‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 449 sur 467 · LAV · texte numérisé non relu

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facilitent l’entrée aux lapins, et les empêchent de sortir par les pointes qu’elles présentent intérieurement; On y metunenourriture qui leur soit agréable, et, lorsqu'il en est entré suffisamment, on les retire par une porte pratiquée dans le couvercle plein qui le recouvre. Il est une autre disposition de garenne dont les longs succès ont garanti l'avantage; cette garenne est formée de trois enclos entourés de murs, excepté dans les points par lesquelsils communiquent ensemble. Les lapins, en sortant du premier, qui est très-étendu, et dans lequel ils terrent et se tiennent habitueliement pour aller dans le troisième, où la nourriture sèche ou fraîche leur est abondamment fournie, passent dans l’enclog intermédiaire, dont les murs sont garnis infér'eurementet à fleur deterre, de pots de grès qui représentent de faux terriers. Lorsque les animaux sont au gawnage, on ferme la porte de communication avec l’enclos des terriers ; ensuite on les effraie ; ils vont tous se réfugier dans l’enclos intermédiaire, et se blottissent dans les pots de grès qui leur offrent une retraite apparente où on les prend sans peine.

$ IT. -Des clapiers ou garennes domestiques.

Les clapiers méritent d’autant plus de nous occuper, qu'ils sont à la portée des plus pauvres eultivateurs. Leur forme varie avec les localités. Mais lorsque les lapins sont tenus sèchement, qu’ils sont séparés les uns des autres, et qu'ils sont bien nourris, ils sont toujours disposés à pulluler.

La meilleure exposition du clapier est le levant ou le midi; il est utile qu'il soit entouré de murs et couvert d’un toit qui le garantisse des injures de l’air et des attaques des fouines, des chats et des renards. Lorsque le clapier n’est pas couvert d’ua toit, :l faut en couronner le pourtour avec des ardoises saillanies à angles aigus et très-avancées en dehors. La fondation des murs environnans doit s’enfoncer à un mètre et demi ou deux mètres, et le clapier doit être pavé ou ferré à cette profondeur, afin que les jeunes lapins ne puissent fouiller la terre et soient arrêtés par cette barrière insurmontable; il faut y placer des cabanes pour les mères; ces cabanes doivent être élevées à dixhuit ou vingt centimètres de terre, et être con struites en lattes serrées ou en planches fortes qui résistent à la dent des lapins, et laissent entre elles un libre passage à Pair; leur grandeur doit être de soixante-quinze centimètres à un mètre en tout sens; le fond doit être plein, soit en plâtre, soit en planches; il faut lui ménager une inclinaison douce d’avant en arrière, et quelques trous de distance en distance pour faciliter l’écoulement de l'urine; leur porte latérale doit s'ouvrir facilement et donner un libre passäge à la litière qu'il faut renouveler de temps en temps. Chacune de ces cabanes doit être garnie d’un petit râtelier qui jes empêche de fouler et de perdre le fourrage ; d'une sébile pour le son et la graine qu’on doit donner particulièrement aux mères nourrices.

Un clapier de douze à quinze mètres de long et de quatre à cinq de large peut contenir vingt à vingt-quatre loges, dont deux seront destinées pour les mâles, et deux autres, qui devront être le double des premières, serviront de commun aux jeunes lapins de cinq à six semaines, lorsque leurs forces ne permettent pas encore de courir en li-

erté dans le clapier. Ce nombre de loges peut être

ymenté, si on en met plusieurs rangs les uns auessus des autres, en observant d’éloigner les inférieures toujours davantage du mur de clôture, afin que les animaux ne soient pas incommodés par l'urine qui coule des cabanes supérieures.

On doit conserver dans la garenne un courant d’air continu, au moyen de croisées grillées. Il est bon d’ajouter au bâtiment qui renferme les cabanes une galerie extérieure et ouverte, dans laquelle les lapins puissert aller prendre lair et s’exposer au soleil; ils rentrent ensuite dans le grand commun, enpassant par des trous ménagés exprès

$ IV. — Nouriture des lapins.

La nourriture doit être distribuée aux lapins matin et soir. Si elle est verte, il faut la bien essuyer ; elle doit être principalement composée des débris de tous les légumes du jardin, en observant de donner peu de choux, de salades, et de plantes aqueuses et froides : l’herbe mouillée leur est funeste. Les feuilles et racines de carottes, toutes les plantes légumineuses, les feuilles et branches d’arbres de toute espèce, la chicorée sauvage, le persil, la pimprenelle, etc., peuvent former la nourriture des lapins pendant l’été; on garde pour l'hiver les regains,les pommes de terre, les topinambours,lesturneps, les betteraves champêires, le fourrage du blé de Turquie, etc. L'usage du sel leur est aussi avantageux etleur donne de l’appétit. Le son, les grains de touteespèce et l’avoine, lorsqu'il est facile de s’en procurer, doivent faire aussi partie de leurs repas; ils en mangent avec plaisir, et cette nourriture est utile surtout aux mères lorsqu'elles allaitent leurs petits. Il est très-bon de varier leur nourriture.

Le mauvais état de leur litière occasionne la plupart de leurs maladies. La paille qu’on leur donne à cet effet doit être sèche et souvent renouvelée.

$ V.— Soins à donner aux mères et aux lapereaux.

Dès les premiers jours de ja naissance des lapcreaux, on doit rechercher avec soin si la mère ne les a pas déposés dans l'humidité, ce qui les ferait | érir; dans ce cas, on les enlève avec précaution, et on les dépose dans l'endroit le plus sec de la cabane.

Il fautremarquer avec soin les époquesauxquelles les mères ont été mises au mâle,afin denettoyer leurs cabanes à temps, et leur enlever à propos la première portée, qui les détournerait lorsqu'elles voudraient mettre bas la seconde.

Chaque lapine peut donner six à sept portées par année ; trois semaines après qu’elles ont mis bas, on doit remettre les mères aux mâles ; il faut les y laisser passer une nuit; et lorsque lun et l’autre sont en bon état, que le mâle n’a pas plus de cinq à six ans, et la femelle de quatre à cinq, il est rare que la lapine ne soit pas remplie. Elle revient ensuite à ses petits, et peut sans inconvénient contipuer à les nourrir encore une huitaine de jours. Quelques mères font périr les jeunes lapereaux ; on peut les corriger de ce défaut, en leur donnant abondamment la nourriture qui leur est la plus agréable, en les dérangeant le moins possible, et en ne les mettant jamais au mâle que le soir ; lorsqu’elles en sortent le matin, elles mangent, dorment, et ne maltraitent pas les petits.

Il ne faut faire couvrir les femelles qu’à l’âge de six mois; elles portent trente ou trente-un jours et leurs portées sont depuis deux ou trois, jusqu’à huit et dix petits; il est plus avantageux qu'elles ne soient que de cinq à six : les lapereaux sont plus forts et mieux nourris; aussi quelques cultivateurs enlèvent-ils l’excédant de ce nombre, et ce

rocédé est convenable lorsque les mères sont fai-

les et surtout lorsqu'elles ont déjà perdu ou détruit leurs portées antérieures.

A l’âge d’un mois les lapereaux mangent seuls et leur mère partage avec eux sa nourriture; à six semaines ils peuvent se passer de mère et entrer dans la grande cabane qui sert de premier commun; à deux mois et demi, on les lâche dans le clapie avec ceux qui sont destinés à la table. Il faut, avan. de les y laisser en liberté, châtrer les mâles.

L'opération pour la castration des lapins est très-simple ;-elle se pratique en saisissant avec le pouce et les deux premiers doigts de la main gauche, l’un des testicules que le lapin cherche à rentrer intérieurement. Lorsque l'opérateur est parvenu à le saisir, il fend la peau longitudinalement avec un instrument très-tranchant ; il fait sortir ensuite le corps ovale qu’il a saisi, il l'enlève et le jette ; après en avoir fait autant de l’autre côté, il

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