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connue, avec les Betteraves panachées et rouges, qui parviennent au plus fort volume, mais sontaussi celles qui renferment le moins de sucre. Elles n# doivent être préférées aux autres, à cause de leur produit considérable en feuilles et en racines, que lorsqu'on les destine à la nourriture des bestiaux ; encore M. pe Doupasce annonce-t-il avoir reconnu que 5 parties de la grosse disette ne contiennent pas plus de substance nutrilive pour les animaux que 3 de la suivante.
La Betterave blanche, dite de Silésie (Beta AlbaX fig. 29),etla variété à peau rose et chair
Fig. 29.
blanche, soni les especes qui donnent le plus de jus et le pius de sucre et qui paraissent, sous tous les rapports, mériter la préférence pour la fabrication et même pour la nourriture des bestiaux ; ellesrésistent mieux aux sécheresses, sont moins aqueuses, plus nutritives, presque aussi productives, se conservent et résistent aux gelées beaucouv mieux.
On a beaucoup vanté, avant cetle variété, la Betterave jaune ( Beta lutea mayor), aui vient très-grosse.
La Betterave à peau rose et à cercles concentriques roses et blancs daus la section transversale, donne des produits assez bons, ais est inférieure en racines, aux précédentes :
Enfin, on connaît encore laZ.aune blanche (à peau jaune et à chair blanche), que M. pe DomgBasLe a trouvée la plus riche en sucre après la blanche, mais elle est très-peu répandue et donne peu de jus.
La difficulté de trouver de la graine bien pure et surtout bien choisie, et l’inconvénient qui en résulte d’avoir des racines trèsmêlées ou très-petites, rabougries et sans valeur, doivent engager le cultivateur à recueillir lui-même sa semence; à cet effet, il doit conserver un certain nombre des raciues les plus belles, ni trop longues, ni trop couries, point branchues, et annoucçant une végétation vigoureuse. On leur enlève les feuilles, mais sans toucher au collet; on les conserve placées debout dans du sable et dans un cellier sec et frais, pour les mettre en terre au printemps, dès qu’on n’a
CUAP. 3°.
plus de gelées à craindre, dans un bon sol mais non récemment fumé; on les plante à 3 pieds de distance en tout sens, en ne laissant sortir de terre que le collet. Il est bon, lorsque les tiges commencent à se ramifier, de placer quelques échalas où rames autour des plantes et de les y attacher. La graine se récolte en septembre, à mesure qu'elle murit; on ne doit prendre que la meilleure et celle qui est très-müre, et rejeter ou laisser sur le pied toute celle qui offre de l’incertitude dans ses qualités. Chaque pied de betterave peut fournir depuis 5 jusqu’à 10 onces de semence. On peut baltre la graine au fléau, mais elle est alors moins pure; en tout cas, après l’avoir battue, il faut la faire sécher au soleilsur des toiles,ou dans unetouraille avec un feu très-doux.—Elle conserve sa faculté germinative pendant 4 à 5 années.
—Torsqu'on veut avoir des semences de diverses variétés, il faut avoir soin d’en éloigner les porte-graines ; autrement les poussières fécondantes se méleraient et les variétés cesseraient d’être pures.
L'époque la plus convenable pour le semis de la betterave est celle où la terre, déja échauffée par le soleil et parfaitement meuble, renferme encore assez d'humidité pour favoriser la germination et hâter le développement de la plante, et où les gelées printanières seront peu à craindre quand les premières feuilles sortiront de terre. La dernière moitié d'avril et la première de mai, pour ie nord et le centre de la France, réunissent ces conditions. On conçoit que, dans le midi, cette époque doit être avancée, et d’autant plus que l'on redoute davantage les sécheresses de l’été.—Toutes les fois que la terre est saine et en état, et la température favorable, il y a même avantage, dans le nord et le centre de la France, à semer plus tôt, c'est-à-dire dans la première quinzaine d’avril; ce temps à gagner n’est pas à dédaigner lorsqu'on a de grands semis à faire; il est encore plus important sous le rapport de la précocité de la récolte. Au surplus, lorsqu'on sème trop tôt, les belteraves lèvent le plus souvent mal et inégalement, parce que le sol n’est pas assez échauffé, et, en outre, on les met aux prises avec une multitude d'herbes parasites qui les étouffent ou rendent les sarclages plusdifficiles et plus dispendieux.— Lorsqu'on sème iard, ce qui réussit bien néanmoins quelquefois, on risque de voir la sécheresse et les chaleurs empècher je premier développement où diminuer la végétalion des plantes, et on recule nécessairement l’époque de la récolte. Nous ignorons dans quelles circonstances et d'après quelles ex-
eriences M. C. ToLLarp conseille de semer e plus tard possible, c'est-à-dire à l'époque la plus rapprochée de la dernière quinzaine de juin.
La graine de betterave étant assez longtemps à germer, pour en hâter la levée, certains cullivaleurs la mettent tremper pen-* dant plusieurs jours dans de l’eau ou du purin ; on obtient ainsi une avance importante, mais on risque quelquefois, si la saison est défavorable, de perdre la semaille.
Le semis a lieu : 1° à la volée, comme pour les céréales, ce qui exige de 10 à 12 kilog, de |
DE LA BETTER AVE
graine par hectare : ceile méthode réunit tant d’inconvéniens et si peu d’avantages, qu'elle est généralement abandonnée dans toutes les bonnes cultures.
2° En rayons ou lignes, méthode qui exige an plus de 5 à 6 kilog. de graine. Dans ce cas, on trace sur le sol bien préparé, à l'aide d’un rayonneur pourvu de socs distans les uns des autres de 1 pied et demi à 2 pieds et demi, de petits sillons parfaitement droits et parallèles entre eux, qui doivent avoir environ 2 pouces de profondeur; des femmes suivent l'instrument et déposent les graines dans les rayons au nombre de 3 où 4 par chaque pied de longueur dans Ja ligne ; chacune d'elles peut en répandre de la sorte environ 7,000 par jour.—Dans la petite culture, où tous les binages devront avoir lieu à la main, 18 pouces entre les lignes, et même de 12 à 15 dans les terres maigres, suffisent, et on peut mettre les 3 ou 4 graines par touffes, à chaque longueur de 9 à 15 pouces, ce qui offre l'avantage de garnir le champ d’une manière plus égale.
L'emploi d’un semoir pourvu de pieds rayonneurs et suivi d'une chaine, d’un râteau ou rouleau, comme il en existe plusieurs, notamment celui de M. HuGuess (70me I, page 214), serait encore plus convenable et plus économique pour celte opération.Dans l’usage de toute espèce de semoir, la graine de betterave coulant très-difficilement à cause de sa légèreté et de ses aspérités, il est essentiel de n’employer que de la semence préalablement nettoyée et exempte de tout corps étranger.
C’est pour remédier à cet inconvénient que M. CHarTIER a fait connaître tout récemment qu’! pile les graines dans une sébile de bois, puis les crible et pile de nouveau jusqu'à ce qu’elles soient débarrassées des aspérités, et qu’on n’en trouve plus que très-peu adhérentes les unes aux autres; 1 livre de graine ainsi nettoyée perd environ 1/3 de son poids. Par celte méthode on évite le dépôt et la germination de 3 ou 4 graines à la même place, et conséquemment la nécessité de faire enlever à la main les plants surabondans, opération coûteuse, minutieuse et quin'’est pas sans inconvéniens ; en plaçant les rayons à une distance de 2 pieds, et la graine à 10 ou 11 pouces sur les lignes, le kilog. contenant de 40 à 50 mille graines, il faudrait, par la méthode ordinaire, environ 3 kilog. par hectare, tandis qu'après les avoir pilées, 2 suffisent ; il y a donc ainsi économie de main-d'œuvre et de graines. Par là on facilite aussi beaucoup l'emploi des semoirs.
C'est à cause du même inconvénient que M. pe DomBasLe recommande particulièrement pour la semaille des betteraves, le semoir & brosses et à brouette, avec lequel on n’a pas à craindre les interruptions dans la chute de la graine, dont il est difficile de s’apercevoir dans les grands semoirs, et qui ont l'inconvénient de laisser des ligues enlières non semées. La brosse ne doit être serrée que très-légèrement.
Lorsqu'on n'a nirayonneur, ni semoir, on peut, comme dans le Palatinat, mettre à la suile de Ja charrue 2 personnes, dont l’une pratique avec la main, ou avec un bâton, un
petit enfoncement dans la bande retournée, et dont l’autre dépose dans ce creux les graines de betteraves et les recouvre de terre ; on fait ensuite passer un rouleau.
Dans les terres humides, on fait, à l’aide du buttoir, des sillens espacés de 2 pieds environ, et c’est sur la crête de ces sillons qu’on place les graines.
Dans le département du Nord, la semarlle à la houe est la plus usitée; un cordeau, tendu au moyen de deux piquets, guide un ouvrier qui, faisant entrer un des angles d’une petite houe en terre, pratique une raie de quelques pouces de profondeur; après cette ligne il en ouvre une deuxième, et ainsi de suite. Une femme suit et dépose dans la première ligne les graines qu'elle prend d’une main dans un panier, les répartit également en faisant constamment jouer le pouce sur les doigts ; une seconde femme recouvre les graines en promenant alternativement les deux pieds sur la raie. L’homme et la première femme doivent marcher en sens contraire, afin qu'arrivant en même temps aux deux extrémités du champ, ils puissent ôter ensemble les piquets du cordeau et les reporter à la ligne suivante.
3° En pépinières, pour repiquer lorsque le plant est parvenu à une certaine grosseur, manière qui est avantageuse lorsqu'on veut hâter le developpement des betteraves, ou lorsqu'on doit les piacer dans un sol humide, froid, ou dans des terres très-sales, mais qui impose une transplantation longue, dis-
endieuse, el qui, en faisant presque tou- Jours perdre aux racines leur pivot, les empêche de s’alonger et leur fait produire une multitude de radicules nuisibles à leur valeur. — An reste, quel que soit le mode d’ensemencement adopté, le cultivateur doit toujours se réserver quelques miiliers de betteraves en pépinière, afin de pouvoir regarnir les vides et remplacer les plantes qui viendraient à périr.
Dans la culture pour transplanter, i faut choisir pour la pépinière un terrain trèsriche, parfaitement préparé et bien fumé, même une portion de jardin; on y répand la semence à la volée ou dans des rayons distans de 4 à 5 pouces, et de manière qu'il y ait de 6 à 8 plants par pied de longueur:
on calcule qu'il faut pour la pépinière le 10° de la surface à repiquer, quantité qu’on pourrait peut-être réduire.
Le repiquage a lieu du 15 mai au 15 juin, lorsque le plant a environ la grosseur du petit doigt; il y a un grand avantage, dit ScawERrz, à faire le repiquage de bonne heure et avec du gros plant, qui résiste aux sécheresses, tandis que le petit périt infailliblement. Avant de repiquer, on coupe les feuilles à 3 ou 4 pouces au-dessus du collet, en ménageant seulement les petites feuilles du cœur. On profite autant que possible, pour le repiquage, d’un temps pluvieux ; cependant il ne faut pas trop différer la transplantation. Lorsqu'on le peut, l'arrosage, avec de l’eau ou avec du purin, est très-avantageux. — Le repiquage s'exécute au plantoir et à la charrue. Pour le 7epiquage au plantoir, 1 faut enlever l’extrémité de la racine, qui, en se recourbant, nuirait au déve-