‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 424 sur 467 · LIV. Hit · texte numérisé non relu

LIV. Hit

rés la nuit dans une cour qui est voisine de leurs bergeries, dans laquelle ils ne rentrent que pour recevoir leur nourriture; ils n’ont ainsi aucun abri contre la pluie et les intempéries des saisons.

La nourriture de ces animaux consiste, l’hiver, dans 2 livres de regain et 2 à 3 livres d'un mélange de pommes de terres coupées ét de betteraves pour chaque bête. Cette ration, composée d'un melange de plantes fourragères sèches et de racines, suffit pour entretenir ces animaux dans le meilleur état de santé.

On prétendait qu'un des obstacles à l’introduction en France des moutons anglais à longue laine, était que ces animaux ne pouvaient souffrir la vue des chiens, ce qui rendait difficile de les conduire dans nos champs où généralement les pâturages ne sont pas fermés de haies ou de palissades.

M. Yvart a choisi d’abord un berger intelligent et soigneux ; il a ensuite introduit avec les moutons anglais des chiens sages avec lesquels ils se sont accoutumés à vivre; et maintenant ces chiens aident au berger à diriger les moutons lorsqu'ils sortent pour se rendre dans les pâturages. Ainsi les animaux du troupeau royal d’Alfort sont, sous ce rapport, conduits de la même manière que les moutons mérinos et ceux des autres races.

En France, encore plus qu’en Angleterre, il sera difficile que cette race se propage beaucoup dans toute sa pureté; mais elle conviendra chez nous comme chez nos voisins pour croiser les races indis gènes, et spécialement celles du nord de la France et de l’ouest; en particulier, les races qui ont déjà la laine longue.

Elle a servi également en Angleterre au croisement d’une race à laine courte, désignée sous le nom de race de southdown ; c’est au moyen de ce croisement que les Anglais se procurent des laïines un peu moins longues, mais plus fines que celles qu’ils obtiennent des bêtes de race pure. Ces métis reçoivent en Avgleterre le nom d’halfbred ; nous pourrions obtenir avec de grosses brebis de Picardie, de Flandre, du pays de Caux, des résultats tout à fait semblables. La toison des brebis serait plus tassée que celle des bêtes anglaises de race pure qui toujours est un peu lâche; et au total, la toison aurait beaucoup de poids.

C’est dans les comtés les plus fertiles et les mieux cultivés de l’Angleterre que se trouvent ces grosses races dont le volume est si remarquable. Mais toujours les cultivateurs anglais savent proportionñer ie volume de leurs animaux à labondance des fourrages qu’ils ont à faire consommer; et l’on doit insister beaucoup auprès des cultivateurs français pour les engager à ne point se laisser détermirer dans leur choix d'animaux étrangers uniquement par la grosseur, mais bien plutôt par les proportions et les formes indiquant ce tempérament particulier à abondance et à la qualité de la laine et de la chair.

Un point fort essentiel dans l’acclimatation des bêtes de race anglaise, consiste dans leur logement qui doit être soigné d’une manière tout à fait particulière. Quoique nous ayons déjà traité d’une manière assez étendue ce qui concerne le logement des moutons en France, nous devons ici insister de nouveau sur ce point, et déclarer d’une manière positive que des moutons anglais ne sauraient prospérer dans une bergerie fermée. Si F1nclémence de notre climat, si les loups, les chiens errans et le défaut de police rurale ne nous permettent pas de les laisser absolument et constamment en plein air, nous ne devons leur donner pour abri que de simptes hangars ouverts et sans fenil au-dessus ; car Jes brins de fourrage qui en tombent, la poussière qui s’en échappe s'introduisent si facilement entre les mèches longues et peu tassées de leur toison, que la valeur en est sensiblement diminuée. L’inconvénient qu'ont ces toisons de se salir jusque dans Ja racine du brin, doit aussi engager à n’employer que des râteliers à rayons verticaux, Ou encore mieux, inclinés dans un sens opposé à celui qu’on leur donne d’ordinaire,

Page 1