‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 388 sur 467 · LIV, EU · texte numérisé non relu

LIV, EU

l'âge de quatre à cinq mois. On les nourrit surtout de lait, intermittemment distribué avec des buvées composées de farine de froment et d'œufs mélangés et bien battus ensemble dans des baquets d’eau tiède. Cette nourriture substantielle et rafraichissante change leur physionomie en quelques semaines ; de faibles et grèles qu'ils étaient, ils deviennent forts, frais et vivaces ; leurs yeux ternes deviennent transparens et brillans, pas un vaisseau injecté en rouge n’en altère la pureté. Les naseaux, les gencives, les tétines, l'anus, présentent une couleur rosée qui indique la fin et la qualité acquise de l'engrais. C’est alors que les douleurs de cette malheureuse race vont recommencer. Déja enlevés des pâturages qui les ont vus naître, et traiués, garrottés, souffreteux et haletans sur de détestables voitures, au lieu où les attendent un repos et un bien-être de quelques semaines, ils vont voir leurs membres meurtris de uouveau par la terrible étreinte des liens | qu'ils ont à peine quittés, pour être conduits au marché et de la au lieu de leur supplice.

Les veaux élevées en Normandie et dans le Berry sont engraissés seulement avec du lait; | leur chair, quoique bonne, est inférieure à celle des veaux de Pontoise; les veaux de l’Artois, élevés aussi avec du lait, sont peu estimés, leur chair est rouge, sèche et de mauvais gout.

Dans quelques pays on excite l’appétit des veaux en mettant a leur portéedes gâteaux de sel qu'ils lèchentavec plaisir; ailleurs on cherche à provoquer leur sommeil. En Irlande on leur fait prendre des boulettes de farine et de craie, trempées dans de l’eau-de-vie. — En Flandre

on leur donne du lait chaud, dans lequel on |

a fait bouillir des tètes de pavots, et délavé des œufs. — On a obtenu en Russie des veaux énormes, en introduisant de la bière dans leur lait.

Du reste, ces diverses substances, quelque bonnes qu’elles soient, ne peuvent être employées que lorsque l'animal a déjà atteint l'âge de 3 à 4 semaines ; on ne doit y arriver que progressivement, et il faut en discoutinuer l'emploi si l'on s'apercoit'qu'elles occasionnent des diarrhées ou d’autres accidens.

Un veau bien nourri doit augmenter chaque jour d'une livre et demie à une livre trois quarts ; — et chez un veau fin-gras, un quintal, poids vivant, donne 60 à 70 livres chair nette, y compris la tête, et 10 à 12 livres de peau. A. Brx10.

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