LIV. LE
et on injecte doucement une certaine quantité d’eau ou d’un liquide émollient pour délayer le poison, puis on retire le piston, on fait le vide et on aspire les matières tenues dans lPestomac. On combat les accidens qui peuvent survenir, ou même on prévient leurs développemens à l’aide de la saignée, des sangsués , des scarifications, des breuvages émolliens et mucilagineux, des lavemens émolliens rendus un peu laxatifs par le sulfate de soude, par la diète, enfin par tous les moyens antiphlogistiques.
À. Empoisonnement par l'arsenic blanc et les autres préparations d'arsenic.—L’'arsenic blanc est une poudre bianche qui, placée sur des charbons ardens, répand une odeur d ail. Elle détermine: haleine fétide, chaleur extrême ou froid glacial, respiration difficile, anxiété, douleurs très-vives manifestées par des cris, pouls presque imperceptible, Salivation abondante, efforts violens pour vomir, ou vomissemens sanguinolens ou de couleur noirâtre, déjections noires et fétides, tremblemens, hoquets, pissemens de sang, chute des poils, convulsions et mort.
Le meilleur traitement consiste à administrer l’eau hydro-sulfurée, ou un mélange de parties égales d’eau de chaux et d’eau sucrée, et lorsqu'on le peut, le peroxide de fer à forte dose. À défaut de ces substances, il faut avoir recours aux moyens généraux indiqués.
B. Empoisonnement par le sublimé corrosif et les autres préparations de mercure, par le vertde-gris et les préparations de cuivre. — Mêmes symptômes que pour l’arsenic blanc.
On adininistre l’acide hydro-sulfurique dissous dans l’eau, et à son défaut le blanc d'œufs, le lait étendu d’eau, ou le gluten végétal.
C. Empoisonnement par l'’émétique, le beurre d'antimoine et les autres préparations antimoniales. — 11 se manifeste par des vomissemens, des selles copieuses et très-fétides et un tel resserrement de la gorge que l’animal ne peut avaler qu'avec la plus grande difficulté. II y a suffocation, abattement complet et comme une sorte d'ivresse. Dans ce cas il faut, si cela se peut, provoquer promptement le vomissementet administrer ensuite 1 ou 2 grains d’opium ou 1 once de sirop diacode dissous dans 1 quart de litre d’eau sucrée, et on réitère 3 fois le médicament à { quart d'heure d'intervalle si les accidens ne sont pas calmés. A défaut de ces substances on fait bouillir pendant 1 quart d’heure 4 à 5 têtes de pavots daus un demilitre d’eau sucrée. Si le vomissement n’a pas lieu on fait bouillir pendant 10 minutes dans 2 litres d’eau 5 ou 6 noix de galle concassées, ou 1 once de quinquina, d’écorce de chêne ou de saule en poudre grossière. Dans les 2 cas on combat 1es accidens consécutifs par la saignée, les boissons mucilagineuses, etc.
D. L'empoisonnement par la pierre infernale Jondue produit des effets analogues : on le traite par le sel de cuisine fondu dans l’eau.
E. Empoisonnement par les acides. —Tous les acides concentrés, l’acide sulfurique (huile de vitriol), l’acide nitrique (eau forte), acide acétique (vinaigre de bois), le chlore (eau de Javelle), produisent sur les parties avec lesquelles ils ont été mis en contact, des escarres, blanches pour l’eau de Javelle, noires pour l'huile de vitriol, jaunes pour l’eau forte. Tous occasionnent des douleurs excessives sur tout le trajet du tube digestif, de violents efforts pour vomir, des vomissemens de couleurs variables, souvent mélés de sang, bouillonnant sur le carreau et tous les terreins calcaires, et rougissant l’eau de tournesol, hoquet, constipations ou selles copieuses et sanguinolentes, angoisses, haleine fétide, soif ardente, pouls fréquent et régulier, frissons, sueurs gluantes, urines rares, extrémités glacées, mouvemens convulsifs, abattement excessif, etc,
Il faut administrer une forte dissolution de savon, de la craie pulvérisée, de la magnésie purc, ou du carbonate de soude ou de magnésie, à la
dose de 2 onces pour 1 litre d’eau; on a recours ensuite aux moyens généraux indiqués plus haut.
F. Empoisonnement par les alcals concentrés.
—Lesalcalis, mais surtout l’ammioniaque liquide, la potasse et ia soude caustiques, et la chaux, agissent comme les acides, seulement la matière vomie ne bouillonne pas sur le carreau, est sans action sur l’eau de tourne sol et verdit le sirop de violetie. Après avoir provoqué le vomissement du poison,on traite par les boissons acidulées, l’eau aiguisée par du vinaigre, ou par quelques gouttes d’acide sulfurique ou hydrochlorique.
G. Empoisonnement par l'anémone, le bois gentil, la bryone, la clématite, la coloquinte, le concombre sauvage, la chélidoine,l'euphorbe officinal, l'épurge, le garou, la gomme-gutte, la £ratiole, l'herbe aux poux, la joubarbe des toits, le narcisse des prés, le pignon d'Inde, le palme de christ, ta renoncule de prés, la sabine,lu scamonée et le mancenillier. — L'animal éprouve : chaleur brüûlante de la bouche, de vives douleurs à la gorge, à l'estomac et au ventre, des nausées, de violens efforts pour vomir, suivis de vomissemens ou de selles abondantes : le pouls est fréquent, mais fort et régulier, la respiration gênée et accélérée, et si l'animal n’est pas secouru à temps, abattement extrême, pouls imperceptible, convulsions ou roideur des membres, cris plaintifs, et mort. é
Traitement. — S'il n’y à qu’abattement, on saigne et administre une infusion de café, de quinquina, d’écorce de chêne, de saule ou d’autres plantes amères,du campbhredissous dans un jaune d'œuf, etc., S'il y a convulsions et délire, l’opium, le sirop diacode et la décoction de tête de pavots.
H. Empoisonnement par l'opium, la morphine, la Jusquiame, la laitue vireuse, la morelle, la solarune, l'if, l'erse, les morviaux. — Ces poisons agissent également, soit qu’on les applique sur la peau, soit qu’on les administre à l’intérieur; ils produisent stupeur, engourdissement, somnolence légère d’abord, puis insurmontable ; ivresse, regard hébété, prunelles dilatées, délire, convulsions légères, paralysie des membres postérieurs, suftocation et vomissemeps.
Traitement, — 1 faut d’abord faire vomir l’animal, mais même, après l'évacuation du poison, la mort pourrait survenir, sion n’administrait toutes les cinq minutes et alternativeraent, 1 quart de litre d’eau acidulée avec du vinaigre ou du jus de citron, une infusion de café ou d’autres plantes amères, et si on ne faisait sur les membres de fortes frictions sèches avec une brosse; si Passoupissement persiste il faut saigner l’animal à !a jugulaire.
I. L'empoisonnement par les champignons produit des tranchées, des envies de vomir, des évacuations par haut et par bas, une soif ardente, quelquefois de l'ivresse, du délire, de la somnolence souvent interrompue par des convulsions; le pouls est petit, dur et fréquent; il survient prostration, syncope, sueurs froides, mort.
Ces symptômes ne se développent en général que de 5 à 24 heures après le repas. On les combat par les vomitifs et les purgatifs, au besoin par les lavemens de tabac et ensuite par l’éther étendu d’eau, la fleur d'orange, les boissons et lavemens mucilagineux, etc., quelquefois par la saignée.
J. Empoisonnement par la strichine, la coque du Levant, les upas, le camphre et la noix vomique. Déterminent une roideur générale et convulsive, la poitrine se dilate avec peine, il y a suifocation, puis mort. Les effets de quelques-unes de ces substances sont intermittens, toutes exercent la même action, soit qu'on les applique à l’extérieur, où qu'on les administre à l’iutérieur.
On cherche d’aburd à faire rejeter le poison, puis on s'oppose à l’asphyxie en insufflant de l'air dans les poumons, et on combat les effets consécutifs en dounant en plusieurs fois une potion composée de 2gros d’éther, 2 gros d'huile de térébenthine, dans 2 onces d’eau.
K. Empoisonnement pur le tabac, la belladone, la digitale pourprée, la ciguë, la mandragore,