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cette pratique agricole, mais d’autres raisons déduites de la meilleure qualité ou de la plus grande quantité d'engrais qu’il serait possible d'obtenir dans la bergerie.
L'avantage du parcage est de fumer les terres sans frais de transport et de répandage, et surtout sans consommation de paille, ce qui est inappréciable dans presque toutes les fermes, où l’on éprouve souvent la disette de litière. Ce que l’on épargne ainsi à la bergerie est souvent indispensable pour recueillir les déjections des gros animaux, qui, sans cela, ne l’eussent été qu’imparfaitement, et la masse du fumier se trouve réellement augmentée. Peut-être existe-t-il quelques exploitations assez heureuses pour n’avoir point besoin de recourir au parcage; mais en général (quand la nature -des terres ne $ y oppose point) son utilité est fort grande. Combien de terres éloignées de la ferme, et n’y communiquant que par des chemins impraticables, ne seraient jamais fumées si les moutons n’y déposaient leur engrais sans qu’il en coûte rien au fermier ! Des champs dédaignés et presque abandonnés deviennent ainsi productifs ; il est arrivé souvent que c’est par eux que l’on a essayé ja suppression de la jachère, parce que le cultivateur ne craint point de les épuiser en leur faisant porter une récolte de fourrage, sûr qu’il est que ses moutons convertiront en engrais puissant cette récolte sur laquelle on les fait parquer à mesure qu’ils la consomment. Élisée LEFÈVRE.
SECTION 1x. — Des motifs déterminans dans Le choix d'une race de moutons.
Les motifs qui doivent déterminer les cultivateurs à entretenir sur leur terres une race plutôt qu'une autre sont tirés de la nature du sol et du système agricole adopté dans le pays.
Un sol sain, sec et fertile peut se prêter à l’entretien de quelque race que ce soit quand le système agricole ne s’y oppose point; dans les contrées humides, malsaines, produisant en abondance des herbes très-aqueuses, il faut une race qui s’engraisse facilement et que l’on puisse placer avan tageusement chez le boucher après quelques mois de pâturage : les pays de landes, de bruyères, à terres incultes et arides, veulent de petites espèces sobres et vigoureuses qui puissent résister aux longues marches nécessaires pour ramasser leur nourriture. Plusieurs de nos races indigènes conviennent fort bien à cet emploi; aussi ne disparaîtront-elles jamais entièrement du sol, à moins qu'il ne soit un jour complétement transformé, car sans elles de vastes parties de la France resteraient tout à fait sans valeur.
On doit cependant vivement désirer de les voir remplacer partout où il serait possible d’introduire une race meilleure à l’aide d’une culture plus soignée et d’une éducation mieux dirigée; les réflexions suivantes sur les moutons du Berry, conformes au vœu que nous émettons, peuvent s'appliquer à une grande partie des bêtes communes de la France.
Avant l’introductiondes mérinosen France, l’ancien Berryétait l’une des contrées où l’on élevait le plus de moutons. Les grandes plaines de terrains calcaires qui s’y rencontrent sont très-favorables à l'élève et à la nourriture de ces animaux, lors même que, comme cela arrive souvent, ils sont réduits, pour se nourrir, à ce que leur offre la nature. Aussi les laines de ce pays ont-elles été longtemps recherchées comme les meilleures de France.
Il est assez difficile de retrouveraujourd'huiavec ses caractères originaires cette race berrichonne qui a fait pendant si longtemps la principale richesse du pays. Le désir d'augmenter sa taille et les produits de satoison, par le croisement avec les mérinos dont la laine donne destissussi fins, a fait créer des métissages plus ou moins heureux, et des
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variétés qui se sont plus ou moins éloignées des types originaires.
Cependant, c’est dans le département de l’Indre, notamment dans l'arrondissement d'Issoudun, qu’on peut reconnaître encore cette race. On l'y retrouve en troupeaux nombreux qui vaguent dans ces vastes plaines. Ces bêtes sont d’une petite taille, maiselles sont bien faites. Elles ont la jambe fine et nue, la tête est pareillement dépourvue de laine, petite, le museau un peu allongé. Elles sont vives, alertes à chercher leur nourriture qu'elles savent se procurer en pinçant, dans les Jieux où elle est la moins abondante, une herbe fize et courte. Elles ont la laine tassée, frisée et assez fine. La toison pèse environ 2livres 1/2 ou 3 livres.
On distingue particulièrement parmi ces bêtes celles que dans le pays on 2omnie bryonnes. Ce sont celles qui portent une laine plus serrée, plus frisée, plus abondante et plus fine que les autres. Cette épithète de bryonnes est devenue une qualification pour désigner les bêtes les plus remarquables : il est bon toutefois de savcir qu'elle vient de ce que la commune de Bryon, canton de Levroux, produit les bêtes les plus renomnices pour la finesse de leur laine ; et cependant les terres de ce canton pesont pas de celles qui sont les plus maigres et qu’on à l'habitude de considérer comme étant les plus favorables au pacagc des bûtes à laine ; ce sont de bonnes terres fromentales, un peu argileuses, quoique calcaires.
Il ne faut pas confondre la race berrichonne dont je viens de parler, avec celle de Sologne qui en est fort différente. Celle-ci est d’une taille un peu plus élevée ; elle a comme la précédente la tête et les jambes dépourvues de laine ; mais ces parties sont ordinairement d’une couleur rousse et fauve qui, avec la vivacité naturelle dont elle est douée, lui donne une apparence quasi sauvage ; elle a le dos couvert d’une laine blanche, grosse, peu frisée, ressemblant à du poil etne donnant qu’une toison d’un poids inférieur à celui des autres variétés.
Ces troupeaux de Sologne assez nombreux et estimés pour leur rusticité et la qualité de la chair des animaux, sont lancés dans les vastes et tristes bruyères de cette contrée, où il faut qu’ils vivent en toutes saisons des uniques ressources de ces pâturages. Quand ces sols ingrats sont imprégnés ou plutôt couverts par les pluies de l'hiver qui ne peuvent les pénétrer à cause de la couche glaiseuse qui apparaît souvent jusqu’à leur surface, ils n’offrent plus aux animaux qui les parcourent qu’une nourriture insuffisante et mialsaire ; aussi, à la fin de l'hiver, ces bestiaux apparaissent-ils dans un état misérable, laissant tomber par lambeaux, de toutes les parties de leur corps, la laine dont ils devraient être revêlus ; et quand la saison nouvelle revivifie la nature et “éveloppe la végétas tion des herbes, des bruyères, des genêts qui croissent assez abondamment dans ces plaines, alors les animaux qui ont résisté et échappé à la disette de l'hiver se jettent sur ces nouvelles productions du sol avec une dévorante avidité et s’en repaissent outre mesure. De là ces maladies désastreuses connues sous lenom de maladie du sang, maladie rouge, maladie de Sologne, et ailleurs de mauroy, qui ravagent les troupeaux et contre lesquelles on cherche trop tard de vains-remèdes:
La nature supplée pourtant à ces désastres : de nouveaux agneaux naissent, amènent aux cultiva-
. teurs de nouvelles espérances qui s’évanouissent come celles qui les ont précédées, et l’homme de ces pays se retrouve ainsi à chaque période, au même point, sans prolit, sans progrès, comme si rien n'avait marché, civilisation, industrie...
C’est qu’en effet ces bienfaits sont là développés moins qu'ailleurs; c’est que daps le Berry, dont le sol offre,en général, à celui qui l'habite les ressources suffisantes aux nécessités ordinaires de la vie, on ne fait que peu d'efforts pour les accroitre, et on s’en remet volontiers à la bienfaisance du sol et de la nature.
Ainsi, les animaux les plus profitabies y sont
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