DES COURGES, CITROUILLES, POTIRONS ET OGNONS
‘raumons et Citrouilles, dont les races sont pour ainsi dire innombrables, et dont la consommation est à Paris bien moindre que celle des Potirons; — le Pastisson ( Cucurbita melopepo, X.), Bonnet de prétre, Artichaut
“Espagne ou de Jérusalem, à fruits beaucoup moins volumineux, mais très- nombreux, qui a le mérite de ne pas ramper comme les autres, mais de pousser en touffes arrondies.
Toutes ces espèces ont des graines trèsgrosses et très-nombreuses, dont Zamande contient une huile que le docteur MoRELzLLI a reconnue meilleure et plus abondante que celle extraite de beaucoup d’autres semences. De 3 livres de ces semences broyées, il a obtenu par la pression à froid 5 onces 1/2 d'huile; en les faisant légèrement torréfier, elles en ont donné près du tiers de leur poids.
SECTION v. — Des Ognons.
L'Ognon (Allium cepa, X.; en anglais, Onion; en allemand, Zwzebel; en italien, Cipolla ) est une des racines potagères les plus importantes et dont la culture a le plus d’étendue ; vivace de sa nature, cette plante est considérée et traitée comme bisannuelle.
Les principales variétés sont |’ Ognon blanc gros et l'O. blanc hätif, d’une saveur douce et de bonne qualité; l'O. jaune ou blond, des Vertus près “Paris, gros, excellent et se gardant bien ; l'O. rouge pâle, le plus répandu en France; l'O. rouge foncé, large et plat, préféré dans quelques pays; l'O. poire ou prriforme, rougeûtre, d’une saveur forte, d'excellente garde: l'O. d'Egypte ou bulbi- Jére, ou à rocamboles, dont la tête porte, à côté de quelques bonnes graines, plusieurs petites bulbes qui servent à le multiplier; enfin, l'O. patate ou sous-terre, ne donnant ni graines ni rocamboles, mais des cayeux qui croissent autour de l’ognon principal.
Les variétés les plus rustiques et dont la conservation durant l’hiver est la plus facile, sont l’'Ognon d'Egypte et celui en poire, qui par conséquent conviennent peut-être le mieux aux cultures des fermes.
Les ognons se plaisent dans une bonne terre, substantielle, mais plutôt légère que forte, fumée autant que possible une année d'avance, ou avec de l’engrais bien consommé; celui de mouton et aussi le marc de raisin conviennent le mieux.
M. VicmoriN distingue 4 méthodes principales de multiplication pour l'ognon. La première, la plus usitée, surtout dans les pays du nord, est le semis en place ; il a généralement lieu du milieu de février au milieu de mars, à raison de 3 ou 4 onces de graine par are ; on l’enterre légèrement au râtean ou en recouvrant d’une couche mince de terreau,;etona soin de bien piétiner,ou de rouler avant et après le semis, surtout si le sol est naturellement meuble, Un éclaircissage doi‘ s’opérer lorsque le jeune plant est bien formé; ce que l’on éclaircit peut servir à replanter ou être consommé en ciboule.—La deuxtieme méthode ne diffère qu’en ce que le semis se fait ex pépinière pour transplanter à 3 ou 4 pouces de distance, en lignes espacées de
6 à 8 pouces; c'est la pratique la plus suivie dans le midi et aux environs de Paris, nolamment pour l'ognon blanc qu'on sème communément en août et seplembre, pour replanter en octobre ou en mars, et consommer dès le mois de mai à demi-grosseur et successivement tout l'été. — La troisième méthode, introduite nouvellement par MM.NouvezLox et LeBruN,de Meun (Loiret), consiste à semer excessivement épais (près d’une livre de graine par toise carrée), pour obtenir seulement des grenons gros à peine comme de pelites noisettes, qui, l’année suivante, sont mis en place à 3 ou 4 pouces de distance ; on ne doit arroser qu'une seule fois immédiatement apres le semis. Par cette méthode, on évite tous les risques et les accidens auxquels sont sujets les semis en place; les soins minutieux de sarclage et d'éclaircissage sont remplacés par des serfouissages bien plus faciles et moins dispendieux. M. FONTAINE, d’Aubilly près Reims, emploie un moyen analogue; il fait le semis destiné à fournir la plantation ordinaire plus épais, et, lorsque cette transplantation à eu lieu, il arrache tout le plant excédant, l’étend au soleil dans une allée et le retourne tous les 8 jours jusqu’à parfaite dessiccation des fanes, ce qui arrive ordinairement à la fin de juin; ces plants sont alors transformés en grenons gros comme des pois, que, comme es ognons petits-pois de M. Nouvellon, il conserve jusqu’au printemps dans un lieu sain. Lorsqu'on veut obtenir des petits ognons our confire, on agit d’une manière semblale : on sème bien dru en terre sèche, et on n’arrose que dans la 1'° jeunesse ; l'Ognon blanc hâtif est préféré pour cet usage. — La uatrième méthode, particulière à l’'Ognon ‘Egypte, est la plantation par rocamboles, à laquelle on peut rapporter aussi la plantation par cayeux propre à l'Ognon-patate.
Ce moyen a donc les avantages de la méthode précédente, sans la difficulté d’obtenir à point les ognons petits-pois. 6 à 8 ognons faits, réservés pour monter en tige et fournir les rocamboles en donnent environ un litre qui peut suffire à la plantation d'une planche de 6 à 7 toises de long sur 4 pieds de large ; au surplus, on ne risque rien de réserver plus que moins de ces porte-bul-