‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 450 sur 467 · NOURRITURE DES LAPINS · texte numérisé non relu

NOURRITURE DES LAPINS

; frotte avec un peu de saindoux la partie, ou bien il fait une ligature avec une aiguillée de fil, ou même encore 1l laisse agir la nature, qui guérit toujours cette plaie lorsqu'elle a été faite avec quelque adresse. Cette opération les dispose à grossir considérablement et donne du prix à leur peau.

$ VI. — Maladies des lapins.

Il faut éviter de donner trop d'herbe verte et suc. culente anx lapins ; un grand nombre meurt d’indigestion, d’autres sont attaqués d’une maladie qui est commune chez eux, et qui est occasionnée par un amas d'eau assez considérable qui séjourne dans leur vessie et qui les fait périr; cette maladie est appelée communément dase, gros ventre, etc. ; dans ce cas, il faut les mettre à la nourriture sèche, leur donner du regain, de l'orge grillée, des plantes aromaliques, telles que le thym, la sauge, le serpolet, etc. et leur fournir:de l’eau à discrétion. Il faut séparer les malades de ceux qui se pertent bien, surtout s'ils sont attaqués d’une espèce d'étisie dans laquelle ils deviennent d’une maigreur exirême,etse couvrent d’une gale contagieuse dont il est très-difficile de les guérir; cette maiadie, qui les attaque dans leur jeunesse, arrête 1eur croissance, les attriste, leur ôte l'appétit : elle les fait enfin mourir dans de fortes convulsions, et Si elle n’est pas arrêtée à temps, elle peut gagner tout le ciapier, On l’attribue généralement à 1 humidité. 11 faut se hâter d'empêcher sa propagation en faisant périr les animaux qui en sont attaqués.

Les petits sont aussi sujets à une maladie d’yeux qui les fait périr en peu de temps, et qui les attäque vers la fin de leur allaitement. Cette maladie paraît être occasionnée par les exhalaisons putrides de la loge mal soignée; lorsqu'on s’en aperçoit à temps, on peut les sauver en les transportant dans une cabane propre avec de la paille fraiche.

Peu de temps avant de prendre les lapins domestiques, il faut leur faire manger quelques plantes aromatiques pour leur donner du fumet ; on peut aussi mettre dans leur corps, après les avoir vidés, ou dans leur assaisonnement, quelques feuilles de bois de Sainte-Lucie, ou bien frotter l'intérieur de leur ventre et leurs cuisses avec la grosseur d’une noisette environ de feuilles de bois de Sainte-Lucie, des fleurs de mélilot, de thym et de serpolet, réduites en poudreet mélées avec une égale quantité de beurre frais et de lard. Ces préparations donnent aux lapins de clapier une saveur qui approche tellement des lapins sauvages, que les connaisseurs les plus exercés y sont trompés.

Les peaux de lapin sont d’une défaite avantageuse et facile, l'hiver surtout; eïles sont venducs 50 à 60 francs le cent ; on n’en tire qu'environ la moitié de ce prix pendant l'été, à cause de la mue de l'animal ; aussi ceux qui se livrent en grand à ce genre de commerce doivent-ils avoir soiu de faire tous leurs élèves l'été, afin de pouvoir les vendre six à huit mois après, vers janvier.

$ VII. — Des meilleures races de lapins.

1° Race riche. Son poil,en partie d’un gris argenté, et en partie de couleur d’ardoise plus ou moins foncée, est plus long, plus doux et plus soyeux que celui du lapin gris ordinaire ; sa peau est employée comme fourrure dans plusieurs pays du nord, surtout en Suède ; elle se vend ordinairement le double des peaux de lapins communs,

L'élève de la race d’Angora (/ig. 317) est plus

Fig. 317.

546 ANIMAUX DOMESTIQUES : DU CHIEN. Lait

commune; son poil long, soyeux et touffu,est d’un | fait, c’est-à-dire vers 6 ou 8 mois. Pour renouveler excellent usage dans la bonneterie, et la mue seule | les mères, il convient de préférer les femelles qui de l’animal est un produit assez remarquable. On se ! sont nées vers le mois de mars; elles sont alors disprocure son poil, soit en le peignant souvent, soit | posées à prendre le mâle vers le commencement de en l’arrachant presqueentièrement 2 ou 3 fois pen- | novembre, et l’on est à même de vendre leur predant l'été, particulièrement le long du dos, du cou, | mière portée dans le courant de l'hiver ; on peut des côtes et des cuisses; il faut avoir soin de lais- | compter sur un produit annuel de 200 lapereaux ser aux mères le poil du ventre, parce qu’il est | dans un clapier composé seulement de 8 mères grossier et qu’elles s’en servent pourfaireleurs nids. | bien .entretenues ; alors la dépense d'entretien et Les lapins vivent 6 à 8 ans dans les garennes | de nourriture en son, avoine et menus grains, domestiques ; les mâles perdent une partie de leur | peut être évaluée à 80 francs. Ce résultat est revigueur vers l’âge de 5 à 6 ans; ils peuvent | levédans un établissement de ce genre, dans lequel #lors être engraissés; il faut en faire autant des | le propriétaire a écrit avec le plus grand soin les femelles avant l’âge de 5 ans. recettes, dépenses et pertes de toute espèce ; atten- La manière la plus ordinaire de tuer les lapins | tion bien rare chez la plupart de ceux qui s’occude clapier est vicieuse ; on leur donne un coup der- | pent de cet objet. Il peut contribuer à déterminer rière les oreilles et le sang se fixe en abondance | chaque propriétaire peu fortuné à élever une pedans le cou; il faudrait les tuer cemme des vo- | tite quantité de lapins. Cette éducation partielle lailles, et les suspendre ensuite par les pattes de | ne présente ni inconvénient ni difficulté; elle proderrière : alors tout le sang coule, et la chair est | curera ainsi une nourriture saine et un revenu certrès-nette. tain ; et toutes ces petites entreprises réunies of- Lorsqu'on veut garder des lapins pour faire race, | friront une masse suffisante pour l’approvisionneon doit unir constamment les plus beaux individus | ment de nos manufactures, et pourront même sans souffrir de mésailiance, et sans permettre | fournir au commerce extérieur. qu’ils s’accouplent avant leur accroissement par- Baron de SILVESTRE, de l'Institut.

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