DU TRAVAIL DES BÊTES BOVINES
on néglige de le tirer, outre que le produit subséquent en lait s’en ressent, on trouve dans les traites suivantes des morceaux de lait coagulés. Ces traites doivent être mises à part. je
Aussilôt après la traite on passe le lait à travers un couloir afin d’en enlever toutes les substances étrangères, et on le porte à la laiterie en lui faisant subir le moins de mouvement possible, elen l’exposant le moins possible au contact de l'air et à la chaleur pendant le trajet.
B. — Produit.
Il faut connaître non-seulement le produit que donne une vache en lait, mais encore la nature de celui-ci et surtout la quantité de nourriture consommée.
M. Pabst, dans son ouvrage sur la laiterie, a donné un tableau du produit absolu des vaches dans des localités diverses,et en même temps le produit comparé, en réduisant Ja nourriture de chaque vache à 22 livres de foin ou à l’équivalent en autres alimens. Le résultatest un produit moyen annuel de 894 maas (1609 lit.) par vache nourrie à raison de 22 livres de foin par jour.
Le plus haut produit avec cette nourriture a été obtenu en Flandre dans les environs de Condé; il est de 1043 maas (1877 lit.); le plus faible a été obtenu dans les environs de Hambourg, il est de 770 maas (1386 lit.).
Il est à remarquer que, dans la majoritédes cas, les vaches qui donnent le produit absolu le plus élevé ne donnent pas le plus, relativement à ce qu’elles consomment. M. d’Angeville a trouvé le même résultat.
D’après les expériences qu’il a faites, et les notices qu'on lui a communiquées, 100 kil. de foin ne rendaient chez de grosses vaches suisses que 37,3 lit. de lait, tandis que. consommés par les petites vaches de l'Ain pesant en moyenne 275 kil., poids vivant, ils rendaient 39,6 lit. Encore ces vaches travaillentelles pendant 1/4 ou i/3 de la journée.
Du reste, le produit dépend non-seulement de la quantité journalière du rendement, mais encore du nombre de jours que la vache reste productive. Une vache ordinaire doit rester au moins 300 jours à lait. (Voir, pour l'emploi du lait, le tome II, chap. I‘°.)
$ III. — Du travail des bêtes bovines.
Pour le trait, on emploie principalement les bœufs ; quelquefois aussi les vackes; plus rarement les {aureaux.
Au moyen d’un anneau passé dans les narinés et relevé par une courroie qui tient aux cornes, v0y. p. 242, ces derniers peuvent trèsfacilement être maitrisés et employés au travail auquel ils conviennent mieux que les bœufs à cause de leur force. L’anneau dont se sert M. Villeroy (#g. 277) est fort simple, ne coûte que 75 c., et remplit parfaitement le but. L'anneau à 4 pouces de diamètre daps sa partie supérieure. En 4 se trouve une charnière. Pour le fixer sur lanimal, on abat ou on se contente d'assujeltir ce dernier s'il n’est pas trop fort ; on l’attache très-court par une corde à un poteau ; une autre corde fixée aux cornes, comme la première, par une
459 ANIMAUX DOMESTIQUES : DES RACES BOVINES ET DE LEUR ÉLÈVE. &rv. rir, Fig: 277.
de ses extrémités, passe par la bouche et fait le tour de la mâchoire inférieure. Cette corde est tenue par un homme vigoureux. Celui qui opère saisit d’une main les naseaux du taureau, cherchant avec les doig!s l'endroit où la paroi est la plus mince, et avec l’autre main il perce cette paroi au moyen de l’extrémité A de l'anneau qui est pointue et tranchante des trois côtés en forme de trocar.
Après quoi on ferme l’anneau en passant la pointe dans le trou FE, et en la recourbant avec une pince. L’anneau est relevé par une lanière qui tient à la partie C et passe autour des cornes, de sorte que l'animal n’en éprouve nulle gène. Dès que l’anneau est passé, on est maitre du taureau qui n’oppose plus aucune résistance, On ne saurait trop recommander ce moyen non-seulement pour les taureaux qu'on veut faire travailler, mais encore pour ceux qu'on n'emploie qu’à lareproduction.
Quant aux vaches, elles peuvent être dressées au travail aussi bien que les bœufs, et lorsqu'on ne les fatigue pas et qu'on leur donne une nourriture abondante, la diminution de lait est à peine sensible ou du moins largement compensée par le travail.
M. le comte d’'Angeville (dans J’Ain) a trouvé qu’en portant à 20 c. l'heure de travail d’une paire de vaches faisant une attelée par jour, la diminutiou de Jait n’allait qu'au quart de la somme produite par le travail,
Les vaches ont, comme bêtes de trait, un avantage qui manque aux chevaux et même aux bœufs, c'est de ne jamais rester improductives : car lorsqu'elles ne travaillent pas, elles donnent du lait, et en donnent en plus grande abondance, ce qui compense en partie l'absence de travail. Elles vont en outre plus vite que les bœufs, mais elles tirent moins fort et demandent en général à être traitées avec plus de ménagements,surtout pendant la gestation.
Cette circonstance est le seul obstacle qui s'oppose à l'emploi des vaches au travail dans les grandes exploitations.
$ I.— Durée d’un bœuf de travail.
On commence à faire travailler un bœuf vers la fin de la troisième année ; mais ce n’est qu'au bout de la quatrième qu'on peut l’employer complétement.
Il continue à faire un bon service jusque dans sa neuvième ou dixième année; plus tard il devient paresseux.
En commençant seulement à 5 ou 6 ans, les animaux prennent plus de taille et durent un peu plus, mais aussi coûtent bien davantage.
D'ailleurs il n’y a point de profit à les conserverau delà de leur dixième année, parce aw’ils
perdent alors de plus en plus de valeur pour lengraissement.
Dans beaucoup de fermes, soit qu’on élève, soit qu’on achète, on renouvelle les attelages tous les 2 ans ou même chaque année et on engraisse les bêtes réformées après les travaux de semaille. — Une chose importante pour les bœufs de trait, c’est que dès le début ils aient été bien dressés ; pour cela il ne faut employer que des personnes qui unissent de l'intelligence et de l'adresse à la douceur.
$ II.— Modes d’attelage.
On attelle les bêtes bovines au collier et au joug. Avec le co/lier les animaux sont plus libres, et vont d’un meilleur pas qu'avec le joug. Mais pour qu’ils puissent déployer toute leur force, il est nécessaire que le collier soit bien fait, repose partout également, ne gêne pas le jeu des épaules et surtout n’ait pas une tendance à remonter lors du tirage, ce qui entraverait la respiration du bœuf, On obvie efficacement à cet inconvénient, en tenant les traits serrés au moyen d’une sous-ventriére. Celte précaution, excellente chez le cheval, est indispensable chez le bœuf. C’est à son absence et en général à la mauvaise confection des colliers, qu'il faut s’en prendre, si plusieurs personnes ont cru remarquer qu’avec ce mode d’attelage le bœuf ne déployait pas autant de force de tirage qu'avec le joug.
On a l'avantage, avec les colliers, de pouvoir faire servir les mêmes chariots et charrettes aux bœufs et aux chevaux, tandis qu’avec le joug ordinaire il faut aux véhicules un autre timon pour les bœufs.
Il ya le joug double et le joug simple ou brisé ; on a aussi dans ces deux espèces, des jougs s’altachant derrière les cornes, d’autres reposant sur le front même du bœuf.
La première méthode est généralement usitée en France. La seconde, employée en Allemagne, nous paraît préférable, surtout pour les jougs simples. Le joug est alors garni intérieurement d'un coussin bourré, et s’attache aux cornes par de petites courroies.
L'animal n'est ainsi jamais blessé, l’attirail est moins cher, et se place et se déplace bien plus vite que le joug s’altachant derrière la tête, qui exige une longue lauière.
Le joug double permet de conduire les bœufs avec plus de facilité et seulement à la parole: par son moyen il est très-aisé de dresser les jeunes animaux; il permet en outre de se passer de traits et d’avaloirs; mais en revanche, les animaux sont dans une position des plus gênées, et qui influe surtout sur leur allure qui est très-lente par ce mode d’attelage.
Dans les pays accidentés où se rencontrent de grandes inégalités de terrain qui placent souvent les bœufs dans une position forcée, l’un beaucoup plus élevé que l’autre, ils souffrent beaucoup d’être fixés l’un à l’autre par le joug, et il en résulte quelquefois des écarts d’épaules.
Le joug simple vaut mieux sous ce rapport, et la petite dépense des traits et des avaloirs est bien compensée par l'augmentation du travail des bêtes. Nous donnons ici la figure d'un joug de cette espèce usitée dans la ZAu
crApP. 12.
rnge et dans une partie de la Saxe. La fig.
représente le joug vu d’en haut. Il forme une
espèce d'arc de cercle, dont la corde ae Aen
B a 57 centim. de longueur, sans compter les anneaux FF. Une verticale CB élevée du miheu de la corde jusqu’à la circonférence inté-
rieure mesure 15 centim.; les verticales EH |! mesurent 10 3/4 centim. L'épaisseur du joug |
au milieu est de 3 1/2 certim., aux crampons EE elle n'est plus que de 3 centim. Ces crampons servent à attacher le joug aux cor- 5es au moyen de deux courroies de 65 centim.
de longueur chacune. La position de ces cram- |
pons est importante; dans le joug que nous
avons sous les yeux, ils sout placés à 16 1/2 cen- |
tim. de l'extrémité correspondante du joug sans compiler les anneaux d'attelage; leur longueur est de 4 1/2 centim. La face extérieure du joug est garnie d’une plaque de fer forgé de 2 millim. d'épaisseur tenue par des vis. La face intérieure est garnie sur une partie de son étendue de À en B d’un coussin rempli de bourre. La fg. 279 représente le
Fig. 279.
ET D e—0
joug de face. Sa largeur est de 7 centim. au