ENGRAISSEMENT DU PORC
Fig. 285.
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et se frotter tontes les fois qu’ils en sentiraient le besoin.
Parmi les porcheries que nous avons été à même d'étudier, celle d’Alfort et celle de Grignon nous ont semblé dignes d'attirer l’attention sous plusieurs rapports. À Alfort il n'existe que deux cours, l’une pour les porcs qui ne sont pas à l’engrais, l’autre pour les porcs dont l’engraissement est commencé. Dans la première, toutes les bêtes, excepté les truies qui allaitent, logent dans une étable commune, dont la porte est ouverte toute la journée; on leur distribue dans des auges communes une nourriture composée en grande partie de la chair des chevaux abaitus dans l’établissement ou dans son voisinage. Cette disposition peut présenter un inconvénient assez grave : les plus faibles souffriraientsouvent de la vie conimune avec les plus forts si la nourriture n’était pas très-abondante. Dans la deuxième cour, les animaux ont des loges et des auges séparées, ce qui permet de leur distribuer à chacun une ration plus ou moins abondante, plus ou moins substantielle, suivant le degré où ils sont arrivés. A Grignon, la porcheric est composée d’un grand nombre de petites cours destinées chacune à des porcs de même force, ayant la même destination : la nourriture y est essentiellement végétale. Il eût été fort intéressant de pouvoir comparer les résultats de ces deux régimes d’Alfortet de Grignon si diamétralement opposés ; de connaître l'effet de l’un et de l’autre sur l’accroissement et sur l’engraissement, sur la qualité et la quantité de chair ou de graisse qui résultent de la consommation d’une quantité déterminée de fourrage vert ou de viande de cheval, et de pouvoir exprimer en chiffres ces diverses données ; malheureusement nous n'avons obtenu aucun renseignement positif sur ce point. Mais revenons à notre sujet. Les portes desloges à porcsde Grignon sont montées de façon qu’elles s'ouvrent en dedans et en dehors et se referment d'elles-mémes après que l'animal est entré ou sorti. Chaque cour est plantée d’arbres; ces cours dans l’origine étaient des bosquets, et il n’est pas sans intérêt de savoir que les sureaux ont seuls été respectés par les cochons. et que ce sont par conséquent des sureaux qu’il faudrait: choisir si l’on voulait ombrager une porcherie. :
Les auges dans lesquelles on donne à manger méritent quelque attention ; leur construction et leur disposition offrent quelque importance pour
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la facilité du service et pour les animaux eux-mémes. Celles que l’on emploie ordinairement dans les Ardennes nous semblent réunir tous les avantages désirables. Ces auges en bois sont placées moitié en dedans ct moitiéen dehors de la loge: la portion faisant saillie en dedans est fermée d’un couvercle percé d'autant de lunettes qu’il y a d’animaux enfermés ensemble ; chacun d’eux adopte bientôt une lunette par laquelle il passe la tête pour manger sans que ses voisins puissent le déranger ; et lerepas profite ainsi à tous par égale portion à peu pres, tandis que dans les auges découvertes le plus fort repousse constamment le plus faibie, le gourmande sans cesse, comme nous disons dans nos campagnes, etle fait souvent dépérir d’une manière remarquable. C'est par lasaillie extérieure que l'auge est nettoyée, et que l’on y verse la nourriture, sans être incommodé par les cochons et avec plus de rapidité qu'il ne serait possible de le faire, S'il fallait entrer dans la loge et se frayer un passage au milieu de bêtes turbulentes, incapables d'attendre patiemment le repas qu’onleur apporte. Quand on attache de l’importance à la propreté, les auges sont percées d’un trou par le bas sur la cour, afin de pouvoir être lavées ou vidées à fond sans difficulté toutes les fois qu’on le désire.
L'intérieur des porcheries doit être construit en pente pour donner aux matières liquides un écoulement vers la cour; il est aussi planchéié ou dallé avec assez de soin pour que les porcs ne puissent y fouiller; le haut enfin est plafonné ou plus simplement fermé par un épais sinotage, afin que la chaleur ou lefroid ne pénètrent pas trop facilement par la toiture et ne fassent pas souffrir aux pores les excès de température qu'ils redoutent.
Le porcher, dans une grande exploitation, doit être pour les pores ce que le berger est pour les moutons, leur conducteur et leur premier médecin. Il faut qu'il sache surveiller la truie dans le part, l'aider s'il y a lieu, châtrer les petits, boucler les adultes, guérir et surtout prévenir leurs maladies par des soins bien entendus et en tenant toujours nettement les étables ; ainsi, dit Olivier de Serres, de sa charge recevra-t-il honneur, et son maistre contentement. Élizée LEFÈVRE,
Cultivateur à Courchamp (Seine-et-Marne).
$ XII. — De l’engraissement.
La réussite et le profit dans l'engraissement du porc dépendent :