‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 47 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

espèce provenant du Pérou ou du Brésil. Sa lige est très-branchue, garnie de poils blancs, feuilles étroites, ridées, ondulées, sessiles, amplexicaules. C’est cette espèce qu’on cultive’ de préférence en Syrie, en Calabre, dans tout l’archipel et lAsie-Mineure. Le tabac crépu est très-doux : c’est de cette feuille que lon fait les cigares du Levant.

$ IL. — Culture du tabac.

Le tabac ayant une racine très-chevelue, pivotante, fort longue, avec des fibrilles trèsfines , une lige moëlleuse, très-branchue, et des feuilles grandes et nombreuses, pour donner en peu de mois un rapport abondant, demande une terre très-substantielle, pro fonde, ni trop légère, ni trop forte, fraiche sans humidité. Les terrains limoneux d’alluvion, ceux à lin, à chanvre, à coton, ceux de première qualité, les terrains neufs surtoul, sont ceux qui conviennent le mieux au tabac. De plus, comme il est sensible à la gelée, et qu’il lui faut un certain degré de chaleur, tant pour son accroissement et l’élaboration de ses sucs, que pour sa dessiccaton, les terres chaudes, bien exposées au soleil, nourries d’un fumier très-actif, consommé, fort substantiel, à surface plane et abritée contre les vents violens du nord et du nord-ouest, sont des conditions très-essenlielles pour sa bonne réussite.

Le champ destiné à porter cette plante doit recevoir au commencement de l'hiver, un premier labour à la charrue, et un second labour au printemps, immédiatement avant la plantation. Ce second labour exige beaucoup de soin, d’exactitude et d'intelligence ; c'est-à-dire qu'on doit détruire les mottes, enlever les pierres, incorporer les fumiers avec le sol, extirper les mauvaises herbes; en un mot, il est essentiel de bien disposer la terre, comme si l’on voulait cultiver du lin ou du chanvre, ou même des légumes.

Lorsque le terrain est ainsi préparé, on le divise en ligres parallèles distantes de 3 pieds les unes des autres, sur lesquelles on met en quinconce les plants du iabac,au moyen d’un cordeau garni de nœuds. Les plantes placées avec cet ordre et à cette distance, sont plus faciles à soigner. et peuvent recevoir toute la nourriture qui leur est-nécessaire pour bien végéter. En Virginie, dans le Maryland, et dans les pays méridionaux, on n’a pas besoin de cette régularité, ni de toutes ces précautions ; on sème la graine à la volée, on éclaircit plus tard, on fait des labours à la main, et la bonté du climat fait le reste.

Mais dans nos climats, on sème la graine en février, dans un endroit exposé au midi ou au levant, sur une couche froide composée de terre fine, meuble, mêlée de terreau, préparée à ce seul effet (1): on sème la graine à la volée, on la couvre tout de suite d’un chàssis vitré, et pour empêcher l'effet des gelées tardives pendant la nuit, et pour maitriser les rayons du soleil pendant le jour, on recouvre le châssis d'un paillasson. On donne de l'air

(1) Une couche de 6 piede de long sur 4 de large fournit 6,000 pieds de terre, quantité suffisante

pour un arpent de terre.

à la couche toutes les fois que la température extérieure le permet. J

Quand le jeune plant est garni de 3 ou 4 feuilles, et qu'il a atteint à peu près un pouce et demi d’élévation, vers la fin d'avril, on en fait la transplantation. On choisit pour cette opération un temps couvert, immédiatement après uue pluie, afin que la reprise soit plus assurée. On enlève le plant de la couche avec précaution, en conservant autour des racines une pelite motte, et pour faciliter ce travail on arrose d'avance la terre de la couche si elle est trop sèche. On doit toujours y laisser du plant en dépôt pour regarnir plus tard les places où le plant aurait manqué à la reprise. Aussitôt que le plant est arraché, on le transplante comme nous lavons indiqué, en laissant entre chaque plante une distance relative à la qualité du sol et au degré de force que la plante doit y acquérir; car les feuilles ne doivent pas se toucher lorsqu'elles sont parvenues à leur grandeur naturelle. La transplantation a lieu à l’aide d'un plantoir. Le trou fait, on enfonce les racines des plantules jusqu'a la naissance des premières feuilles, et on affermit doucement la terre autour avec le plantoir. Quelques jours après la plantation, on a soin de regarnir les places où le plant a manqué.

Les tabacs ainsi disposés exigent d’abord d’étre tenus propres de toute herbe étrangère. (Mand la transplantation a été faite bien régulièrement, ce travail peut s'exécuter avec la houe à cheval; sinon, on le fera avec des petits sarcloirs à main.On renouvellera l’opération du binage toutes les fois que les mauvaises herbes reparaitront. On enlèvera de mème tous les tabacs vicieux, rabougris, malades ou piqués des insectes.

Plus tard, il est essentiel de butter Les tabacs avec la houe à cheval pour fournir un nouvel aliment aux racines, et pour leur procurer une douce fraicheur si nécessaire à la végétation de cette plante.

Lorsque les tabacs ont atteint environ 2 pieds d’élévation, ce qui arrive un mois ou six semaines après la plantation, on coupe avant l'apparition des fleurs le sommet de chaque tige, ce qu'on appelle l'opération du pincement; on ôte les feuilles inférieures gatées qui sont près de terre, et on diminue alusi leur nombre en le réduisant à 10 ou 12 sur chaque plante. Cette diminution des feuilles, en faisant refluer la sève sur celles qui restent, contribue à augmenter le rapport et à améliorer la qualité de ces dernières. Mais, comme la suppression du sommet d'une plante quelconque la détermine en général à pousser des bourgeons latéraux, et que le tabac, plus que toute autre plante, suit cette marche ordinaire de la nature, il faut de nouveau ezlever ces feuilles et ces bourgeons axillaires toutes les fois qu'ils paraissent,parce que,en se nourrissant au détriment des feuilles principales, ils en détériorent la qualité. Toutes ces opérations doivent être failes avec intelligence : souvent le succès du produit des tabacs dépend de l’expérience et des soins de l’ouvrier qui les dirige.

Les plantes destinées à porter graine sont cultivées dans un endroit particulier bien abrité; on leur donne l'exposition la plus

SGRICNLTURE,

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