à 24 pieds de largeur, et étaient surbaissées en anse de panier ou en ellipse; néanmoins, malgré la charge considérable qu’elles supportaient, soit eu fourrage, soit en grains placés au-dessus, elles ne donnaient aucun signe d’affaissement.

Il faut avoir la précaution de recouvrir d’un crépi l'intérieur de ces voûtes, lorsque c’est pour une étable, afin que les vapeurs n’atteignent pas le plâtre. Outre l’économie de matériaux, ces voûtes présentent une grande économie de main-d'œuvre, pouvant être construites sans cintres, uniquement avec des plombs et un panneau.

Le plâtre prenant plus de volume en se séchant, il ne faut d’abord poser que légèrement le voussoir formant la clef, et qui est ordinairement en terre cuite. .

Dans les localités où le bois est bon marché, on peut aussi substituer aux voûtes une sorte de plancher plat garni de palsons jointifs entre les solives, et sur lesquels on met du sable ou de la pierre en poussière bien sèche à raz du bord supérieur de ces solives, qui, étant bien dressées et bien passées de niveau, peuvent recevoir et supporter immédiatement un plancher en planches où en carreaux de terre cuite. Cette disposition rend les fenils et greniers parfaitement impénétrables aux vapeurs qui se dégagent de l’étable, car le sable ou la terre fine et sèche sont les meilleurs obturateurs connus.

Le sol de l’étable est également d’une haute importance pour la salubrité du lieu et la commodité du service. Il ne doit pas être en terre qui, quelque bien battue qu’elle soit, ab-

sorbe toujours l'urine et devient fangeuse. La plupart des étables bien construites sont pavées. Mais lorsque les pierres ne sont pas larges et plates, les bêtes reposent mal ; l’humidité s'infiltre d’aiileurs toujours dans le sol. Les dalles, les briques, les planches, une couche de béton ou de ciment hydraulique sont ce qu'il y a de meilleur et devraient être généralement employées au moins pour la place où se tient le bétail.

Le sol de l’étable doit être élevé de 20 cent. au moins au-dessus du terrain environnant, et la place qu’occupe le bétail doit avoir une pente d’un centinrètre à peu près par mètre de longueur, afin de favoriser l'écoulement des eaux dans les rigoles qui règnent derrière les bêtes et quicommuniquent avec la fosse à fu mier. Ces rigoles ne doivent manquer dans aucune étable. On les fait peu profondes et on en rabat les talus afin qu’elles n’occasionnent point d’accidens. Dans quelques lieux où on manque de litière, on fait l’'emplacement qu'oceupent les bêtes beaucoup plus incliné que nous ne l'avons indiqué ici. Cette disposition est mauvaise, en ce qu’elle peut faire avorter les vaches et qu’elle fatigue tout bétail en général.

La meilleure mangeoire pour les bêtes à cornes est une auge:; quelquefois elleest munie d’un râtelier. Néanmoins ce dernier n’est pas nécessaire. On a même remarqué que lorsqu'il était placé un peu haut, le mouvement constant que les vaches étaient obligées de faire pour atteindre le fourrage, les prédisposait aux avortemens. Aussi les mangeoires quelconques ne doivent-elles jamais étre à plus de 1 pied ou 15 pouces d’élévation au-dessus du sol.

L'auge doit être en général peu profonde ei à fond arrondi, de manière à ce que les bêtes puissent les vider avec facilité. Quelquefois chaque animal a son auge en particulier, ce qui est préférable aux auges en commun.

Dans ce cas, chaque auge doit avoir à sa partie inférieure une ouverture qu'on puisse boucher à volonté, et qui permette de la nettoyer parfaitement. Lorsqu'on ne donne point d’alimens liquides, il suffit d’une espèce de plate-forme ou espace planchéié ou pavé en dalles, qui règne devant le bétail sur une largeur de 1 mètre à 1 mèt. 30 c.,etsur lequel on dépose les fourrages. Le bord en est garni d’une planche inclinée en dehors pour empêcher que les alimens ne tombent dans le fumier. Cette mangeoire sert en même temps de couloir et de passage pour la distribution de la nourriture. On voit cette disposition dans la plupart des étables belges. La #g. 271 représenté la coupe d’une de ces étables. A est l'emplacement du bétail, B est le passage servant de mangeoire et sous lequel est une cave pour la conservation des racines: C est une excavation placée derrière les bêtes, dallée de même que l’étable, et où l’on entasse le fumier qu'on enlève chaque jour sous les animaux. À l'abri du contact de l'air, de la pluie et du soleil, tassé et tenu constamment humide par les urines qui s'y rendent, le fumier ainsi placé ne se décompose que lentement, éprouve par conséquent peu de pertes, et se trouve en général dans la position la plus favorable ; aussi n’hésiterions-nous pas

chap. fi,

à recommander cette disposition, si elle n’avait le grave inconvénient d’exiger un espace double des étables ordinaires. [1 faut à une étable simple telle que celle représentée ici Jig. 271), une largeur de 24 pieds.

Fig. 271.

Dans plusieurs nouvelles étables construites en Allemagne, on a réuni les auges aux mangeoires plates des Belges. Cette disposition, qui nous parait être la plus avantageuse, est représentée en profil(#g. 272). Elle est tirée

Fig. 272.

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