‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 409 sur 467 · LIV. lIL, brülante et infecté par la vapeur concentrée · texte numérisé non relu

LIV. lIL, brülante et infecté par la vapeur concentrée

: de leur corps : il n’est pas rare que quelques-

uns tombent suffoqués et perissent pour ainsi dire instantanément, et malgré tout secours. Un berger soigneux ne bravera jamais ce danger, ilse retirera devantle soleilet conduira ses moutons dans un endroit frais où ils puissent à leur aise ruminer et digérer la

| nourriture amassée dans leur premier esto- | mac. La bergerie, si c’est elle qui sert de lieu

de repos, doit être vaste et bien aérée, plus aérée qu'en tout autre temps ; car,siles moutons devaient y être à l’élroit, il serait préférable de les tenir à lombre d’un mur, d'un bois ou d'arbres isolés.

Dès quele soleil commence à devenir moins ardent, on ramène les troupeaux au pâturage dont on les laissera jouir jusqu'à la puit.

À l'approche de l'hiver le parcours devient plus difficile; les prairies naturelles et artificielles s’épuisent, les terres vagues ne produisent plus d'herbe; c'est alors qu'un supplément de nourriture doit être distribué à l'étable. Les pailles et les fourrages secs font la base ordinaire de cette nourriture : chaque mouton devra en recevoir au moins 1. kilogramme par jour; mais quelque bien choisie que soit la nourriture sèche, elle est moins convenable aux moutons que la nourriture verle à laquelle 11s sont accoutumés et qui est bien plus appropriée à leur tempérament; elle échauffe, nourrit moins, nuit à l’accroissement et aux bonnes qualités de la laine; c'est surtout aux brebis qui allaitent que ce régime est défavorable; leurs nourrissons s’en ressentent d'une manière fâächeuse. On peut se créer une grande ressource dans cette saison en cullivant quelques pièces de pimprenelle où les moutons trouvent toujours à paitre,puisqueles froids ni la neige ne suspendent point la végétation de cette plante. Ilest aussi quelques cultivateurs qui entretiennent ure certaine quantité de choux cavaliers pour en distribuer les feuilles aux brebis et augmenter leur lait. [y aquarante ans, l'agriculture française ne possédait, pour ainsi dire,aucupn autre moyen d'hivernage que les fourrages secs ; si quelques-uns employaient les choux etla pimprenelle, le nombre enétait rare et leur exemple ne pouvait être suivi partout avec succès : aujourd'hui la nourriture fraiche est dans beaucoup de fermes aussi abondante l'hiver que l’été; les moutons peuvent jouir du vert daus toutes les saisons. grâce à la culture des racines. Ce serait une grande faute à celui quiélève des bêtes à laine de nos jours, de ne point avoir à sa disposition une quantité suffisante de navets, pommes de terre, betteraves, carottes ou topinambours pour tempérer au moins l’action malfaisante du sec sur son troupeau. L'usage de ces racines est maintenant fortrépandu; on en connait tous les avantages; l'excès pourrait seul en être nuisible : elles n’ont point toutes les mêmes qualités nutritives, ni les mêmes propriétés lactifères; nous avons fait connaitre à l'article spécial de chacune de ces plantes, au tome 1°", ce que l'expérience nous avait appris sur ce sujet; en général on s'accorde en cela qu’il est utile de distribuer aux moutons une moitié de leur ration en sec, l’autre moitié en racines;il n’est pas douteux que ce mé-

cHaAP. 13.

lange ne leur soit beaucoup plus favorable

w’une nourriture exclusive. Toutefois, nous

evons le répéter, on ne doit point se croire dispensé, avec les meilleures provisions d’hiver, de chercher à créer des prairies hivernales ou très-hâtives, telles que la pimprenelle, le trèfle blanc, le pastel, pour y conduire le troupeau dans les jours favorables de la mauvaise saison ; car le pâturage est la manière la plus naturelle de vivre pour les moutons, et notre expérience personnelle nous a démontré que les bergers ont bien raison de dire sans cesse qu’un peu de nourriture aux champs vaut mieux que beaucoup à la bergerie. Daubenton, qui a si bien étudié tout ce qui concerne les bêtes blanches, s’est élendu forten détail sur leur régime d'hiver, dans son instruction pour les bergers.

Dans les départemens où l'hiver est rude, dit-il, on commence à donner du fourrage aux moutons en octobre ou en novembre : on en distribue le matin, si la gelée blanche empéche le troupeau de sortir de bonne heure, et le soir lorsqu'il revient du pâturage sans être assez rempli. Quand les animaux sont forcés de rester renfermés plusieurs jours de suite, il faut, outre leur ration du matin et du soir, leur donner à midi de la nourriture fraiche, ce qui les empêchera de dépérir et de s’altérer outre mesure; à défaut de verdure et de racines, quelques poignées d'avoine, un peu d'orge, des pois cassés, etc., produiront un bon effet ; le gland même,.les châtaignes, la graine de genêt si abondante dans quelques contrées, seraient d’un grand secours ‘ans une saison rigoureuse. On cesse de donner du foxrrage aux moutons dans le printemps, lorsqu'ils commencent à trouver dans la campagne une suffisante quantité d'herbes pour leur entretien, et lorsqu'ils sont bien ronds, c'est-à-dire bien remplis, en rentrant le soir à la bergerie; mais tant que l’on voit qu'ils n'ont trouvé qu'une partie de la nourriture qui leur est nécessaire, il faut y suppléer en leur donnant du fourrage au râtelier.

Ce qui concerne la boisson des moutons est fort simple : de l’eau pureet en petitequantité, voilà la règle; lamauvaise qualité et la grande abondance de la boisson amèneraient presqu'infailliblement des maladies.

L'humidité, sous toutes les formes, est dangereuse pour les bêtes à laine; le brouillard, la pluie, la rosée, le serein, les vapeurs marécageuses, les pâturages trop succulents sont à craindre pour ces animaux ; le berger évitera donc de les pousser à boire. Quand il se trouve de l’eau dans le voisinage de la ferme, le mieux est d'y conduire chaque jour le troupeau et de passer lentement sans s'arrêter, mais de facon que les moutons qui auront soif puissent se désaltérer; les autres passeront sans boire. Si l’eau se trouve trop éloignée pour y mener les bêtes chaque jour, il sera sans danger de ne les y conduire qu’une fois en 2 ou 3 jourssuivant que la nourriture et la saison sont plus ou moins altérantes. Cependant il ne faut jamais trop tarder à abreuver les moutons. non parce que la soif les rendrait malades, mais parce qu'ils boiraient en un jour autant qu'ils auraient bu en plusieurs jours, et que cette grande quantité de boisson prise Loute à la fois pourrait causer des épan-

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