DU CHIEN DE GARDE
des suifs qw’on appelle pain de crétons. il ne faut Jamais leur donner à manger de la chair des bêtes à laine; si on les accoutumait à cette nourriture, ils prendraient aussi l’habitude de mordre les bêtes du troupeau par avidité pour leur sang.
Les mêmes chiens, élevés de la même façon, servent également à la conduite et à lagarde des vaches et des bœufs, des porcs, des ânes, des chèvres, et généralement de tous les quadrupèdes que l’on mène paître ou que l’on fait voyager en troupes.
$ I1. — Du chien de garde ou de basse- cour.
Le chien de garde se forme seul: son instinct lui suffit. S’il a de l'oreille, du nez, de la voix, de la vigueur, ilest parfait dans son espèce.
Un chien de basse-cour qui le jour est errant de tous côtés et se familiarise avec les hommes, est un mauvais gardien de nuit.
Il perd la perfection de son odorat, accoutumé à fairer trop de personnes. Il vaut donc mieux le tepir enchaîné ou dans une loge grillée pendant le jour et ne lui donner sa liberté que le soir, afin qu’il connaisse tous les gens de la maison, il faut le lâcher au moment où ils sont à table; il les flaire, et, si s'ils sortent la nuit, ilne leur dit rien. Une attention utile est de placer la loge du chien de manière qu'il voie tout ce qui entre dans la maison. I] peut ainsi avertir de tout ce qui se passe.
Il y a des chiens de petite taille plus actifs et plus vigilans que des chiens de haute taille, parce qu'un rien les excite à aboyer. A vigilauce égale, les grands et forts chiens doivent être plus recherchés ; quoique quelques-uns ne soient pas courageux, la plupart sont en état de se battre contre des voleurs qui ne seraient armés que de bâtons. D'ailleurs les voleurs les craignent, et cette
.Crainte est salutaire. Il est donc nécessaire de ne
se pourvoir que de chiens de bonne race; mâtins, dogues et boule dogues ou croisés de ces 3espèces. Les boulesdogues sont excellens pour la défense personnelle, principalement dans les courses ou rondes de nuit et dans les visites sous bois. II faut les habituer à l’attaque en leur criant à moi! les encourager en leur disant #iens bon! et leur faire lâcher prise par les mots à bas!
Il est bon qu’une ou deux personnes au plus, toujours les mêmes, donnent à manger aux chiens de garde, afin qu’ils prennent l’habitude de n’en pas recevoir des autres; car les chiens qui prennent de la nourriture detoutes les mains en prennent aussi de celles des voleurs qui les apaisent facilement en leur donnant quelque substance narcotique mêlée à des alimens. Pour donner plus de défiance aux chiens de garde sur la nourriture qui leur est présentée par des inconnus, on peut charger des mendians et des étrangers de teur donner du pain et de la viande dans lesquels on aura mis une bonne dose d’extrait de coloquinte: un chien ainsi trompé 5 à 6 fois se gardera bien désormais ‘de recevoir aucun aliment offert par d’autres personnes que celles de la maïson.
A. Chien mätin (Canis familiaris laniarius). Tête allongée, front plat, oreilles dressées à la base et pendantes à l’extrémité; pelage fauve, rayé de noir, poil court sur tout le corps, plus long sur les jambes et la queue ; queue relevée, jambes hautes, corps gros et long. Longueur du museau à l’aaus 3 pieds; hauteur au train de devant 2 pieds. Il est d'excellente garde, et réunit la force, le courage, la vigilance, l'intelligence et la fidélité.
Le dogue, Museau gros, court, plat ; nez retroussé et parfois fendu jusqu'aux dents ; lèvres épaisses et pendantes; tête grosse, large, presque cubique ; oreilles pendantes à l’extrémité seulement ; cou gros et court, jambes courtes et épaisses ; COrps gros et allongé; queue relevée et recourbée en avants; poil ras; museau et extérieur des oreilles noirs; longueur 2 pieds 6 à 8 pouces ; hauteur 16 à 18 pouces, Intelligence bornée, très brave, trèsfort et très-attaché à son maître.
Le dogue de forte race (fig. 119), produit du mâ-
tin et du dogue, tient plus de ce dernier pour la forme et les proportions ; pour la taille il égale et dépasse même le mâtin ; il réussit mieux en France que le dogue. Rien n’égale sa force et son courage lorsqu’il est bien tenu: il va jusqu’à la férocité ; sa voix est épouvantable; il est à la vérité moins intelligent et moins éveillé que le mâtin : aussi ce dernier lui est-il préférable comme surveillant.
La nourriture de tous ces chiens est la même que celle des chiens de berger ; on y ajoute lesrestes de la cuisine, les eaux grasses dans lesquelles on met détremper leur pain. On doit mettre, surtout dans les grandes chaleurs et dans lesgrandes gelées, de l’eau fraiche et abondante à la portée des chiens enchaïinés ou enfermés, à cause de leur disposition à contracter la rage.
Lorsqu'on veut élever soi-même des chiens de garde ou de berger et qu’on a fait choix de la mère et d’un père ayant toutes les qualités qu’on veut obtenir des élèves, il faut attendre que la femelle entre en chaleur, ce qui n'arrive que 2 fois l'an, et pendant 15 jours ; on enferme alors le mâle avecelle de temps en temps, et on ne souffre pas que d’autres chiens en approchent. Les femelles ne doivent pas porter avant 18 mois et pas après 8 ans, ou du moins en deçà etau delà ieurs petits peuvent ne pas présenter tous les avantages de vigueur qu'on pourrait en attendre. Pendant la gestation, qui est de 62 à 63 jours, la mère doit être nourrie abondamment et exercée sans fatigue.
Au moment de la mise-bas it faut lui disposer dans un lieu obscur et tranquille, où l’air se renouvelle facilement, un lit de foin. Les portées sont ordinairement de 6 à 8 petits, mais il est bon de n’en laisser que 2 ou 3, 4 au plus à la mère. Leur allaitement doit cesser entre 2 et 3 mois.
Il faut le plus tôt possible accoutumer les petits chiens à manger: on leur présente d’abord du lait tiède dans un vase de terre plat, et l’on a soin de ue leur en donner à la fois qu’une petite quantité, parce que s’il n’était pas consommé sur-le-champ, il s’aigrirait ct leur donnerait la diarrhée : on se dispense ensuite de faire tiédir le lait : plus tard on y ajoute du pain émietté, et on les habitue graduellement à la nourriture de leur mère. On leur donne des os quand leurs dents ont acquis la force nécessaire pour les broyer, la mastication de ces corps durs fortifie les muscles des mâchoires. Mais il ne faut donner les os aux chiens qu’après leur repas ; si on les leur jetait auparavant, ils dédaigneraient tout autre aliment.
Quoique le chien soit carnivore, l’éducation a
tellement modifié ses habitudes, que l’usage exclusif ou trop abondant de la viande l'allourdit, engourdit sa vigilance, et le dispose à certaines maladies. On doit éviter dans ses alimens l’excès de graisse, d’assaisonnement et de chaleur.
. Les chiens ne doivent faire que deux repas par Jour ; celui du matin surtout doit être peu abondant : car lorsque ces animaux ont entièrement satisfait leur appétit, ils sont lourds et se lassent facilement ; il ne faut pas souffrir qu'ils boivent lorsqu'ils sont échauffés par un violent exercice, à moins qu'ils ne doivent le continuer.
La loge des chiens de basse-cour doit être faite de planches, et élevée au-dessus du sol : elle doit être spacieuse, garnie de paille ou de foin souvent renouvelés, surtout en été, pour les débarrasser de la vermine qui s’y multiplie à l'infini et de la mauvaise odeur dont simprègne cette litière, Pen-
Fig. 319.