‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 390 sur 467 · DU PORC · texte numérisé non relu

DU PORC

Les laies portent 4 mois; près de mettre |

bas, elles s’isolent et fuient les mäles qui pourraient dévorer leurs petits. Suivant leur âge, elles mettent au monde de 4 à 10 marcassins qu'elles allaitent 3 ou 4 mois,et sur lesquels elles veillent avec la plus grande sollicitude. Leur accroissement dure 5 à 6 ans, etleur vie s'étend à 25 ou 30 ; mais dès la première année on les voit déja manifester les besoins de l'amour ;et dès la seconde ils sont en état d’engendrer.

C’est surtout par le sens de l’odorat que les sangliers se conduisent ; l’ouïe est, après l’odorat, leur sens le plus actif. Ils paraissent attentifs au moindre bruit comme à la moindre odeur. Les facultés intellectuelles de ces animaux ne sont point aussi bornées qu'on serait disposé à le penser par la considération de leurapparence extérieure, de la grossièreté de leurs formes, de la disgrace de leurs mouvemens,et du peu d’étendue de leurs sens. Quand ils tombent jeunesentre les mains de l’homme, ils se soumettent très-facilement à la domesticité et se plient sans peineau nouveau genre de vie qu’on leur impose: on en a vu d'assez bien apprivoisés pour suivre à la chasse au milieu des bois le maître qui les avaitélevés, et ER les grosses bètes d'accord avec la meute de chiens. Que ne pourrait-on pas faire d’un animal qui est si disposé par la nature à profiter des soins qu'on lui accorde ?

$ 11. — Du porc ou cochon domestique.

Du sanglier sont sorties des races plus ou moins éloignées du type sauvage.

Péducation des cochons, en distinguait trois races principales pour la France.

La première, celle de Ja vallée d’Auge, se rencontre en Normandie dans toutesa pureté; elle a pour caractères extérieurs une tête petite el très-pointue, des oreilles étroites, un corps long et épais, un poil blanc et peu abondant, les pattes minces, les os petits. Elle prend rapidement la graisse et parvient au poids de 600 livres.

La deuxième, connue sous le nom de cochon blanc du Poitou, a une tête longue et grosse, le front saillant et coupé droit, l'oreille large et pendante, le corps allongé, le poil rude, les pattes larges et fortes, le corps long et de gros os ; son poids n'excède jamais 500 livres.

La troisième race est celle du Périgord :

elle a le poil noir et rude, le cou gros et court, le corps large et ramassé.

Du mélange de ces races sont nées des variétés sans nombre dont l'étude ne présenterait aucun intérêt. Nous ne parlerons que de la plus commune.

Le cochon (/g. 281) est un animal du genre

Fig. 281.

des mammifères et de l’ordre des pachydermes. Sa dentition est fort différente de celle des autres animaux domestiques du même-ordre.

Sa tête, que l’on appelle Aure, est grosse et allougée; la parlie postérieure du crâne est fort élevée; le museau que l’on nomme groën, se prolonge et s’amincit sensiblement : il est tronqué à son extrémité, et terminé, au devant de la mâchoire supérieure, par un cartilage plat, arrondi, nu, marqué de petits points et débordant la peau de la mâchoire: c’est le boutoir ; il est percé par les deux ouvertures pelites et rondes des narines, entre lesquelles est renfermé, dans le milieu du boutoir, un pelit os qui sert de base et de point d'appui à cette partie.

La lèvre inférieure est plus courte et plus pointue que la supérieure ; les mächoires sont munies de 44 dents, dont 4 canines, qui s'allongent d'une manière remarquable, et sorteut de la bouche de l'animal en se recourbant par le haut en portion de cercle. C’est ce que l'on appelle les défenses du sanglier ou les crochets du porc domestique ; arme terrible dont l'animal use d'une manière redoutable contre ses ennemis. Ses yeux sont trèspetits : le corps est couvert de poils roides et rares nommés sotes ; la queue est courte, grêle, très-mobile, se contournant souvent

en spirale. Les pieds ont 4 doigts, dont 2seule-

ment appuient sur le sol ; le nombre des ma, melles est souvent de plus de dix. Les modifi-

Parmentier, qui s'est beaucoup occupé de ; cations de sa voix, qui sont au nombre de trois

pé, qu’il fait entendre chaque fois qu'il éprouve du bien-être. C’est ensuite un cri aigu, qui, faiblement pousse, marque l’impatience de recevoir des alimens; mais qui, plus longuement et plus énergiquement exprimé, peint une contrariété, et la douleur la plus forte comme la plus légère. Enfin, c’est un grognement beaucoup plus fort et plus grave que le premier, continu, bien qu’entrecoupé, c’est-à-dire alternativement produit par l'inspiration et l'expiration : celui-ci marque un sentiment de sollicitude pour tout individu de l’espèce poussant les cris aigus dont on vient de parler, lesquels sont censés marquer un état de détresse. Un troupeau entier peut alors se précipiter au devant de ces cris pour apprécier la cause de cet appel. Si rien n’est ostensible dans la cause, un sentiment d'attachement inquiet semble seul se manifester ; mais si l'animal est en proie à quelque mauvais traitement, ce sentiment devient hostile, presque farouche, et peut exposer sérieusement ceux qui le font naître: dans ce cas, les coups ne rebutent que quelques individus, tandis que la masse, de plus en plus irritée, demeure fortement à craindre.

Le mâle se nomme verrat ;

La femelle se nomme truce ;

Les jeunes s'appellent porcelets ou gorets.

Le nom de porc, de cochon, de coche, s’applique habituellement à l'animal mâle ou femelle qui a subi la castration.

De tous nos animaux domestiques, le porc est le plus fécond, le plus facile à élever, à nourrir, à acclimater ; la Providence a répandu ses races diverses sur presque toutes les contrées du globe; toutes les substances animales ou végétales sont pour lui des alimens; il supporte la domesticité la plus étroite, et sait pourvoir lui-même à sa subsistance quand on la lui laisse chercher : deux qualités bien précieuses qui ne se rencontrent dans aucun autre animal.

Libre ou retenu en captivité, il offre à son maitre un produit assuré; sa chair peut figurer avec honneur sur toutes les tables ; elle sert à la préparation des charcuteries les plus délicates et les plus recherchées ; sa graisse est pour les légumes du pauvre un assaisonnement inappréciable ; son sang, ses entrailles, tout son corps en un mot est utllisé pour la nourriture de l’homme.

D'où vient donc qu’un animal si précieux est resté jusqu'à présent si négligé, si méprisé même, de ceux qui en tirent profit? On est, en général, tellement accoutumé à le considérer comme un être vil, que l’on ferme les yeux sur toutes ses bonnes qualités, et l’on ne se fait faute de lui imputer à mal ses instincts les plus utiles.

Quoi qu’on en ait dit, le porc est facile à apprivoiser, il est reconnaissant de tous les soins qu’on lui donne, il aime les caresses et les rend avec familiarité. Aux environs d’Autun, où l’on élève un grand nombre de ces animaux, nous en avops vu souvent prendre plaisir à traverser la rivière en trainant leur petit conducteur, comme aurait pu le faire un chien de Terre-Neuve ; puisils se laissaient brosser, laver, bouchonner, en témoignant

expriment des sensations différentes. C’est d’abord un grognement paisible , entrecou-

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