EDUCATION DU PORC
La truie, selon Parmentier, porte 113 jours et |
met bas le 114%; un dicton vulgaire fixe la durée de la gestation à 3 mois 3 semaines et 3 jours ; mais la nature n’a point soumis la truie à une exactitude aussi précise que semblent‘l’indiquer le proverbe et Parmentier ; il en est d’elle comme detoutes les autres femelles, l’âge, la race et beaucoup d'autres circonstances influent toujours sur le terme de l’enfantement. D’après les observations de M. Tessier, la truie peut cochonner de 109 à 123 jours après la monte ; la plupart mettent bas du 116" au 120", les jeunes plus tôt que les vieilles; elles pourraient donc, à la rigueur, faire 3 ventrées en moins de 14 mois, si Jeurs forces le leur permettaient,
D’habitude on les fait porter 2 fois par an, ce qui leur laisse tout le temps de nourrir convenablement leurs porcelets; et ce qui permet de régler le part de façon que les petits n'arrivent jamais qu'après la fin des grands froids et toujours assez tôt pour prendre des forces avant l'hiver: point très important, car une jeune portée résisterait bien difficilement à un froid un peu intense.
l'est utile de séparer la truie pleine des autres porcs, dont les jeux trop vifs pourraient provoquer chez elle l'avortement, et aussi pour qu’elle puisse recevoir une nourriture différente. Le régime des pores à l’engrais jui serait peu convenable: celui des jeunes gorets ne lui suffirait pas. Il lui faut des alimens qui la maintiennent dans toute sa vigueur, et qui lui donnent du lait sans l’engraisser , l’embonpoint pouvant être un obstacle dangereux au moment du part. C’est alors surtout qu’on doit la mettre dans les circonstances hygiéniques les plus favorables à sa santé; une grande propreté est indispensable ; il faut la faire baigner fréquemment, si l’on est dans une saison chaude, et la garantir l'hiver d’un froid excessif;enfin ne la laisser jamais souffrir dela soif.
L'approche du part s'annonce par le gonflement des mamelles qui se remplissent de lait, et par le soin que prend la truie, quand elle est en liberté, de ramasser la paille qu'elle rencontre çà et là pour la porter sous son toit. Dès lors la surveillance doit redoubler pour ne point laisser échapper le moment où elle mettra bas. Au premier cri que les douleurs lui arrachent, on doit se trouver près d'elle pour l'aider et surtout pour protéger ses petits qu’elle pourrait dévorer (comme le font plusieurs autres animaux domestiques), ou simplement blesser par inattention : quelques personnes, pour éviter le premier accident, conseillent de frotter le dos des nouveau-nés avec de la coloquinte dont l’amertume répugne à la mère; quelque moyen que l’on emploie, on doit agir avec douceur, de crainte d'irriterla truie. Aussitôt la délivrance opérée, il faut lui faire prendreune boisson fortifiante composée d’eau tiède, de lait et d’un peu d'orge cuite : on ne la quittera point qu’elle n'ait accueilli tous ses petits ; dès qu’elle leur a laissé prendre la mamelle, on peut être sûr qu'elle sera dorénavant pour eux une bonne mère et qu’elle leur prodiguera tous ses soins. L’habitation de la petite famille doit être maintenue dans une douce température, nettoyée avec soin et garnie delitière courte.
La nourriture de la truie qui a cochonné doit être succulente et abondante; on doit cependant la lui distribuer avec ménagement, surtout les premiers jours ; autrement les petits sont exposés à contracter la diarrhée ou d’autres maladies mortelles : peu et souvent est une règle excellente à suivre; Je service est plus compliqué ; mais ses résultats sont assez avantageux pour dédommager des peines que l’on a prises. Des racines bouillies, mélées de son et de lait tiède, doivent faire la base de ce régime.
Un accouchement laborieux amène quelquefois le renversement de la matrice : cet accident assez commun dans le part de la vache, demande chez la truie les mêmes soins ct la même manœuvre.
Comme Ja truie criaille au moindre attouchement, ce qui augmente encore le renversement, on doit d’abord lui serrer le groin de façon qu'elle ne puisse crier; puis si l'utérus est très-enflé, on le plonge
| dans de l’eau tiède en tenant l'animal couché sur
le flanc. Quand l’enflure a diminué, on maintient l'arrière-train de la truie très-élevé, et l’on pousse
| peu à peu la matrice jusqu’à ce qu’elle soit rentrée;
alors on la seringue intérieurement avee une décoction astringente ou de l'eau tiède légèrement vinaigrée. L'opération ainsi terminée serait bientôt détruite par de nouveaux efforts de la truie, si l'on n'arrêtaitla matrice, en tenant Ja main devant l'ouverture jusqu’à ce que l'animal cesse de la repousser.
Quand les truies, après avoir cochonné, se trouvent dénuées de force au point de ne pouvoir seres