DES PLANTES POTAGERES. LIV. D
lement on les coupe le plus près possible de l’œillet de la racine avec un long couteau; mais de cette manière on s'expose à couper la tête à d’autres asperges, ou à offenser les œillets, el ainsi à leur nuire, et même à les faire périr. A Marchiennes, où les asperges ne sont recouvertes que de terres légères, on dégarnit l’asperge de terre, on la saisit en alongeant le doigt jusqu’à la racine , et d’un coup de poignet on la casse en la séparant de l’œillet de la plante qu'on recouvre immédiatement de la terre déplacée.
Sous le rapport du produit, lasperge présente l’inconvénient d'exiger une préparation duterrain dispendieuse, el, pendant 3 années, de grands soins d'entretien qui ne sont compensés par aucune récolte. Néanmoins on peut dire que l’on confie alors à la terre un capital dont les intérêts seront fort élevés par la suite; et, en second lieu, pendant ces 3 années , le terrain n’est pas tout-à-fait perdu: on peut, sans inconvénient , cultiver sur les ados ou sentiers un grand nombre de plantes utiles, telles que Pois, Haricots, Lentilles, etc., et, même dans les intervalles des plantes d’asperges, dans les jardins on met encore de la salade.— Lorsque l’aspergière est en plein rapport,on peuj calculer que les 17,500 planis qui occupent un hectare pourront donner à couper chacun de 12 à 15 tiges grosses et petites. Les bottes contenant en moyenne 100 asperges el le prix de la botte pouvant s’évaluer aussi en moyenne à 1 fr., on voit que le produit brut par hectare (environ 3 arpens de Paris ) serait de 2,450 francs.
SECTION ut. — Des Choux.
Il a été traité des Choux verts ou r0n pommés parmi les plantes fourragères (Tome 1, p. 522), et ci-devant (page 7 de ce vol.) parmi les Plantes oléagineuses. Les Choux pommés, dont nous devons parler ici, sont des plantes bisannuelles, cultivées assez en grand pour l’approvisionnement des marchés et pour la préparation de la choucroûte , dont les bàtimens de mer, et surtout le nord de l'Europe et l’Allemagne, font une énorme consommation.
On cultive un très-grand nombre de varietés de Choux pommés (Brassica oleracea capitata, L.; en anglais, #’hite, Red Cabbage, Savoy, Brussels Sprouts; en italien, Cappuccio tondo; en allemand, Ropftohl ).
On peut ramener ces variétés à deux principales : 1° les Choux cabus, parmi lesquels on distingue: le €. d'Fork, le plus précoce; le C. pain de sucre; les C. cœur de bœuf; les C gros cabus blanc, d’ Alsace, d’Allemagne, Quintal, de Hollande, etc., très-volumineux, les plus productifs; le C. pomme rouge, très-eslimé en Belgiqueeten Hollande; — 2° Les Choux de Milan ou pommes frisés, dont les principales sous-variétés sont: le C. M. hâtif d’Ulm; le C. pancalier de Touraine ; le C. M. ordinaire où gros chou milan ; le C. M. des Vertus, où pommé frisé d’Allemagne ; Ve C.de Bruxelles, à jets ou à rosettes.
La culture des choux est simple et facile, mais les choux en général, et particulièrement les gros choux pommés, demandent, pour atteindre un fort volume, une terre
cuaAP. 4°.
riche et fraiche. Les berges des fossés et canaux, les marais desséchés , les terrains nouvellement défrichés, conviennent parfaitement pour celte culture. à ÿ
La multiplication a lieu de semis qui se font toujours en pépinière dans une terre plutôt légère que forte, bien ameublie et un peu ombragée.Ces semis ont lieu : 1° de la mi-août au commencement de septembre, particulièrement pour les Choux cabus, afin de transplanter en octobre, où même en février el mars, et récolter de mai en août; 2° au printemps, depuis la fin de février jusqu’en mai, notamment pour les Choux milans, afin de mettre en place lorsque les plants ont quelques feuilles; leur produit succèce à celui des semis d’automne, et se prolonge jusque dans l'hiver. Les semis doivent être arrosés régulièrement si le temps est sec, et visités afin de détruire les insectes, et notamment ie tiquet ou puce de terre qui y fait souvent de grands ravages. Lemeilleurmoyen pour les écarter, c’est de semer le matin à la rosée de la cendre sur le jeune plant.
Les choux sont plantés à demeure à une distance qui varie , en raison de la taille à laquelle ils parviennent, de 15 à 30 et 36 pouces (0 * 40à 1 *). En faisant la transplantation, on examine le pied au point de départ des racines, et s’il existe une tumeur, on la coupe
ar la moitié pour détruire la larve qui y est ogée et qui nuirait au développement de ja plante. La transplantation doit être suivie d'arrosemens qu’on renouvelle autant que la saison l'exige; les autres soins d’entretien se bornent à quelques binages.
Les choux peuvent se eonserver tout l'hiver Jusqu'en mars; ceux à demi faits, particulièrement les pancaliers et milans ordinaires, peuvent rester dehors ; pour tous les autres, on peut en prolonger la jouissance en les couchant avant le froid, ce qui se fait en enlevant un peu de terre au nord, inclinant le chou de ce côté, et mettant la terre sur les racines de l’autre. On peut encore les enjauger par lignes les uns sur les autres, et les couvrir de feuilles s’il gèle fort.
SECTION 1V. — Des Courges, Citrouilles, Potirons, etc.
Parmi les Plantes fourrageres (voy. Tom. I, pag. 524), il a déjà été question des Citrouilles, plantes annuelles qu’on cullive dans quelques parties de la France avec avantage, pour la nourriture des bestiaux. Ce qui y est dit de la culture de ces plantes et de la conservation de leurs fruits, s'applique aussi bien à celles qu'on destine aux animaux domestiques qu'à celles qu'on vend sur les marchés, et qui sont souvent les mêmes, ce qui nous dispense d'y revenir ici.
Parmi les variétés de Courses ( Cucurbita, L.; en anglais, Pompion et Gourd ; en allemand, Xurbiss ; enitalien, Zucca et Popone), les plus rustiques et qui croissent le mieux en pleine terre, sont: le Potiron (Cucurbita pepo, L.; en anglais, Squash; en allemand, Pjebin Kuürbiss; en italien, Zucca), à longues tiges rampantes, à fruits souvent énormes et fort pesans, dont l’écorce est ordinairement d'un jaune plus où moins foncé; — les Gi-