‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 395 sur 467 · LEV. HI · texte numérisé non relu

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lever, et pese soucier point deleurs petits; quand ! ne saurait être mieux employé qu'en le leur fai-

leur physionomie est abattue, la respiration accélérée, le pouls faible et précipité, on peut craindre deles voir mourir, sion ne porteremède à ce fâcheux état par.des stimulans promptement administrés. ji faut se hâter de luifaire avaler un 1/2 litre de vin mélangé avec une forte décoction d’une plante aromatique, telle que la menthe, la lavande, le thym, la sauge ou autre; à défaut de vin on peut employer du cidre, de la bière ou une petite quantité d’eau-de-vie. Si le remède n’a point produit d'effet au bout de quelques heures, on doit en faire prendre une dose nouvelle et recommencer toujours de 6 en 6 heures, jusqu’à ce qu’on ait obtenu un résultat. Cette maladie est connue sous le non de fièvre d'accouchement : on doit prendre bien garde de ne pas la confondre avec l’abattement léger et momentané qui suit toujours le part le plus heureux, et qui se dissipe de lui-même après un peu de repos. Les stimulans, loin d’être utiles dans ce dernier cas, seraient dangereux.

$ IX. — Des porcelets ou gorets ; sevrage.

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Les porcelets tettent leur mère chacun à une mamelle, et ils n’en changent point tant qu'ils sont allaités. On a cru remarquer que les mamelles antérieures fournissaient plus de lait que les postérieures ; aussi a-t-on conseillé de les faire prendre dès ie premier instant par les animaux les plus faibles de la ventrée, afin qu’au moment du sevrage toute la portéese trouvât égale en force. Quand il est né plus de petits que la truie n’a de mamelles, on doit au bout de quelques jours en sacrifier un certain nombre, que lon peut vendre comme cochons de lait. En général, quel que soit le nombre des mamelles, c'est un bon calcul de ne pas laisser à la mère plus de 10 nourrissons : autrement elle épuiserait ses forces au point de ne plus pouvoir être remise en bon état, et les gorets resteraient toujours faibles et d’une qualité inférieure.

Au bout de 15 jours, on peut commencer à faire boire aux petits un peu de lait tiède mélangé de quelques pincées de farine ; on augmente peu à peu cette nourriture en les accoutumant à être séparés de leur mère, d’abord dans les instans où ils boivent, ensuite plus longtemps ; et enfin, au bout de 6 semaines ou 2 mois, on ne les laisse plus téter, et la séparation doit devenir complète. Quelques cultivateurs opèrent la séparation beaucoup plus promptement, ce qui peut être avantageux quand on vend tout de suite les porcelets ; mais si l’on a l'intention de les élever, soit pour les vendre au moment d’être mis à la graisse, soit pour lesengraisser ou pour les destiner à la propagation, il vaut beaucoup mieux ne point trop hâter l’époque du sevrage, et laisser les petits profiter du bienfait d’un allaitement prolongé.

$ X.— Régime après le sevrage.

Les gorets, après le sevrage, doivent recevoir des soins tout spéciaux. Leur habitation doitétre assez vaste pour qu’ils puissent s’y trouver à l'aise ; le froid ne doit point y pénétrer, si c’est l'hiver, et cependant il est très-utile de les laisser jouir de la lumière et d’y entretenir un air pur et une litière abondante. Si ce sont des gorets d’été, rien n’est plus favorable à leur bien-être que de joindre à leur toit un enclos, ou une petite cour dans laquelle ils puissent venir s’ébattre aux rayons du soleil, et où ils trouvent aussi de l’ombre et de l’eau pour se baigner. L’eau et une étable propre sont aussi nécessaires à la santé des porcelets qu’une nourriture choisie.

Les auges dans lesquelles on leur distribue leur nourriture doivent être tenues avec une propreté rigoureuse. Dans les premiers temps du sevrage, on doit leur donner à manger 4 à 5 fois par jour; quand ils laissent une partie de ce qui leur a été servi, il faut le retirer et laver l’auge avant d’y déposer un autre repas. Le petit-lait d’une ferme

Sant consommer ; on le mélange de son ou de lé- «umes bouillis et surtout de carottes qui, d’après les expériences de Young, sont certainement préférables à tous les autres légumes. On peut suppléer au manque delait par des eaux grasses, auxquelles on ajoute quelque peu de farine. De temps à autre, il est bien de leur distribuer quelques poignées de grain cru ; l'obligation dans laquelle ils sont de mâcher fortement cette nourriture hâte la chute des dents de lait, appelées dents de loup, et fait par conséquent pousser leurs bonnesdents. On peut comme supplément à cette nourriture principale, et pour les accoutumer à un régime plus simple, commencer à leur donner des feuilles de choux, de la salade, et surtout de la chicorée sauvage, que tous les porcs mangent avec plaisir.

Les gorets sevrés, lorsqu'on les nourrit trop abondamment, tout comme les gorets non sevrés, quand la mère reçoit trop de nourriture, sont sujets à la feigne. Dans cette maladie, les yeux se collent ; des croûtes brunâtres et suppurantes se forment surtout lecorps,et principalement autour des yeux. Cette indisposition a peu de gravité : on la combat en faissant cesser la cause qui lui avait donné naissance; c’est-à-dire en diminuant la nourriture et en y mélant un peu de sel et d’antimoine à chaque repas. En attendant la guérison, or doit bassi er les yeux et les plaies avec un peu d’eau tiède.

Si les porcelets n’ont point été châtrés à la mamelle, on doit, aussitôt le sevrage, séparer les mâles des femelles, afin que leur croissance nesoit point arrêtée, ou leur constitution affaiblie par des désirs prématurés. La séparation est aussi nécessaire entre les plus forts et les plus faibles; car ceux qui n’auraient pas la force de se défendre seraient toujours privés &’une portion de leur pitance par les animaux les plus vigoureux, et l’on se trouverait ainsi exposé à perdre les uns d’inanition et les autres par l’excès de nourriture que leur voracité leur ferait consommer.

$ XI. — Des porcs adultes.

A l’âge de six mois les porcs peuvent être soumis à un régime moins soigné que celui qui leur était nécessaire après le sevrage. Plusieurs méthodes peuvent être suivies dans la nouvelle période qu'ils ont à parcourir jusqu’au moment où on les mettra à l’engrais ; lenombre des élèves, l’assolement adopté dans la culture des terres, la nature des lieux que l’on habite, doivent influer beaucoup sur le choix dela méthode.

Pendant l'été, on peut les nourrir complétement à la cour, on bien les faire conduire dans des bois et des lieux marécageux pour se repaître d'herbes, de racines, de fruits, d'insectes, etc.; ou encore les faire parquer sur des prairies artificielles, des champs de racines cultivés dans ce but. Quel que soit le moyen que l’on emploie, on doit leur fournir de l’eau en ahondance pour se désaltérer et se baigner, ainsi qu’un abri contre les chaleurs excessives et contre les pluies prolongées.

La nourriture à la cour diffère principalement de celle que l’on donnait aux gorets, par l'entière suppression du grain. Si l’on n’èlève que les animaux nécessaires à la consommation de la maison, il devra se trouver assez de petit-lait, d'eaux grasses et de débris de légumes pour leur continuer le même régime, et certes ils ne s’en trouveront pas plus mal; mais si l’on est forcé de réserver ces mets de choix pour des truies qui allaitent ou de plus jeunes animaux, alors il faut avoir recours aux végétaux produits par la grande culture. On emploie utilement à cet usage le trèfle, la luzerne, le sainfoin, les vesces, les pois et toutes les racipes, telles que carottes, panais, betteraves, pommes de terre, etc. Sur le bord de la mer on récolte pour eux le scirpe maritime et diverses espèces de varecs que les porcs consomment avec plaisir. 8 à 10 kilogrammes de trèfle vert ou autre fourrage

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également vert sont nécessaires à l'entretien de chaque animal. Young, dans un mémoire spécial, a prétendu que du trèfle ou de la luzerne coupes et donnés au ratelier ne pouvaient entretenir un porc, quelle que fût la quantité qu’on lui en servit: c'est une grave erreur dont il aurait dû s'apercevoir lui-même, puisqu'il avoue que ces animaux ont parfaitement prospéré en pâturant du trèfle non fauché. Nous pouvons du reste affirmer avoir vu employer et avoir employé neus-mêmes très-utilement le trèfle, les vesces, etc., à la nourriture des porcs à l’étable. Dans le département de la Marne et des Ardennes, beaucoup de cultivateurs entretiennent ainsi leurs cochons; c’est également avec le trèfle que sont nourris les porcs adultes de la ferme-modèéle de Grignon. Dans cet établissement, on a reconnu que le trèfle est plus utile après avoir subi une légère fermentation, que dans son état naturel ; la manière dont on le fait fermenter est très-simple et peut être empioyée par tous les cultivateurs: aussitôt que la plante est fauchée on en met une certaine quantité dans un cuvier avec de l’eau, et on le laisse exposé aux rayons du «soleil; cette combinaison de la chaleur et de l'humidité suffit pour opérer la fermentation désirée; le trèfle devient noir et laisse échapper une certaine odeur qui avertit qu’on peut le faire manger. Il arrive souvent que le porc hésite à prendre cet aliment quand il lui est présenté pour la première fois; mais il ne tarde pas à s’y accoutumer au point de refuser ensuite toute nourriture non fermentée. Aussi est-il toujours désavantageux de remettre les cochons à un régime ordinaire, quand on les a habitués à des mets fermentés, aigris ou salés : leur estomac, excité par ces stimulans, ne trouve plus aucune saveur à ce qui manque de préparation; et il est de l'intérêt du cuitivateur de ne point les priver d’un assaisonnement qui, en augmentant leur appétit, augmente le produit que l’on attend d’eux. Ainsi donc, les marcs de cidre, de vin, d’eaux-de-vie, seront recueillis, quand on en trouvera l’occasion, pour être donnés aux porcs adultes ; ces substances, qui ont par elles-mêmes fort peu de valeur, peuvent en acquérir beaucoup par cet emploi.

N'oublions point de signaler, comme un des meilleurs alimens pour le porc adulte, les laitues et la chicorée sauvage dont M. de Dombasle recommande vivement la culture dans ce but.

il est un autre ordre d’alimens dont le pore se pourrit avec avidité, et dont on pourrait tirer un parti fort avantageux en se donnant la peine de les recueillir, nous voulons parler des matières animales, telles que les résidus des soucheries, le sang, les chairs des chevaux abattus, et même les eaux grasses provenant des cuisines des auberges, des restaurateurs, des hospices, etc. La nature a créé le cochon pour ainsi dire omnivore: les matières animales lui sont aussi agréables, peut-être même plus agréables que les matières végétales. Quand il peut vaguer et fouir dans les champs, il recherche et dévore les insectes et les petitsanimaux ; c’est un grand destructeur de vers, de hannetons, de mulots, de souris, etc. Sur les bords de Ja mer, il mange le poisson rejeté par les flots, et brise les coquillages pour y trouver l'animal qui les habite : les cuitivateurs ne doivent donc point craindredeseservir, pour leursporcheries, dedébris d'animaux comme nourriture, sinon principale, du moins accessoire.

La pâture à garde faite n’est praticable que lorsqu'on peut mettre à la disposition des cochons de vastes bois, des marais, des étangs ou une grande étendue de terrains incultes qui ne seraient pas mieux utilisés par la pâture d’autres animaux domestiques. Dans quelques contrées on mène paître les porcs sur les champs nouvellement moissonnés Pour ramasser les épis perdus; mais, outre que c’est une ressource de bien courte durée, il nous semble incontestable que des vaches ou des moutons seraient plus profitables en cette occasion, puisque , tout en ramassant les épis, ilstireront pro-

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