‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 462 sur 467 · LIV, HIT · texte numérisé non relu

LIV, HIT

jours pendantes et trainantes sur le sol ; elle a une fort grande aptitude à s’engraisser, mais pond des œufs très-petits ; elle s’accouple facilement avec le faisan et donne naissance à un métis plus facile à élever et d’une chair presque aussi délicate que le faisan pur. On l’emploie de préférence à toute autr pour couver les petits œufs d'oiseaux qui seraient écrasés par le poids des poules communes.

3° Les poules russes (fig. 322), connues aussi

sous le nom de poules américaines, de poules de Padoue, sont remarquables par le développement extraordinaire de leurs membres, surtout de leurs pattes très-longues et très-vigoureuses ; leur queue et leur crête sont peu développées, leur chant, dans l’âge adulte, diffère du coq commun; il est moins aigu, moins prolongé, mais plus grave et comme enroué. Leurs œufs sont ordinairement moins gros que ceux de beaucoup d’espèces communes et teints d’une légère nuance aurore ou jaupâtre. Les poussins de cette variété sont beaucoup plus difticiles à élever que les poussins ordinaires. Ils naissent presque sans duvet et arrivent à une taille assez forte avant d’avoir pris des plumes. Aussi redoutent-ils les intempéries des saisons presque autant que les jeunes dindons.

Ceperidant on les recherche volontiers, à cause de leur fécondité, de leur précocité et de la plus grande quantité de chair qu’elles produisent.

$ I. — Qualités à rechercher dans un coq ou une poule.

Un bon coq doit avoir une taille élevée, un plumage noir ou rouge-brun très-luisant, des pattes larges armées d'ongles épais et de forts ergots, des cuisses charnueset bien fournies de plumes,une poitrine large, un cou élevé, une crête droite et d'un rouge vif, les ailes fortes, la queue longue et courbée en forme de faucille, les plumes du cou longues, luisantes et retombant jusqu’au-dessous des cuisses; il doit avoir un œil noir, sec et ardent, une démarche fière, les mouvemens vifs ; en un mot, il faut que tout son extérieur annonce la hardiesse et la force.

Un bon coq est toujours près de ses poules, il veille sur elles avec un soin jaloux,les rappelle avec colère dès qu’elles s’éloignent et s’approchent d’un autre coq,et va fièrement présenter le combat à l'intrus ; il n’attaque jamais les chapons et les laisse manger tranquillement parmi ses poules ; lorsqu'on lui done de la nourriture ou qu’il en découvre, il rassemble ses poules, la leur partage et y touche à peine jusqu’à ce qu'elles soient rassasiées.

ll peut facilement servir 10 à 12 poules. S'il devenait mou et paresseux par suite du refroidissement de la température ou d’une nourriture trop rafrais chissante, il faudrait le nourrir d’alimens excitans.

Le coq commence à cocher dès l’âge de 3 mois, et sa grande vigueur dure 3 à 4 ans; ce moment arrivé, ilfaut le remplacer par un plus jeune.

Une bonne poule doit être noire #t de moyenne grosseur, elle doit avoir la tête grande, l'œil vif, le cou épais, la crête rouge et pendante et les pattes bleuitres. Une poule trop grasse pond des œufs im-

arfaits,c’est-à-dire sans coquille et seulement entourés d’unemembrane flexible et sans solidité, desorte

u'il est impossible de les conserver parce qu’ils æ brisent et que le contact de l’air les décompose.

cHAP. 20.

Il est des poules qui cassent et mangent nonseulement les œufs qu’elles ont pondus,mais encore ceux des autres volailles; il faut les mettre à part, se hâter de lesengraisser et de lestuer. Sitôt qu’une poule chante comme le coq, elle devient impropre à la ponte, ses œufs sont petits et n’ont presque point de jaune : il faut aussi l’engraisser et la tuer.

$ II. — Fécondité des poules.

Les poules n’ont pas besoin d’être cochées pour produire des œufs, mais les poules vierges produisent moins et leurs œufs sont impropres à l’incubation. On prétend qu’ils sont plus délicats et se conservent plus longtemps. Une bonne poule pond chaque année de 120 à 150 œufs. En général elles pondent presque toute j’année, excepté au temps de la mue, c’est-à-dire pendant les mois de novembre et de décembre ; néanmoins si, pendant ce temps, on les nourrit bien et qu’on maintienne dans le poulailler une bonne température, elles pourront donner de 3 à 4 œufs par semaine. Les jeunes poules commencent à pondre vers l’âge de 10 mois; elles produisent des œufs plus petits et sont moins propres à l’incubation; on choisit pour couver, les plus grosses, les mieux emplumées et celles qui craignent le moins l’approche de l'homme et des animaux. Chez quelques poules le désir de l’incubation se manifeste 5 ou 6 fois dans l’année; chez d’autres 1 ou 2 fois seulement. Un fermier intelligent tirera parti de ces dispositions. Toutefois il peut se trouver qu’on ait plus d'intérêt à faire pondre les poules qu’à les faire couver, et alors il faut leur faire passer le #ésir de couver en les enfermant seules dans une cage, dans quelque lien frais, obscur et loin de tout bruit. On les laisse ainsi 2 jours sans les visiter, sans leui donner ni à boire ni à manger,ce quiéteint ordinairement l’espèce d’inflammation nerveuse qui les excitait à l’incubation. Si au contraire le besoin de couveuses se fait sentir, on peut les disposer à couver par une nourriture très-excitante, en leur déplumant le dessous du ventre, etenflammantla partie déplumée en la frottant avec des orties, ou quelque liqueur alcoolique. Les poules qui se disposent à couver pondent chaque jour, et même quelquefois deux fois par jour. On reconnaît que le moment de l’incubation approche lorsqu’elles cessent de pondre et qu'elles gloussent presque continuellement, que leur démarche est inquiète et que leur ventre se dégarnit de plumes,devient brûlant, et qu’elles se posent d’elles-mêmes sur tous les œufs qu’elles rencontrent. Il faut alors préparer dans un endroit séparé du poulailler, chaud, sec,à l'abri des fourmis et autres animaux, un nid bien garni de foin. Ces nids consistent en paniers d’osier de la grandeur de la poule, que l’on ferme par un couvercle à claire:voie pour laisser pénétrer l’air,et quel’on recouvre d'une toile pour intercepter le bruit et la lumière. On peut donner à une poule une douzaine d'œufs à féconder, si la couvée a lieu pendant un temps froid, parce qu’il est plus difficile alors d'échauffer les œufs ; en été, on peut lui en donner de 15 à 18, si elle est large et en état de les bien couvrir. Les œufs les plus propres à être couvés sont ceux des poules d’un an qui ont été couvertes par un jeune coq; ils ne doivent pas avoir plus de 20 jours, ne doivent pas surnager sur l’eau, et doivent être transparens lorsqu'on Îes examine au soleil.

La poule couve avec tant de constance qu’elle se laisserait souvent mourir d’inanition sur ses œufs, si l’on n’avait soin de l'en ôter pour la faire boire et manger, au moins une fois par jour. On profite de son absence pour mettre de côté les œufs cassés ou froids; mais il faut se garder de les remuer, la poule les retourne elle-même quand cela est nécessaire. Quelques ménagères placent auprès d'elles de l’eau et du grain pour qu’elles puissent manger sans se déplacer; cet expédient est même le meilleur, lorsque les couveuses sont en petit nombre et très-tranquilles.

Dans les temps chauds et secs, il faut avoir soin de baigner chaque jour les œufs dont l'incuba-

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