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Si quelques portions intestinales tendent à s’échapper par la plaie, opérateur les retient ; puis introduisant le doigt indicateur dans l’abdomen, il le dirige vers la région des reins, un peu sur le côté gauche de la jigne médiane : là il sent un corps à surface lisse, du volume d’un petit haricot, et peu adhérent ; il l’arrache, et Pattire jnsqu’à l’ouverture par laquelle il le fait sortir. Ce corps échappe quelquefois avant d’être extrait, et ne peut se retrouver; mais il ne faut pas s’en inquiéter, car s’il a été bien détaché, il peut rester dans le ventre sans inconvéniens. On procède de la même manière pour le second testicule, qui se trouve à côté du premier à droite de la ligne médiane; puis on rapproche les lèvres de la plaie, qu’on maintient en contact par quelques points de suture, et l’opération est terminée. Les soins à donner à l'animal après la castration consistent à le placer pendant quelques jours dans un lieu à température douce, où il ne puisse faire d'efforts pour se percher, et à lenourrir avec de la farine et du son délayés dans de l’eau. On châtre les poules dans le même but. On leur arrache les plumes qui se trouvent entre le croupion et la queue; on trouve précisément sousle croupion une petite élévation formée par un petit corps rond qui se trouve dessous ; on y pratique upe incision en travers et assez large seulement pour pouvoir y introduire le doigt et faire sortir cette grosseur qui ressemble à une glande, c’est l'ovaire. On la détache, on coud ensuite la plaie, on la frotte avec de l’huile et on la saupoudre de cendre.
$ VI.— Engraissement des chapons et des poules.
Quand on veut engraisser un chapon ou une poularde, on les met dans une épinette ou. mue, espèce de cage composée de plusieurs loges assez étroites pour que la volaille ne puisse pas sy remuer, et disposée de manière que la tète de l’animal scrte par un trou. Le plancher de cette cage est à claire-voie, et donne passage aux excrémens. Au-dessous du trou dont nous avons parlé, se trouve une petite auge qui règne tout le long des cellules et contient la nourriture. On place ces mues dans un endroit chaud et obscur, Au Mans on fait avaler deux ou trois fois par jour à la volaille 7 à 8 boulettes de farine de millet, maïs, sarrasin, orge et avoine trempées dans de l’eau ou du lait, sans leur donner à boire. Au bout de quinze jours elles sont chargees de graisse.
$ VII. — Maladies des poules,
Les maladies des volailles sont généralement le résultat d'une mauvaise nourriture, de la disette ou de la malprapreté de l’eau, et de l'infection des poulaillers ; aussi une bonne alimentation, une eau souvent renouvelée et des soins de propreté sent les remèdes les plus convenables. — Outre les signes particuliers de chaque maladie, on reconnaît qu'une poule est malade aux caractères suivans : sa crête pâlit. ses plumes se ternissent, se hérissent, sa démarche devient lente et triste.
1° De la pépie. — Cette maladie, (ui attaque fréquemment la jeune volaille, a presque toujours pour cause la disette ou la malpropreté de l'eau. La poule cesse de manger et de boire, a l'air triste et se tient à l'écart; sa voix devient rauque et frêle, elle ouvre souvent le bec comme si sa respiration était gênée, et remue la tête comme pour éternuer ; sa langue prend une teinte jaunâtre, et on voit bientôt se développer à son extrémité une pellicule cornée d’un blanc mat qu'il faut enlever doucement avec une aiguille ou un canif; on lave ensuite la plaie avec du vinaigre, et on l’enduit de beurre frais; on tient l’animal enfermé quelques jours, et on le nourrit de son mouillé. j
2° Maladie du croupion.— Yile est produite par la malpropreté et l'infection du poulailler ; elle s’annonce par la constipation. La poule devient triste, sa démarche est lente, sa tête penchée; elle ne gratte plus, son sommeil est pénible, sa queue trainante et ses plumes hérissées ; il se forme audessus du croupion une tumeur que l'on incise
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avec un couteau bien tranchant; on donne issue au pus en la pressant avec les doigts, et on lave la plaie avec du vinaigre, de l’eau ou du vin sale. Pendant la convalescence, il faut soumettre la poule à un régime rafraichissant, lui donner de la laitue, du son d’orge ou du seigle bouilli.
3° Diarrhée.— Cette maladie est occasionnée par uve trop grande quantité de nourriture humide ; on nourrit les poules qui en sont attaquées avec des pois cuits, de l'orge ou du pain trempé dans du vin; lorsqu’elle persiste, on leur fait prendre une infusion de camomille dans du vin chaud.
4° Constipation. — Elle est due en général à une trop grande quantité de nourriture sèche et échauffante, comme l’avoine et le chènevis. On reconnaît qu'une poule en est atteinte lorsqu'elle s’arrête souvent comme pour fienter sans résultat; on lui fait prendre alors une ou deux cuillerées d’huile d'olive, et si le mal s’opiniâtre, ou qu’elle se refuse à ce remède, on lui donne un peu de manne délayée dans de l'eau avec de la farine de seigle et un peu de jaitue hachée bien meuu. d
5° La goutte. — On reconnaît cette maladie à la roideur et quelquefois au gonflement des jambes, et à l'impossibilité où les poules se trouvent de se tenir sur les perches du poulailler. Elle est causée par l'humidité. Il suffit detenir les poules dans un endroit sec et chaud pour la faire disparaître.
6? La toux est une des maladies les plus fatales aux poules, Celles qui en sont attaquées font entendre une toux sourde, elles sont haletantes et souvent même menacées de suffocation par l’accumulation dans les voies respiratoires d’un grand nombre de petits vers rouges dont on parvient à les débarrasser par des décoctions amères.
7° La roupie est une maladie qui se manifeste par un écoulement d'humeur par les narines, Les yeux de la poule sont éteints, on la voit trembler, se plaindre et bientôt mourir. Cette maladie est contagieuse ; on doit mettre à part les poules qui en sont atteintes, les tenir dans un endroit trèsceaud et leur donner une bonne nourriture.
8°.Pustule. — On remarque souvent sur le corps des volailles de petites pustules qui les font languir. Cette affection est aussi contagieuse; on séquestre l’animal qui en est atteint, et on lui fait prendre de la laitue hachée et de l’eau dans laquelle on a jeté des cendres de bois : on peut hâter la guérison en frottant les pustules avec de la crême ou du beurre frais.
9° Fracture. — Quand une poule s’est cassée la patte, la cuisse ou un ergot, il faut l’enfermer avec une bonne nourriture et de l’eau fraiche dans une chambre où elle ne puisse rien trouver pour se percher ; il faut se garder de lier la partie blessée, le repos suffit pour la guérir.
10° Plaies. — Les plaies qui résultent d’un combat ou d’un accident doivent être lavées tour à tour avec de l’eau-de-vie laudanisée et du beurre frais ; celles des yeux, avec de l’eau et de lait.
11° Vermine.— Est due à la malpropreté. Des soins de propreté suffisent en général pour la détruire. On emploie avec succès les lotions avec la décoction de cumin ou d’absinthe poivrée et l’eau de savon.
12° La mue est une maladie périodique commune à tous les oiseaux. Ils sont alors tristes et mornes, leurs plumes se hérissent, iis les secouent souvent pour les faire tomber ou les tirent avec leur bec; ils mangent peu ; quelques-uns succombent, surtout les poulets tardifs qui ne muent que dans le temps des vents froids d'octobre. Pour garantir la volaille des dangers de la mue, il faut la tenir chaudement, la faire rentrer de bonne heure, ne point la laisser sortir trop matin, à cause du froid et del’humidité, et la nourrir de millet et de chènevis.
SECTION I. — Du dindon.
Le dindon (fig. 325) est originaire d'Amérique. Il a été apporté en France sous François 1°". Sa couleur varie du noir au blanc; sa tête et son cou, presque entièrement dégarnis de plumes, sont recous verts des caroncules charnues qui passent rapide-