‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 466 sur 467 · LIV. 1if · texte numérisé non relu

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de nos poules ordinaires; son front est couvert d’une espèce d’excroissance conique, charnue, courbée en arrière, de couleur bleuâtre; elle a aussi des caroncules charnues d’un très-beau rouge qui pendent à côté de l’ouverture du bec : les joues sont bleuâtres dans le mâle et rouges dans la femelle, la partie supérieure du cou estcouverte de plumes noires semblables à des poils, la queue est recourbée, le bec est rouge à son origine et de couleur de corne à son extrémité. C’est un fort bel oiseau, mais désagréable par ses cris aigus, par sa turbulence et son caractère sauvage; sa ponte ne commence jamais avant que la saison soit devenue chaude; elle pond environ 150 œufs par an; les œufs sont petits et de forme un peu conique, mais d’une grande délicatesse. Il est nécessaire de la forcer à pondre dans le poulailler, et de faire couver ses œufs par d’autres poules, car elle abandonne facilement sa couvée.

Les jeunes pintades ressemblent à des perdreaux, elles sont d’une délicatesse extrême, et veulent être surveillées avec grand soin. La meilleure nourriture qu’on puisse leur offrir, serait des œufs de fourmis si l’on pouvait s’en procurer assez, On nourrit les pintades comme les dindons,

$ II. — Le paon.

Le paon est originaire de l’Inde. On connaît son admirable plumage, la belle queue du mâle et l’aigrette élégante qui orne sa tête. Depuis la destruction des châteaux, on s’adoune fort peu à l’éducation de ce bel oiseau dont les jeunes sont cependant un mets fort délicat. C’est à trois ans que les mâles sont dans toute leur force prolifique, les femelles sont plus précoces d’un an. La paonne pond très-peu d’œufs, elle les laisse tomber partout où elle se trouve, et on les perdrait si on ne la forçait à pondre au poulailler. Les règles de l’incubation et de l’éclosion que nous ayons tracees pour le dinde s’appliquent parfaitement au paon. C’est à l’âge d’un mois ou de 5 semaines que l’aigrette des paonneaux commence à pousser; ils subissent alors une crise semblable à celle du rouge chez le dindonneau. Dès queles petits sont éclos,la mèreles con-

-duit avec elle hors de la maison et cherche à les

faire coucher dehors, surles arbres; maisles paonneaux étant alors trop faibles pour voler, elle les prend sur son dos et les place l’un après l’autre sur les branches où elle veut les faire jucher ; quelques soins qu’elle ait de ses petits, il est prudent dela surveiller les premiers jours, mais dès qu'ils ont passé le premier âge, ils n’ont plus rien à redouter. C'est à l’âge de 4 ou 5 mois qu’on les met à la graisse, quand on veut jouir de toute la délicatesse de-leur chair. Leur nourriture et leurs maadies sont semblables à ceux du coq d’Inde.

$ II. — Le faisan.

Le faisan est un fort bel oiseau renommé par la délicatesse de sa chair. On ne l’a jamais complétement réduit à l’état de domesticité, son éducation a toujours été faite dans le but de le livrer ensuite à la liberté, pour servir aux plaisirs de la chasse.

On connaît trois espèces de faisan: le faisan commun, le faisan argenté et le faisan doré. L’éducation du faisan commun, quoique la plus facile, présente encore des difficultés, à cause de sa sauvagerie. Les règles de l’incubation sont les mémes que pour les autres gallinacées. On trouve en général préférable de faire couver les œufs de faisan par de petites poules communes, telles que la poule anglaise, parce que, lorsque les jeunes sont éclos, elle les éloigne moins de 1a maison que ne ferait une faisanne. La première nourriture des jeunes doit se composer d’œufs hachés menu; il est presque indispensable de leur distribuer de temps à autre des œufs de fourmi; dès le second mois on peut leur distribuer une nourriture moins choisie, telle que des criblures de blé ou des grenailles fines ; vers le troisième mois ils éprouvent une mue de la queue qui est accompagnée d’une crise maladive très-souvent fatale ; c’est à ve moment que ies substances animales leur sont le plus néces-

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saires pour soutenir leurs forces. Quand les jeunes faisans ont acquis assez de vigueur pour commencer à voler, il est nécessaire de les enfermer dans des cours grillées de tous côtés, ou, si l’on ne veut pas faire cette dépense, de leur casser le fouet de I aile pour les empêcher de prendre leur vol dans les bois, d’où jamais ils ne reviendraient.

On a tenté récemment avec succès d'accoupler le faisan avec la poule commune.

$ IV. — L’oie.

L’oie (fig. 327) est un des plus utiles de nos

oiseaux domestiques, elle fournit un duvet précieux, des plumes à écrire, et en outre une graisse abondante et une chair de bonne qualité. C’est bien à tort qu’on la regarde comme le type de la stupidité, car elle sait fort bien prévoir tout danger et se défendre avec courage. :

Les oies vivent en paix avec tous les autres oiseaux de basse-cour et ne causent parmi eux ni désordres ni querelles; mais si on les attaque et les effraie, ou si un étranger s’en approche, surtout lorsqu'elles ont des petits, on les voit s’avancer hardiment vers leur ennemi, le cou tendu et le bec menaçant. Elles sont naturellement propres, évitent autant que possible le fumier et la boue, recherchent l’eau fraîche et font souvent la toilette à leur ptumage; mais elles ont généralement un penchant contre lequel il faut être en garde, c’est de se réunir aux oies sauvages, lorsqu'il s’en trouve dans le voisinage; aussi dans ce cas faut-il avoir soin de leur casser je fouet de l'aile.

Il y à 2 races d'oies domestiques, la grande et la petite, qui n’est qu’une variété de la première ; mais on ne s’occupe guère que de la grande, parce qu’elle est d’un meilleur rapport. En Espagne on a obtenu de l’accouplement de mâles sauvages avec desoies domestiques des métis à chair très-fine.

Les oies sont blanches, noires ou grises;les blanches sont plus recherchées à cause de leur duvet.

Un mâle suffit à 5 ou 6 femelles. L’accouplement a lieu en février, ou même plus tôt si la température est douce, ou si l’on a nourri les oies de graines échauffantes.

On reconnait que le moment dela ponte est venu lorsqu'on voit l’oie apporter de la paille à son bec pour construire son nid et rester longtemps posée sur ses œufs; il faut alors répandre de la paille sèche et brisée près de l’endroit qu'elle a choisi ; si cet endroit n’est pas chaud et éloigné du bruit, il faut l’attirer dans un lieu convenable en y plaçant de la paille et des orties, dont elle aime l'odeur, et en y commençant un nid qui doit être plat pour que tous les œufs soient également couverts. L’oie va y déposer successivement ses œufs, surtout si l’on a soin de mettre de la nourriture à sa portée, et un grand vase plein d’eau où elle puisse boire et même se baigner pendant l’incubation. On peut laisser couver à chaque femelle 14 à 15 œufs. Le mâle reste presque toujours auprès de Ja femelle pendant qu’elle couve, la protége avec vigilance et plus tard l'accompagne aux champs lorsqu'elle y conduit ses petits. L'incubation dure de 27 à 30 jours.

Il arrive souvent que des œufs éclosent quelques jours avant les autres; il faut alors sortir promptement les oisons du nid, autrement la mère croit sa tâche terminée et abandonne sa couvée ; on les

DE LOIE.

tient chaudement et on ne Îles rend à leur mère que lorsque tous les œufs sont éclos.

On commence à leur donner des œufs cuits et hachés très-menu, mélangés de jeunes orties, de pain ou de farine d'orge, blé ou sarrasin ; au bout de 5 ou 6 jours on remplace cette nourriture par de la bouillie de maïs et de pommes de terre cuites, Pendant les premiers temps, il faut les tenir chaudement, parce que le léger duvet qui les couvre ne suffit pas pour les garantir du froid; il faut alors ne les laisser pâturer que par un beau soleil et leur distribuer la nourriture 3 fois le jour; au bout d’un mois on leur donne des feuilles de chicorée et de laitue hachée, toutes sortes de légumes cuits et détrempés avec du son dans l’eau tiède; on leslaisse barboter dans l’eau tout le temps qu’il leur plait et on les conduit dans les chaumes.

On a renoncé à les envoyer pâturer dans les prairies parce qu’on a remarqué qu’elles y détruisaient les bonnes herbes et multipliaient à l'infini les plantes nuisibles, surtout la camomille à fleur simple ; mais on leur livre les terrains vagues,

Dans les pays où on les fait pâturer, toutes les oies du village se rassemblent le matin au son de la cornemuse de leur gardien, et le suivent aux champs sans qu'aucune s’écarte de la troupe: le soir chaque oïe retourne chez son maître, sans qu'une seule s’égare. 11 faut toujours leur distribuer au retour quelque nourriture pour les maintenir en bon état et les accoutumer à rentrer au logis avec plus d’empressement.

Pour engraisser les oies, on a soin de les plumer sous le ventre, de leur donner une nourriture abondante, et de les renfermer dans un lien obscur, étroit et tranquille.

C'est au mois de novembre qu’on commence l'opération, plus tard elles entreraient en rut, s’occuperaient de la ponte, et on les nourrirait en pure perte. Il y a 2 modes d’engraissement : le premier, plus lent, mais plus économique, consiste à leur présenter une pâtée de pois, de pommes de terre, de farine d'orge, d’avoine et de maïs détrempés dans de l’eau ou du lait qu’on leur laisse manger à discrétion.

Le second procédé est plus prompt ; on prend Voie trois fois par jour, on la place entre ses jambes, on lui ouvre le bec de la main gauche et on lui fait avaler, de la main droite, 7 à 8 boulettes de 2 pouces delong sur un pouce d’épaisseur; on lui fait ensuite boire du lait ou de l’eau de son. Cet engraissement dure 15 à 20 jours.

En Pologne, on engraisse les oies en les plaçant dans un pot de terre défoncé, d’une capacité telle qu’il ne permet pas à l’animal de s’y remuer d’aucun côté. Le pot est disposé dans la cage, de manière à ce que les excrémens de l’oie n’y restent pas; on les nourrit avec de la farine de maïs mé- Jangée de raves bouillies. Les oies y ont à peine séjourné 15 jours que leur volume est tel, qu’on est forcé de briser les pots pour les en tirer.

Les mutilations employées jadis pour bhâter l’engraissement sont abandonnées aujourd’hui comme cruelles et inutiles

Il y a deux sortes de plumes d’oie : les grandes, qui se tirent des ailes et servent à écrire (voyez, page 77, tome 3); 2° les petites, qui s’emploient à faire des oreillers et suppléent à l'édredon. Pour les avoir, on plume les vieilles oies trois fois l’an, à la tin de mai, à la mi-juin et à la fin de septembre; mais pas plus tard, parce. qu'alors le froid les incommoderait. Les mères ne doivent être plumées que six semaines ou deux mois après qu’elles ont couvé, et les oisons pas avant l’âge de deux mois. On reconnaît que le duvet est mr lorsqu'il se détache de lui-même : si on l’enlève trop tôt, il se conserve mal et les vers s'y mettent; on plume l'oie sous le ventre, autour du cou et sous les ailes. Les plumes qu'on arrache aux oies quelque temps après leur mort ont une mauvaise odeur et se pelotonnent.

On fait sécher les plumes au four une demi-heure après qu’on en a retiré le pain, et on les conserve

dans des tonneaux ou dans des sacs placés en lieu sec ; lorsqu'elles ont pris de l'humidité, elles contractent une mauvaise odeur et se gâtent ; si elles sont trop sèches, elles se brisent.

Les oies, comme les poules, sont sujettes à la pépie, à la diarrhée, à la vermine et à la constipation ; on les en guérit par les mêmes moyens.

Elles sont fort sujettes à l’apoplexie : cette ma-

ladie se manifeste par un tournoiement continu sur elles-mêmes, et elles périraient bientôt si on ne les saignait, en leur ouvrant avecune forte aiguille, ou un canif, une veine assez apparente placée sous la membrane qui sépare les ongles.

La ciguë,dont les oisons sont très-avides, et la jusquiame, sont pour eux des poisons violens : à peine en ont-ils avalé une feuille, qu'ils tombent les ailes étendues, et périssent dansles convulsions, sionne leur administre du lait frais avec de la rhubarbe.

Il faut choisir et éplucher avec soin les jeures orties qu’on fait entrer dans la nourriture des oisous; car cette plante devient un poison violent pour l’animal lorsqu'elle est attaquée de la nielle ou des pucerons. On fait cesser les accidens qui en résultent en donnant de l’eau tiède dans laquelle on a fait dissoudre 4 à 5 grains de chaux.

SECTION 1V. — Du canard.

Le canard { fig. 328) est le plus facile à élever detous

nos oiseaux de basse-cour, il est aussi le moins coûteux et le plus productif quand son éducation se fait dans des localités favorables.

Le canard commun d'Europe descend évidemment du canard sauvage ; il en a conservé les habitudes et la constitution, il n’en diffère que par une plus grande variété de plumage. Le mâle sappelle canard, la femelle canne, etle petit cinneton.

Le mâle se distingue de sa femelle par deux ou trois petites plumes retroussées que l'on remarque à la naissance de la queue, quelquefois aussi par la teinte vert foncé de sa tête et de son cou.

On élève en France deux variétés de canards communs qui diffèrent d’une manière très-sensible par la dimeusion du corps, savoir : lé canard barboteur ordinaire, et le canard de Normandie,qui est d’une grosseur sensiblement plus forte que le canard sauvage. Tout ce que nous avons dit concernant la nourriture, la ponte, l’incubation, l'élève, l’engraissement et les maladies des oies, peut s’appliquer au canard ; seulement nous éevons faire remarquer que le canard exige de l’eau plus impérieusement que les oies, qu’il aime moins à parcourir les champs et les prairies, et que son parcours a moins d’inconvéniens.

Lecanardmusqué, ou de Barbarie, diffère de notre canard par ses formeset ses mœurs : il est plus gros et plus fort. L'eau ne lui est point nécessaire; il se baigne très-rarement, aime à voler et à se percher sur des objets peu élevés. Le mâle ne porte point sur la queue la petite touffe de plumes retroussées qui dénote le canard commun; c’est par la têtequ'il se distingue de sa femelle; ses joues et la partie supérieure de son bec sont garnies de caroncules rouges très-larges, mais qui nesont point extensibles ; son plumage est blanc ou noir cuivré, mais sans mélange des deux couleurs sur le même individu.

La femelle pond des œufs plus gros et teints d’une autre nuance que les œufs de la canne commune ; elle aime à faire son nid dans des endroits

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