‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 463 sur 467 · DE LA POULE ET DU COQ · texte numérisé non relu

DE LA POULE ET DU COQ

tion est avancée, pour leur conserver l’humidité nécessaire à l’éclosion.

Au bout de 20 à 22 jours tous les poussins doivent éclore. Le poulet, jusqu’alors roulé en boule avec son bec sous ] aile droite comme un oiseau endormi, commence ordinairement, le matin du 22° jour, à se frayer un chemin à travers la coquille, On visite alors le nid, et on jette les œufs clairs ou pourris. Si la coque de l’œuf est très-dure, on favorise la sortie du poussin en frappant avec précaution sur le gros bout de l’œuf, et en détachant avec une épingle les morceaux brisés de la coquille. Si le petit a commencé à se faire jour, mais qu'’ilsoit trop faible pour se dégager entièrement, on ranime ses forces en lui faisant avaler dans une cuillère quelques gouttes de vin.

Les chapons, les vieux cogset les dindes peuvent aussi couver les œufs et conduisent ensuite les poussins avec autant de vigilance qu’une poule,

$ II. — Education des jeunes poulets.

Quand tous les poussins sont éclos on les sort du nid avec leur mère et on les place dans un endroit chaud où ils puissent se promener sans danger. Le premier jour, leur bec étant encore trop tendre pour qu’ils puissent manger, on soutient leurs forces avec du vin.

Tous les soirs on les replace dans le panier où ils ont été couvés, pour que leur mère les tienne chaudement sous ses ailes pendant la nuit. La première pourriture qu’on leur distribue doit être de la mie de pain trempée dans du vin, ou mélée avec des œufs durs hachés très-menu ; puis, lorsque leur bec commence à se durcir, on leur donne des criblures de blé ou autres grenailles fines. On la leur distribue sous une cage Fig. 323.

(fig. 323) dont les barreaux sont assez espacés pour laisser pénétrer les poussins, mais pas assez pour donner passage aux volailles. Z

La mère veille à tous leurs besoins avec Ja plus vive tendresse, les appelle dès qu’elle a troùuvé quelque nourriture, et ne mange elle-même que lorsqu'ils sont rassasiés ; elle les réunit et les couvre de ses ailes au moindre danger et se jette avec courage sur tous les ennemis qui les menacent. Dès que les poulets ont pris de la force, la mère les mène plus loin, dans les cours, les écuries et les jardins, où non-seulement ils trouvent à se nourrir d'insectes et de graines, mais encore de verdure ; cependant, quelque abondante que soit la nourriture qu’ils puissent rencontrer, il faut avoir soin de leur en distribuer dans la basse-cour, pour les accoutumer à y revenir et à y rester.

La nourriture ordinaire des poules se compose de criblure et de son bouilli. L’orge moulue ou à demi-cuite leur est très-profitable et leur fait pondre de gros œufs. Si elles ne sont à portée d'aucune verdure, on fera bien de leur en jeter quelquefois pour les rafraîchir. 4 onces de grains par jour suffisent à celles qui sortent, et 6 à celles qui sont renfermées. On leur donne aussi des fruits gâtés, des pommes de terre cuites, etc. Le moyen le plus économique de donner le grain aux poules est de le leur distribuer moulu, délayé, et formant une sorte de bouillie ou de pâte. ;

Dans quelques parties de l’Angleterre on se sert, pour nourrir les poules, d’une espèce de trémie

#3. 324) qui permet de De pes perdre une parcelle

e grain ; elle se compose d’un coffre qui communique par de petits trous avec un réservoir à compartimens placé au-dessous, Et comme il ne faut pas moins que la présence d’une poule sur les barres transversales qui se trouvent au bas pour soulever les couvercles des réceptacles inférieurs, les petits oiseaux ne peuvent y puiser.

Pour économiser le grain, on a imaginé de fournir aux poules les vers dont elles sont avides, en établissant des verminières ; on les prépare en creusant une fosse dont on tapisse le fond d’un lit de paille de seigle hachée très-menu d'un demi-pied de

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Fig. 324.

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hauteur; on recouvre cette paille d’une couche de crottin de cheval, et ensuite d’une autre couche de terre sur laquelle on répand du sang de bœuf ou de tout autre animal, avec du marc de raisin, de l’avoine, du son, des tripailies, des charognes, etc., et ainsi de suite, jusqu’à ce que la fosse soit remplie. On recouvre le tout de broussailles et de larges pierres pour empêcher la volaille d’y gratter.

Cette espèce de couche ne tarde pas à entrer en putréfaction, et à donner paissance à des milliers de vers et d'insectes. Chaque matin un homme tire, en trois ou quatre coups de bêche, la portion de la journée, et la répand dans un coin de la basse-cour : car il serait dangereux 1e laisser la volaille en manger à discrétion. Ce supplément de nourriture entretient la santé des poules, leur aiguise l’appétit et accélère la ponte.

$ IV. — Conservation des œufs et des plumes.

Les œufs doivent être placés dans des endroits secs, Sans que la température y soit trop élevée. L'air extérieur, communiquant par les peres de la coquille avec Pair qui se trouve à l'intérieur, déterminerait bientôt la décomposition et l'évaporation graduelle de l’œuf, si on ne l'intercepiait en couvrant la coquille d’un enduit, la trempant dans l'huile ou la couvrant d’eau de chaux, de grain bien sec, de sable pur ou de sciure de bois.

Les plumes doivent être arrachées aussitôt après la mort de l'oiseau et pendant qu’il est encore chaud, autrement elles manqueraient de cette &asticité qui fait leur valeur et pourraient se gâter. Il faut se hâter de les faire sécher au four de peur qu'elles ne s’échauffent et s’attachent ensemble. On plumait quelquefois les poules vivantes avant le moment de la mue, mais cette pratique cruelle est généralement abandonnée aujourd’hui,

$ V.— Du chapon et des poulardes.

La castration des coqs s’opère dans le but de rendre leur chair plus grasse et plus délicate ; on la pratique ordinairement au printemps ou en automne, car les chapons qu'on coupe en été sont souvent attaqués de la gangrène. C'est à l’âge de quatre mois, ou environ, qu'il convient de châtrer les coqs. Pour faire cette opération, on se munit d’un instrument bien tranchant et d’une aiguille enfilée d’un fil bien ciré, et on procède ainsi :

Un aide assujettit l'animal sur le dos, la tôte en bas, pour que l'intestin, refoulé vers la poitrine, ne Soit pas aussi exposé à être blessé par l'instrument avec lequel on ouvre je ventre ; le croupion tourné vers l'opérateur, la cuisse droite tenue le long du corps, et la cuisse gauche portée en arrière, afin de découvrir le flanc gauche sur lequel sera faite 1 InciSIOn. C'est en bas de cette région que l’opérateur, après avoir arraché les plumes, fait une inci- Sion qui pénètre dans le ventre et doit être assez grande pour qu'on puisse y introduire Je doigt. Il est prudent, au moment où on fait cette incision, de soulever un peu les parois du ventre qu’on incise, pour les écarter des intestins, et être plus sûr de ne pas atteindre ces viscères avec l'instrument.

ANIMAUX DOMESTIQUES : DES OISEAUX DE BASSE-COUR

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