DU MOUTON
nis, et dont la construction demande peu de frais. Ce bâtiment (7fg. 292) est tout en bois
Fig. 292.
la charpente en est soutenue par des poteaux, reposant sur des dés de pierre; les poteaux sont assemblés par des solives et des sablières qui portent un toit couvert en bardeau, ou, selonles lieux, en tuile, ardoise, paille, etc. Un petit appentis, placé de chaque côté du bàüment, agrandit l’espace, sans qu'il soit nécessaire d'employer des bois plus gros et plus longs. Les contre- fiches, assemblées avec les poteaux et les entraits, empêchent que la charpente ne déverse. Les pignons doivent être fermés dans le haut avec du gâchis, des pattes de paille ou de roseaux, et dans le bas avec des claies servant de portes.
Les principes de Daubenton sur la nécessité de la libre circulation de Pair ont été regardés, dans son temps, comme un paradoxe ridicule ; il leur a fallu bien des années pour se répandre chez les cultivateurs, et aujourd'hui même le plus grand nombre n’est pas encore persuadé qu’il est absurde de tenir en serre chaude des animaux destinés à parcourir les champs pendant une grande partie de l’année, et que la rature a du reste si bien protégés contre le froid. Néanmoins, depuis l'introduction des mérinos en France, beaucoup d'hommes habiles s'étant occupés de l'éducation des bêtes blanches ont mis ces idées en pratique de différentes manières, selon les lieux et selon la nature de leurs spéculations. On a perfectionné les détails, et les modèles ne manquent plus pour la construction des bergeries avec tous leurs accessoires.
Quel doit étre l’espace accordé à chaque béte dans la bergerie? C’est à chaque éleveur à résoudre cette question ; car l’espace doit être plus ou moins grand selon la taille des animaux et selon leur sexe; il faut plus de place à un bélier armé de cornes qu’à un mouton sans cornes; il en faut plus à une brebis avec son agneau qu’il n’en faut au bélier; les grandes races en exigent plus que les petites. Les bêtes doivent pouvoir se placer au râtelier pour. y manger sans être trop serrées l’une contre l’autre; 50 à 60 centimètres sont en général suffisans : mais il doit, en outre, exister un espace libre entre les rangs, afin que les animaux puissent se mouvoir et se coucher à l'aise : au total, une fois la largeur de chacune des bêtes et deux fois sa longueur sont le moindre espace que l’on
puisse accorder. On peut calculer d’après cette base l'étendue que doit avoir la bergerie que l’on veut faire construire; ou, ce qui revient au même, la quantité que peut contenir une bergerie déjà construite.
Examinons maintenant quel doit étre l’ameublement d'une bergerie. Dans beaucoup de pays on n’a point encore adopté l’usage des râteliers et des auges pour distribuer aux moutons leur nourriture; on la pose à terre sur leur famier humide d'urine et infect : une grande partie est foulée aux pieds, les animaux délicats n’y veulent plus toucher ; la perte est grande quand le fourrage est précieux. Aussi partout où l’on attache du prix au bon entretien des bêtes blanches, les auges et les râteliers sont considérés comme indispensables : leur prix est peu de chose, la facon étant facile et les bois nécessaires de peu de valeur. Les râteliers les plus simples ne sont autre chose qu’une échelle large à barreaux serrés (fig. 293); pour s’en servir, on la place verticalement le long du mur de la bergerie, le bas en est retenu par des crochets scellés dans le mur, et le haut est soutenu par des cordes dont la longueur est égale à l'ouverture jugée convenable pour le râtelier. Si la largeur de la bergerie le permet, on place au milieu un râtelier double ( fg. 294) suspendu par des cor-
Fig. 293.
LIV, IIL
des attachées aux poutres, ou, ce qui est mieux, posé sur des chevalets faisant corps avec lui. Au-dessous des râteliers on met des auges qui peuvent être faites de deux morceaux de volige blanchie cloués l'un au bas de l’autre en forme de V ; on leur donne la longueur des râteliers, et on les soutient sur de petits chevalets.
Après les modèles simples, montrons ce que l'on peut faire de mieux quand les troupeaux en valent la peine.
A cet effet, nous transcrirons la description de la bergerie de la ferme modèle de Grignon, construite en 1828 par M. Bella. Cette construction (/g. 295) se compose d’abord de
Fig. 295.
deux rangs de piliers AAAA en maçonnerie brute de 3 mètres 85 centimètres de hauteur chacun, et de 1 mètre 20 centimètres de largeur. dont l'épaisseur est de 0,80 centimètres a la base, et de 0.50 centimètres au sommel; ils servent, avec deux rangs de poteaux intermédiaires BBBB assis sur des dés en pierre, . à supporter les fermes en charpente.
Les espaces de 2 mètres 80 centimètres de largeur restant entre les pilastres, sont rempiis, Jusqu'à 1 mètre 30 centimètres de hauteur par de petits murs CC, dans lesquels sont pratiquées des portes de 1 mètre 30 centimètres de hauteur; le reste de la hauteur, jusfuel sommet des pilastres, est occupé par
e simples chässis de trois pièces de bois brut, croisées à angle droit, et destinées à supporter au besoin des paillassons : les extrémités sont terminées par des murs qui forment pi-
gnons. L'ensemble des onze travées construi-
tes présente ainsi une longueur de 44 mètres
70 centimètres sur une largeur de 16 mètres
dans œuvre, et de 24 mètres d’un bord du toit à l’autre; deux portes charretières sont | pratiquées dans les murs des pignons, pour | permettre aux voitures de traverser tout le : bâtiment dans Ja longueur, soit pour rentrer | les fourrages secs, soit pour l'enlèvement des
fumiers qui peuvent se charger ainsi directe- | ment sans avoir besoin de les extraire au de- | hors à la fourche.
Il est évident que l’habile agronome a éte guidé par les principes de Daubenton ; c’est pour assurer la salubrité de sa bergerie qu’il en a éjlevé le plancher au-dessus du sol à 3,33 cent.; c'est pour y maintenir un air toujours pur et tempéré, qu’il a laissé ouvert l'espace existant entre chaque pilier ; dans
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l'hiver, ces espaces sont clos simplement par des paillassons étendus sur des chässis du côté du nord ; dans l’été, au contraire, on clôt par le même procédé les ouvertures du côté du midi. Mais ia bergerie de Grignon présente encore d’autres avantages que m'offrait pas le premier modèle figuré dans ce chapitre : le constructeur a disposé l’intérieur de façon que chaque travée offre une division; ces divisions peuvent servir comme autant de petites bergeries séparées, propres à mettre à part chaque lot distinct du troupeau. Il est fort utile, en effet, il est souvent même indispensable de soumettre à un régime spécial les bêtes d'une grande troupe, seion leur race, leur âge, leur sexe, leur destination et l’état de leur santé. Les fortes races de boucherie ne prospéreraient pas avec la nourriture peu abondante des mérinos superfins ; lesagneaux, au moment du sevrage, doivent être séparés de Jeurs mères; les animaux malades ont besoin d’un hôpital : tous ces besoins sont complétement satisfaits à Grignon.
La disposition des râteliers el des portes de sorlie mérite aussi quelque attention. On a remarqué qu'il y avait de l'inconvénient à ce que les râteliers fussent trop inclinés, parce que des parcelles de foiu tombent sur les