DU DINDON
Fig. 315.
ment du blanc au rouge et au bleu, selon l’état paisible ou animé de l’oiseau. Le mâle se distingue principalement de la femeile dans l’âge adulte par le développement de ces caroncules, qu’il peut allonger ou rétracter à volonté. Le milieu de son poitrailest garni d’une touffe de poils roides,ses pattes sont armées par derrière d’un éperon qui manque à la femelle, et sa queue se développe en forme de roue, comme celle du paon.
Le coq d’Irde est le maître des basses-cours; il tyrannise toutes les autres volailles, se livre facilement à de violentes colères, même contre les hommes, lorsqu'on le tourmente, lorsqu'on l’excite par des sifflemens ou par la vue d’étoffes rouges. Son éducation est plus difficile, mais plus profitable que celle d'aucun autre oiseau domestique.
La poule d’Inde ne commence guère à pondre qu’à un an ; elle aime à établir son nid dans deslieux ca. chés, dans des buissons, dans de hautes herbes, autour des fermes. Quand elle va à l'endroit qu’elle a choisi pour déposer ses œufs, elle examine attentivement si l’on suit ses pas; elle fait mille détours, elle emploie mille ruses pour échapper aux regards: la plupart du temps, elle parvient en effet à s’y dérober. 11 en résulte presque toujours que ses œufs sont perdus pour la fermière et deviennent la proie des chiens, des renards, des belettes ou des rats. Il n’y à qu’un seul moyen d’éviter les pertes résultant de ce pernicieux instinct; c'est de palper la poule tous les matins pour reconnaître si elle doit pondre dans la journée, et de la tenir enferiée jusqu’à ce qu'elle ait donné son œuf. Ordinairement elle ne pond que tous les deux jours, à moins que la saison ne soit très-chaude.
On lui met ordinairement 20 œufs dans son panier. Pendant l’incubation elle n’a pas besoin d’être entourée d’autant de précautions que les poules. Rarement on l’enferme dans un panier, on se contente d'établir son nid sur de la paille douce; on met devant elle à boireet à manger pour qu’elle puisse se satisfaire quand elle se sent pressée par la soif ou par la faim. Sa constance est bien plus grande que chez la poule, elle se prête volontiers à faire deux ou trois couvées de suite, mais alors ses forces s’affaiblissent tellement qu’il devient nécessaire de la lever et de lui faire prendre l’air chaque jour : il ne faut point abuser de cette précieuse faculté qui pourrait lui devenir fatale.
Les petits dindons naissent ordinairement avec un petit bouton jaunâtre sur la pointe supérieure du bec ; on le leur retire avec une épingle. Comme ils sont très-sensibles au froid, on doit faire en sorte qu'ils éclosent en mai, et que l'endroit où on les laisse aller et venir soit chaud. A leur naissance, on les nourrit comme les jeunes poulets ; on doit souvent les forcer à manger, parce que leur stupidité naturelle est si grande, qu'ils négligent quelquefois de prendre leur nécessaire. Après 8 jours on diminue leur nourriture et on les laisse aller brouter l'herbe dans les environs. Alors on leur donne encore un mélange de salades cuites et hachées, d’orties, de pois, du gruau cuit dans du lait,
ar exemple, de l’avoine, du petit blé, etc. Quand ils sont âgés de 18 à 20 jours, on leur donne aussi ux peu d’absinthe et du lait caillé dans leur salade,
et on les nourritainsi trois fois par jour.On les laisse en plein air tous les jours le matin quand le temps est beau ; l'après-midi on les met à l’ombre.
Si l’on s'aperçoit qu’ils sont languissans ou ma- Jades, on leur fait prendre un peu de vin. Viennent-ils à être pénétrés d’une pluie froide sans qu’on s’en soit aperçu d’abord, ilss’engourdissent et meurent si on ne les enveloppe d’une toile chaude, et si on ne les place au feu ou au soleil.
Il faut avoir pour les dindons une gardeuse qui les conduise dans les vergers, dans les champs où ils trouvent deslimaçons, des vers et de l’herhbe, qui les pourvoie régulièrement d’eau fraîche, et qui les mène promptement sous un abri aux approches de l'orage et du mauvais temps. Après la moisson on les fait pâturer dans les chaumes et dans les prés fauchés où ils trouvent toujours des graines, des chenilles et des insectes; on ne doit les mener aux champs qu’après que la rosée est ressuyée, ét les ramener à la maison avant que la rosée recommence à tomber. Au reste, toutes ces précautions sont rendues plus faciles par les vieilles dindes qui accompagnent les petits, les réchauffent et les défendent avec courage , observent le vol des oiseaux de proie avec attention, et, quand elles en aperçoivent, jettent un cri d’anxiété qui répand ia terreur parmi les petits ; ceux-ci s’envolent au même instant, se réfugient dans les broussailles, dans les hautes herbes, et y demeurent cachés jusqu'à ce que le péril soit passé, ce que la mère leur fait connaître par un appel qui bientôt les rassemble de nouveau autour d’elle.
Les dindonneaux sont exposés à une crise trèsdangereuse, au moment où leurs caroncules commencent à se développer ; on dit alors qu’ils prennent le rouge. N faut les réchauffer au soleil et près du feu, leur faire prendre des boissons fortifiantes, leur donner du chènevis, du fenouil, du persil,enfin combattre leur faiblesse par tous les toniques.
Ils sont exposés comme les poussins à la pépie, à la goutte, aux indigestions et à la diarrhée ; mais la maladie la plus dangereuse est /e bouton, qui se développe dans le bec et le gosier, et à l’extérieur sur coutes les parties non garnies de plumes. On le croit contagieux, il faut séquestrer l'animal malade, lui donner du vin et des alimens échauffans.
Le dindon est très-vorace, on le nourrit et on l’engraisse de pommes de terre, de glands, de chàtaignes, de noix, et de quelques farines de peu de valeur ; l’engraissement se termine presque toujours en faisant avaler à l'animal la nourriture qu’il ne prendrait pas de lui-même en quantité nécessaire: ce sont surtout les châtaignes et les noix qu’on lui administre de cette façon: on lui en fait d’abord avaler une vingtaine par jour en deux ou trois fois, on augmente rapidement la dose, qui peut aller jusqu’à 150 noix par jour, et sa force de divestion est telle, qu’au bout de 12 heures les noix et {leurs coquilles sont parfaitement digérées.
Bosc, qui avait observé et étudié cet oiseau dans les forêts de la Louisiane, à l’état sauvage, engage à mélanger sa nourriture de substances animales et végétales, et prétend qu'ainsi l’on obtiendra de la chair d’un goût beaucoup plus relevé. Ilest fort rare que le dindon soit châtré; sa voracité est telle qu’on peut toujours l’engraisser avec facilitée
$ 1°. — De la pintade.
La pintade (fig. 326), originaire de l’Afrique, est
ET SR Pr >
tachelée de noir et de blanc; sa grosseur est celle
ANIMAUX DOMESTIQUES : DES OISEAUX DÉ BASSE-COUR