‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 387 sur 467 · ENGRAISSEMENT DES VACHES ET DES VEAUX · texte numérisé non relu

ENGRAISSEMENT DES VACHES ET DES VEAUX

vaches qui ont cessé de produire ; malheureusement les petits agriculteurs, pressés par leurs besoins quotidiens, à cause des frais de nourriture, par une valeur productive, se hâtent de livrer à vil prix leurs vaches aux bouchers aussitôt qu'ils aperçoivent ie tarissement de leur lait ou leur infécondité. Ils les vendent dans un déplorable état de maigreur et souvent affectées de phthisie pulmonaire, et leur viande ainsi altérée peut provoquer des fièvres typhoïdes et d’autres affections graves.

Il serait bien à souhaiter que ces agriculteurs pussent comprendre qu'il serait de leur intérêt bien entendu de mettre leurs vaches réformées à l’engrais; il y aurait assurément grand profit pour eux, puisque les vaches acquerraient une valeur triple de celle qu'ils en retirent, et il y aurait un avantage immense pour les populations qui recevraient une nourriture saine et bienfaisante.

$ VI. — Engraissement des veaux.

Lengraissement des veaux s'effectue en les nourrissant jusqu’à l’âge de 4 à 10 semaines avec abondance de lait et de substances analogues. M. Mathieu de Dombasle croit contraire à l’économie de faire durer cet engraissement au delà d’un: mois. «Il n’est pas difficile, dit cet habile agronome, d’obtenir un veau de trois mois, pesant 250 livres en vieet valant 75 ou 80 francs, mais il y a du bénéfice à ne pas l’attendre si longtemps.

Dans le premier mois il consomme environ 6 litres de lait par jour; ensuite cette quantité augmente jusqu’à 12 ou 15 litres; et lorsqu'on balance son compte, on trouve qu'il n’a payé le lait qu’à 5 centimes environ le litre : il eût été plus profitable de le convertir en beurre. Au contraire, en vendant les veaux lorsqu'ils pèsent 100 à 110 livres, ils paient souvent le lait de dix à douze centimes le litre. — Un veau de 3 ou 4 jours pèsera soixante livres, et se vendra à peine 6 francs, soit 10 francs le quinial, et sa viande sera de mauvaise qualité; en l’engraissant on en porte la-valeur à 20, 30, 35 francs le quintal. Le veau croît de 9 à 10 livres par semaine, il y a augmentalion de qualité et de quantité; mais en nourrissant deux mois de plus, sa qualité ne s’accroit pas en même proportion. »

L'avantage que peut offrir la pratique de l'engraissement des veaux dépend uniquement de la valeur locale du laït et du prix que l'on peut obtenir des veaux. 1l n’est ordinairement avantageux de se livrer à cette pratique qu'aux environs des grandes villes, et lorsque, malgré ce voisinage, on ne peut pas tirer un meilleur parti du lait ou de son emploi.

Ce commerce semble réservé exclusivement à l’arrondissement de Pontoise qui, sur un total de 110,373 veaux amenés en 1836 aux marches de Paris, en a fourni 79,125. La Normandie en a fourni la même année 16,443:

l’'Orléanais 13,625 ; et enfin l’Artois 1180.

L’engraissement des veaux a quelquefois lieu simplement avec &u lait; c’est toujours celte nourriture qui donne la chair la meilleure etla plus blanche. Il faut alors conduire

ces animaux aux mères Où AUX NOUTTICES à des heures réglées. Lorsqu'ils ont atteint huit semaines , si l'on veut pousser plus loin l'engraissement, le lait de leur mère ne leur suffit plus: alors on a recours aux nourrices comme supplément. fl :

Dans les localités où il y a profil à engraisser les veaux avec du lait seulement jusqu’à l'âge de 8 à 10 semaines, on les tient dans une petite étable plusieurs ensemble, on leur apporte du lait 3 fois par jour, d'abord 5 à 6 litres, bientôt 8 et plus. Cet allaitement est seconde par un air renouvelé, une bonne litière, peu de clarté, une température modérée et de l’eau dégourdie ; car les veaux allaités, même abondamment, ne peuvenl se passer d’une boisson aqueuse. — On obtient par 1 1 mois, pèsent de 100 à 120 livres vivans, valent 20 à 22 francs,et dont la chair est blanche et savoureuse:

Lorsque le lait est cher on peut le rem placer en partie par uue autre nourriture de facile digestion, que lon donne d abord comme supplément au jait, et ensuite seule.

Dans ce cas on leur prépare toutes sortes de breuvages. avec de la farine de lin, des gàteaux de lin, du gruau d'avoine, des pommes de terre et des raves cuites. des œufs, du lait écrèmé, du lait de beurre, quelquelois aussi avec du pain blanc vieux que les boulangers cèdent à Lu prix. 1

On se loue beaucoup, en Angleterre, d'une forte décoction de foin ou de trèfle sec mélée à du lait, d'abord à parties égales. On diminue par degrés la dose du lait, et on finit par le supprimer versie 15° ou le 20° jour. On prépaxe l’infusion de foin en mettant du foin dans un cuvier, et versant dessus une quantité suffisante d’eau bouillante. On couvre le cuvier,et on laisse à l’eau le temps des’imprègner des sucs du foin, et puis on ajoute à la décoction de la farine, des racines bien cuites, de la mélasse ou du‘petit-lait. 1

L'arrondissement de Pontoise est loin de roduire tous les veaux qu'il élève pour la Éétiene: mais les éleveurs de ce pays vont chercher au loin, par un commerce intermediaire, dans le Berry, le Limousin, la Bretagne et jusque dans l'Auvergne, le bétail qu'ils raffinent ensuite merveilleusemetit:

À Pontoise, on commence en général l’engrais ou plutôt l’affinage et le blanchiment de la chair des veaux à l’âge de deux à trois mois, pour les livrer à la boucherie à

+ Ans LE cette méthode des veaux qui, à l’âge d'un

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