‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 412 sur 467 · LC] (TE I CC = DL OR RON OO · texte numérisé non relu

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Nota. De 1793 à 1796, le prix des ventes a été payé en assignats. (4) Un belier âgé de cinq ans a été adjugé à 3,870 fr., et une brebis à 650 francs

AGR. T. II. — Go

Quels trésors la France n’eût-elle pas perdus s’il ne s'était trouvé des hommes tels que les Tessier, les Gilbert, etc., pour vaincre l'apathique indifférence des fermiers qui s'obstinaient à dédaigner la naturalisation des moutons espagnols !

Les échantillons des tontes de chaque année, énservés à l'établissement depuis 1786, prouvent que les mérinos se sont perfectionnés en France; leur laine, sans rien perdre de sa finesse, a gagné un peu en longueur, elle est plus homogène et moins jarreuse; les toisons sont plus tassées, partant plus pesantes, d'autant que les animaux ont acquis une plus forte structure. Ces résultats ont été confirmés par la mise en parallèle de notre ancien troupeau avec quarante bêtes amenées à Rambouillet le 22 messidor an 9, faisant partie de celles importées d'Espagne à cette époque par ordre du Directoire. Quoique ces nouveaux moutons provinssent presque tous des mêmes troupeaux espagnols d’où l’on avait tiré ceux achetés en 1786, quoiqu'ils fussent soumis au même régime, leurs productions n’ont atteint que beaucoup plus iard le degré de perfection où la première troupe était déjà parvenue. Depuis l’an 9 il na pas été introduit une seule bête étrangère à Rambouillet. :

Les préjugés et l'intérêt particulier avaient, dans le principe, accrédité une opinion qui devait s’opposer beaucoup à ce que la race mérinos fût adoptée par les cultivateurs de certaines contrées : on prétendait que les moutons espagnols s’engraissaient mal et que la chair en était moins délicate que celle des races indigènes; pour combattre celte objection, on adopta l'usage, encore en vigueur aujourd’hui à Rambouillet, d'abattre un mouton mérinos gras et de le servir aux diners de la vente publique : indépendamment de cette preuve qui s’est renouvelée chaque année, 7 est bien reconnu ayourd’'hui que la chair du mérinos est absolument identique à celle de tous les moutons, et que les différences dans sa qualité ne proviennent que de la nature du sol et des pâturages, ou des nourritures sèches quand le mouton est engraissé à la bergerie.

Après avoir démontré que la qualité de la viande des mérinos ne devait point être un obstacle à la propagation de cette race, il fallait aussi réfuter par des faits cette autre objection de certains éleveurs qui prétendaient que les bêtes espagnoles, originaires d’un climat chaud, devaient avoir un tempérament plus lymphatique, et conséquemment devaient être plus sujettes à la pourriture que les races françaises. Or la réponse élait facile, car le troupeau national prospérait sur des pàturages peu salubres et de la nature de eeux où s’engendreordinarrement la cachexie aqueuse.

Le sol du parc de Rambouillet est, en effet, très-médiocre, quoique très-varié. La couche végétale a peu d'épaisseur, le sous-sol en est glaiseux et peu favorable à l’infiltration des eaux; aussi les paturages y sont-ils généralement humides, et les bergers doivent éviter avec soin de làcher le troupeau avant que la rosée soit évaporée, et de se laisser surprendre le soir par le serein. Cette position est sans doute défavorable; mais elle fut utile en ce qu’elle prouva combien il était facile d’en-

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