DE LA BERGERIE
moutons et y sont ramassées par leurs voisins.
qui avalent presque toujours quelques brins de laine en même temps, et qu’en tout cas cela salit les toisons : ces inconvéniens ont élé évités en établissant les râteliers d’une manière presque verlicale; le fourrage qui en sortest recu en bas par des auges très-saillantes où les bêtes le ramassent. Tous ces ràteliers doubles, qui forment des séparations entre les travées, sont eux-mêmes divisés par une cloison médiane, ce qui permet au berger de distribuer à chaque lot une ralion plus ou moins forte.
Quant aux portes, M. Bella a exécuté une amélioration que l’on n'avait point encore introduite en France ; il a voulu empêcher que ses bêles, en sortant de la bergerie, ne se foulassent l’une l’autre, comme cela arrive par- Lout ailleurs, quelque larges que soient les portes de sortie; iout le monde sait que cette précipitation est la cause de fréquens accidens : les toisons précieuses sont feutrées el quelquefois déchirées, les animaux les plus faibles sont blessés, les brebis sont quelquefois tellement froissées qu’elles en avorteut. Un moyen bien simple pare à tous ces dangers : le seuil de chaque porte est élevé au-dessus du sol de 40 à 50 cent., il ne peut étre franchi qu’en traversant un petit pont sans rampes qui ne livre passage qu'à deux moutons à la fois; deux seulement peuvent passer, et lout le troupeau apprend bientôt qu'il serait inutile de s’y précipiter en plus grand nombre; la sortie devient, à la vérité, plus longue par cetteméthode ; mais combien n'est-elle pas plus sûre!
M. Morel de Vindé a donné les devis d’une bergerie qui depuis 14 ans n'a pas présenté un seul inconvénient, ni ressenti le besoin de la moindre réparation,
» L'objet que je me suis proposé, en la faisant construire, dit-il, a été qu'elle servit de modèle de la meilleure bergerie faite au plus bas prix possible.
» Une longue expérience n'avait fait reconuaitre : 1° que chaque brebis portière devait, pour être à son aise, oOCCuper avec sûün agneau 10 pieds de superficie; 2° que chaque bête adulle devait occuper, seule et sans agneau, 10 pieds de superficie; 3’ que le développement des râteliers devait donner à chaque adulte femelle 12 pouces au râtelier, et 15 pouces à chaque adulte mâle; 4 que les râteliers deväient être mobiles (nous en donnerons le détail) ; 5° que jamais une bergerie ne devait être couverte d’un grenier :
la santé des bêtes tient essentiellement à la grande élévation du lieu qu’elles habitent; on ne doit se permettre au-dessus d’une bergerie que quelques sinots mobiles, et de place en place, pour lacommodité de l'approvisionnement journalier.
» C’est d’après ces bases que j'ai fait construire une bergerie qui réunit lous ces avantages à la plus extrême économie.
» Elle a 30 pieds de large, et est divisée par fermes, distantes de 10 pieds, commeon le voit par la figure 296 représentant un des pignons ouvert. L'espace de chaque ferme, étant ainsi de 30 pieds sur 10, donne 300 pieds de superficie, et est propre, soit à 30 portières avec agneaux, soit à 50 adultes sans agneaux : ainsi ii ce s’agit que d'augmenter le nombre des fermes pour augmenter la bergerie dans la proportion nécessaire.
» Celle figurée ici a 7 fermes ou travées pareilles. La longueur totale du bâtiment étant de 70 pieds el la largeur de 30, il en résulte 2,100 pieds de superficie, c’est-à-dire un espace suffisant pour 210 portières, ou 350 adultes non portières.
»Toutes les travées ne sont construites qu’en bois, el elles sont combinées de manière qu'il »’y a nulle part un morceau de plus de 10 pieds de long sur 6 pouces d'équarrissage ; le bois, dans ces dimensions, ne coûte pas plus que le bois à brüler.
» Les parties closes des costières et pignons ne sont fermées qu'avec des bâtons fixés avec des rapoinlis, lattés à très-claire-voie et baugés en torchis, enduit de plätre ou de mortier de chaux. Deux œils-de-bœuf ménagés dans le haut des pignons restent toujours ouverts,
» Des jours ménages lout au pourtour se ferment à volonté, par des volets à coulisse en bois blanc. Les poteaux sont assis sur des dés de pierre à l'intérieur, et dans le pourtour sur un pelit parpin en maçonnerie, de 15 pieds d'élévation en tout, savoir : 9 pouces dans terre et 6 pouces hors de terre.
» Le toit, couvert en tuiles, est surbaissé de 5 pieds; malgré sa légèreté, il est très-solide, parce que dans tous les points le faitage et les pannes sont soutenus par des bois debout. Passons au devis. »
12,43 cubes de terre pour fouilles et déblais de fondations, jetéssur une berge, roulés a un relais, à 1 fr. le mètre . . 12 43
7,44 cubes de murs, en fondation et élévation, à 17 fr.
le mètre. =. ?: -11926f. 480:
1,60 cubes de pierre de taille,compristaille des lits et joints, et pose, à 100 f.le mèt.
19,94 superficiels de pare-
286 f. 48 c. 12 43 mens rustiques, à 3 f. 50 c. le mèt. 69 79 120,99 superficiels de pans 719 24 de bois bourdés et crépis des deux côtés, à 3 f. le mèt. . 362 97 23,28 cubes de bois, pour pans de bois et comble à 85 fr. le stère. - 1,978 80 329,00 superficiels decouvertureentuile, à 4 fr. 50 c. le mètre. . . . 1,480 50 Les portes, volets et coulisses, ensemble ES NE Cp RE EE 03 TS 2,500 kil. pesant de gros fer pour équerres, liant les assemblages de la charpente, à 1 f.lek.2,500 f. SEA PO Pour la ferrure des portes.7,000 | 4,609 62
et en même temps la fermeture du pourtour permet de procurer aux agneaux, pendant j’hiver, une température douce qui leur est nécessaire quand ils sont faibles et quand leurs mères mal nourries ne leur fournissent point assez de lait pour les fortifier.
Les râteliers de M. de Vindé (/g. 298) font
Fig. 298.
corps avec la mangeoire ; ils sont suspendus au mur assez haut pour que les bêtes puissent se coucher dessous sans courir le risque d'y rester prises; le fourrage y descend au fond sans tomber sur les toisons ; et enfin le bord des mangeoires est construit en prisme, de facon que la saillie supérieure empêche
les agneaux de mettre les pattes dedans. Deux ! | gagerons donc fortement à faire monder le
râteliers accouplés dos à dos, el suspendus à des pieux au milieu de la bergerie, forment un râtelier double qui prend très-peu de place, puisque sa construction ne s'oppose point à ce que les animaux se couchent audessous. Les barres et les assemblages sont en chène : les trois planches de la mangeoire sont en bois blanc : le tout a été établi à 6 fr. le mètre courant.
Quoique nous approuvions sincèrement les principes qui ont dirigé la construction de cette bergerie, nous ne sommes point de l'avis