‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 427 sur 467 · KE 1. SAS · texte numérisé non relu

KE 1. SAS

(e) Et DS RE unenenni eu

KES LE CITES Fig. 307. Fig. 306. Fig. 308.

dans le 1‘ volume, pag.106, les résultats du parcage, nous devons dire ici comment on y procède, dans quelle saison et l'influence que cette stabulation en plein air peut avoir sur la santé des troupeaux. L’enceinte mobile, ou le parc, est formée de claies que l'on dresse les unes au bout des autres sur quatre lignes formant un carré, et que l’on soutient au moyen de crosses ou bâtons courbés par l'un des bouts ( fig. 309). Ces claies ont pour but,

Fig. 309. Fig. 314. Fig. 311.

Fig. 312. Fig. 313. Fig. 310.

non-seulement de retenir les moutons dans un espace donné, mais encore de les soustraire à l’attaque des autres animaux, et surtout à celle des loups. Leur hauteur est ordinairement d’un mètre 50 centimètres, et leur longueur de 2 à 3 mètres. On les fait en bois légers de façon qu’elles puissent étre facilement transportées d’un endroit à un autre par un seul homme; ce sont quelquefois des branches d’osier ou de noisetier entrelacées ( fig. 310); plus souvent ce sont des lames de boïs assemblées dans trois ou quatre montans ( fig. 311). Les crosses sont des bâtons de 2 à 3 mètres de longueur ayant en bas une courbure qui forme patte, et qui est percée d’une mortaise dans laquelle doit être enfoncée la fiche (fig. 312) qui sert à la maintenir. Le bout supérieur est percé de deux trous où l’on place des chevilles (fig. 313) disposées de manière à retenir les’ claies du parc en avant et en arrière lorsque le tout est mis en place.

Lorsqu'un berger veut former un pare, il mesure un carré suffisant pour le nombre de ses bétes ; puis il place deux claies à angle droit dans la direction qu'il s'est tracée, et continue son enceinte en apportant une seconde claie à la suite de la première, de facon que le côté droit de l’une anticipant un peu sur le côté gauche de l’autre, ïl reste un intervalle suffisant pour passer entre les

montans des deux claies le bout supérieur d’une crosse dont le bout inférieur est fixé à la terre par une fiche que le berger y enfonce à coups de maillet ( fig. 314). ; .

L’étendue que doit avoir un parc se calcule généralement d'après ce principe, qu’un mouton de race moyenne peut fertiliser un mètre carré environ dans un espace de temps d'autant plus bref que les animaux sont plus abondamment nourris. Voici ce que dit à ce sujet Daubenton dans un mémoire sur le parcage, qui relate avec exactitude la méthode suivie encore aujourd'hui par Ja plupart des cultivateurs de la Brie : « La manière de gouverner Le parc doit varier selon les saisons : dans les longs jours on y fait entrer le troupeau une heure après le soleil couché, c’est-à-dire vers neuf heures ; alors, comme les herbes ont beaucoup de suc, comme la fiente et les urines sont trés-abondantes, un parcage de quatre heures suffit pour amender la terre; les moutons devront donc être changés de place trois fois, depuis le soir jusqu'au matin; la {"* à une heure, la 2° à cinq heures, et la 3° à neuf heures. On peut, au surplus, avancer ou reculer le changement des parcs lorsqu’an le juge à propos ; mais il faut alors les faire de grandeur inégale, et leur donner diautant plus d’étendue que les bêtes doivent y séjourner plus longtemps. Lorsque le mois de septembre arrive, les nuits sont plus longues, les bêtes à laine ont moins de temps pour pâturer ; les plantes ont moins de suc ; les urines et la fiente sont moins abondantes : il faut alors ne faire que deux parcs par nuit.»

Le berger, tant que dure le parcage, ne doit plus coucher à la maison, son domicile est dans le champ du parc : il y couche ordinairement dans une petite cabane en bois montée sur des roues (fig. 308), et assez légère pour qu’il puisse la trainer tous les jours à mesure qu'il change le parc de place. Cette cabane doit être munie d'une porte et d'une lucarne que Île berger laisse ouvertes toute la nuit de façon à pouvoir veiller sans cesse sur son troupeau, et courir à sa défense le cas échéant. Il n’est pas sans exemple que des loups aient pénétré dans les parcs, et y aient causé de grands ravages ; on ne saurait donc prendre trop de précautions pour éviter cet accident, surtout dans les pays voisins des grandes forêts : les chiens du berger doivent, à cet effet, passer les nuits avec leur maître, couchés sous sa cabane ; ou mieux encore (comme le conseille Daubenton), dans une petite cabane placée d'un autre côté du parc (fig. 309). Quand on a lieu de craindre, on augmente encore ces moyens de défense en effrayant les loups par des coups de fusil tirés le soir et dans la nuit; et en tenant allumée une chandelle dans un fanal dont les verres sont de différentes couleurs, afin d’éloigner les animaux carnassiers par cet éclat auxquels ils ne sont point accoutumés.

Le parcage peut commencer dans le mois d'avril, pourvu que les terres soient convenablement assainies, et qu’elles aient été préparées par un labour et un bon hersage; car ce n’est point le froid, mais bien l'humidité, que redoutent les bêtes ovines : il peut se prolonger jusqu’après les semailles du froment d'hiver qui dansles-terres saines supportent cette opération sans inconvénient, même quand les jeunes tiges de céréales pointent déjà hors de terre. Il est rare que l’on persévère, après cette époque, à tenir encore les moutons au parc ; les pluies d’automne rendent l’opération fort difficile, et les pâturages venant à manquer, les déjections sont trop peu abondantes pour engraisser la terre en peu de temps.

Daps les pays où l’on a l'habitude du parc, on n’a point remarqué que la santé des moutons en füt altérée, pourvu que le berger ait soin de rentrer son troupeau par les grandes pluies et lorsque la chaleur du soleil est trop forte. Il est même incontestable que le séjour en plein air est plus convenable que celui de bergeries étroites ou mal aérées pendant les nuits étouffantes de l'été; ce p'est donc point l'hygiène qui peut s'opposer à

Page 1