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tivées dans les pays où elles croissent naturellement ; tous les ans, à la fin de l'hiver et au commencement du printemps, on va récoller dans les campagnes el sur les montagnes, les racines de celles qui sont parvenues à la grosseur convenable, et cette récolte, en Chine et en Sibérie, se fait sous la surveillance et pour le compte des gauvernemens de ces pays. Au temps de BEÉLON, la rhubarbe était cultivée en Mésopotamie, et cet auteur dit que c'était de graine qu’on l’y élevait.
On cuitive depuis assez long-temps en France Ja Rhubarbe compacte et la KR. ondulée; mais ce n’est que depuis peu d’années qu'on a aussi essayé avec succès la culture de la Rhubarbe palmée. Toutes ces plantes ne sont point sensibles au froid du climat de Paris. Une terre franche, un peu légère, profonde et fraiche, est celle qui leur convient le mieux, et elles ne craignent pas l'ombre des grands arbres ni l'exposition du nerd. Toutes les rhubarbes peuvent se multiplier de graines; mais comme les semis font atlendre plus long-temps pour que les racines soient bonnes à récolter, on préfère la multiplication par les æilletons ou bourgeons qui se trouvent autour du collet des grosses racines, lesquels donnent plus ra-
idement des produits. Un pied ayant 4 a 5 ans peut en fournir jusqu’à 30 et plus; il suffit que chaque bourgeon soit pourvu d’un pouce de racine pour que la repriseeu soit assurée. C'est à la fin de l'hiver ou dans les premiers jours du printemps, un peu avant qu’ils entrent en végétation, qu’on les enlève aux vieux pieds et qu’on les replante après les avoir laissés faner pendant un jour à l’ombre, afin que la plaie faite à l'endroit où il ont été séparés puisse se cicatriser un peu. Quand le temps est sec ou que la terre n'est pas humide, quelques arrosemens sont nécessaires pour assurer la reprise des jeunes pieds nouvellement plantés; mais les pluies trop longues peuvent les faire pourrir.
C'est dans un terrain bien et profondément labouré d'avance qu’on doit faire La plantation, en deposaul les plants en quinconce à 5 ou 6 pieds de distance les uns des autres, selon que le terrain est moins bon ou plus fertile. Ce qui nécessite de laisser autant d'intervalle entre les pieds de rhubarbe, c’est que leurs grandes feuilles occupent beaucoup de place; mais comme ces feuilles, pendant les deux premières années, ne remplissent pas tout l’espace qui aura été laissé entre chaque pied, on pourra, pour ne pas perdre le terrain qui n’est pas occupé, y planter des légumes ou des ponimesde-terre. Pour accélérer la croissance des pieds de rhubarbe, il faut chaque année leur donner wr labour pendant l'hiver et au moins deux binages dans le cours de la belle saison.
La récolte des racines a lieu la 4° année dans les terrains secs et chauds, et la 5° seulement dans ceux qui sont humides et froids.
Lorsqu'on fait cette récolte trop tôt, les racines sont molles, peu résineuses, susceptibles de perdre, dit-on, les onze douzièmes de leur poids par la dessiccation; lorsqu'on la retarde trop, les racines se creusent, se
cnar. 5 DE L'HYSSOPE, DE LA MÉLISSE, DE LA MENTHE ET DE LA SAUGE. 61
pourrissent dans le centre, deviennent filandreuses en leurs bords, donnent un déchet considérable quand on les épluche, et ne présentent plus l'apparence de la rhubarbe du commerce lorsqu'elles sont entièrement desséchées. C’est à l’automne ou pendant l'hiver qu’il convient de faire la récolte des racines des diverses espèces de rhubarbe. Les belles racines ont 2 pieds de longueur et sont de la grosseur de la cuisse ou au moins du gras de la jambe. Elles sont pleines d’un suc jaune dans lequel réside leur vertu.
Après qu’on les a arrachées de terre et lavées, on les pèle, les épluche, les coupe en morceaux de la grosseur du poing au plus, et on les fait sécher en les mettant d’abord pendant quelques jours sur des tables, en ayant le soin de les retourner trois à quatre fois par jour. En enfilant tout de suite les morceaux de rhubarbe dans des ficelles et en les suspendant à l’air libre, 1ls sèchent trop rapidement, deviennent trop légers et perdent une partie de leurs propriétés. Mais lorsqu’au bout de 5 à 6 jours ces morceaux ont déjà pris une sorte de consistance sur les tables où ils sont étalés, on peut alors les enfiler et les exposer au vent et à l'ombre pour achever leur entière dessiccation ; il faut six semaines à deux mois, selon la chaleur de la saison, pour les dessécher complètement. Forster, cité par Bosc, dit qu'ils perdent les six septièmes de leur poids, mais cela nous parait exagéré, car 3 livres 3 onces de racines de Rhubarbe ondulée, complètement et convenablement desséchée par nous, ont produit 14 onces de morceaux, ce qui be fait pas tout-à-fait une perte de trois quarts.
Les essais faits à Paris et ailleurs ont constaté que la rubarbe cultivée en France avait les mêmes propriétés que celle qui nous vient de l'étranger; :l faut seulement la donner à une.dose plus forte. En 1833, le commerce de France a tiré de l'étranger pour 25,780 fr. de rhubarbe.
En Perse, o7 mange au printemps, crus ou
assaisonnés de diverses manières, les jeunes pousses et surtout les pétioles d'une espèce derhubarbe nommée par Linné Aheum ribes, qui ont une saveur acide et agréable. Dans le même pays, on confit ces mêmes parties dans le miei ou dans le raisiné, afin de les conserver pour l'hiver.
. Depuis quelques années, les Anglais ont introduit dans leurs jardins une nouvelle espèce de rhubarbe, originaire des monts Himalaya, nommée Rheum emodi, ou R. australe. Ses pétioles ont une saveur acide trèsagréable, et déjà leur usage comme comestuble est assez répandu en Angleterre. M. Jacques, directeur du jardin du roi à Neuilly, cultive aussi cette plante, dont il a reçu des graines directement de l'Inde, et il nous en a donné plusieurs pétioles dont nous avons fait préparer divers mets de bon goût; M. CnevaLrLier, membre de l'Académie royale de médecine, en a composé un sirop légèrement acide et d’une saveur trèsagréable. Suivant le D. Don, cette espèce serait celle qui fournit la véritable rhubarbe de la Chine.
Secrion v.— De l’Hyssope, de la Mélisse, de la Menthe et de la Sauge.
Comme ces quatre plantes appartiennent à la famille des Labiées, et que la même culture peut leur convenir, nous les réunirons dans un seul article.
L’'Hyssope ( Hyssopus officinalis, L.; en anglais, Hyssop) est une plante vivace, dont la racine produit une ou plusieurs tiges presque ligneuses inférieurement, hautes d’un pied ouenviron, garnies de feuilles linéaireslancéolées, opposées. Ses fleurs sont bleues, monopétales, labiées, réunies plusieurs ensemble dans les aisselles des feuilles supérieures, et disposées en des espèces d’épis tournés du même côté. Cette espèce croit naturellement dans les pays montagneux du midi dela France et de l'Europe; elle fleurit en juin et juillet. On l’emploie en médecine comme tonique, stomachique, incisive et béchique ; elle a une odeur aromatique, assez agréable; sa saveur est un peu âcre.
La Mélisse, vulgairement Citronelle, Mélisse citronnée, etc. (Melissa officinalis, X. ; en anglais, Balm-mint), a ses racines horizontales, vivaces; ses tiges sont droites, rameuses, hautes d’un pied et demi ou un peu plus, garnies de feuilles opposées, pétiolées, ovales, en cœur à leur base, crénelées en leurs bords; ses fleurs sont blanches, monopétales, à deux lèvres, disposées plusieurs ensemble par paquets dans les aisselles des feuilles supérieures. La mélisse croit spontanément dans les haies des parties méridiopales de la France et de l’Europe; elle fleurit en juin et juillet; son odeur est aromatique, très-pénétrante, ayant quelque analogie avec celle du citron. Ses propriétés médicales sont d’être cordiale, céphalique, antispasmodique et sudorifique. On prépare avec ses feuilles recueillies avant la floraison une eau spiritueuse dont l'usage est fort répandu.
La Menthe poivrée ( Mentha piperita, Smith; en angl., Mint pepper; en ital., Menta; eu all., Munze) ( fig. 35) est une
plante à racine vivace, rampante, qui produit des tiges droites, hautes d'un pied et demi ou un peu plus, garnies de feuilles op-
posées, pétiolées, ovales-lancéolées, dentées, d'un vert foncé; ses fleurs sont d’une couleur purpurine, petites, disposées plus de vingt ensemble par verticilles formant un épi terminal ; toutes ses parties ont une odeur pénétrante, agréable, comme de camphre; leur saveur est âcre et poivrée. Cette menthe passe pour être originaire d'Angleterre ; elle fleurit en août et en septembre. Elle est e72ployée en médecine comme ayant des propriétés toniques, stomachiques, carminatives, anti-émétiques et anli-spasmodiques.On en prépare une eau distillée simple qui est très-usitée ; on en retireaussi une Æuile essentielle qui sert à composer une liqueur de table fort agréable.
La Sauge officinale ou S. franche ( Salvia officinalis, L.; en angl., Sage garden, en ital., Salvia; en all., Salbey ou Salvey) est un sousarbrisseau dont la tige est une souche ligneuse, divisée en rameaux nombreux, garnis de feuilles pétiolées, ovales-lancéolées, ridées, crénelées en leurs bords et d’un vert pâle ou cendré; ses fleurs sont bleuâtres, disposées six à huit ensemble en verticilles rapprochés au sommet des tiges en une sorle d’épi. Cette plante croit naturellement dans le midi de la France et de l'Europe; elle fleurit en juin et juillet. On en distingue deux variétés principales. l’une plus élevée et à plus grandes feuilles, dite grande sauge, l’autre moindre dans toutes ses parties, et appelée petite sauge. Ces deux plantes s’emploient indifféremment l’une pour l’autre; elles ont une odeur aromatique forte el agréable; leur saveur est amère, tirant un peu sur celle du camphre. Leurs propriétés sont d’être toniques, stomachiques, stimulantes, céphaliques et sudorifiques.
La culture de ces quatre plantes ne présente aucune difficulté; elles ne sont point difficiles sur la nature du terrain. L’hyssope et la sauge viennent très-bien dans les sols secs et pierreux, exposés au midi; quant à la mélisse et surtout à la menthe poivrée, elles se plaisent mieux dans une terre iégèrement humide.
Comme toutes ces plantes ont des racines vivaces, on ne les multiplie en général qu'en éclatant et en divisant, en automne ou à la fin de l’hiver, les vieux pieds ; en replantanttiout de suite chaque portion de racine éclaiée, dans un terrain bien labouré; en espacant tous les nouveaux pieds à 18 pouces les uns des autres, ils peuvent rester ainsi plusieurs années sans autre soin qu'un labour tous les aus à la fin de l'hiver, un binage perdant la belle saison et quelques sarclages pour débarrasser des mauvaises herbes.
La menthe poivrée, dont les racines tracent beaucoup, a besoin d’être relevée plus souvent que les autres pour être divisée de nouveau. La sauge a l’inconvénient de se dégarnir du pied et d’étaler beaucoup ses rameaux; pour cette raison il faut la replanter tous les trois à quatre ans; elle se multiplie d’ailleurs de boutures et de marcottes.
L'hyssope, qui est la moins élevée de ces
uatre plantes, se cultive souvent en bor-
ure dans les jardins des herboristes ; on en plante dans ce cas les pieds en lignes et à 6 pouces les uns des autres.
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Toutes ces plantes se récoltent en vert, la sauge et la mélisse avant que les fleurs paraissent, l’hyssope et la menthe seulemeut au moment de la floraison ; on en fait des bottes plus ou moins grosses, qui sont portées sur les marchés des villes, où elles sont achetées par les pharmaciens et les herboristes.
SECTION vi. — De l’Absinthe, de la Tanaisie et de La Camomille romaine.
Ces trois plantes appartiennent à la grande famille des Composées; les deux premières font partie de la division des Flosculeuses, et la troisième de celle des Radiées.
L'Absinthe ( Arthemisia absinthium, L.; en angl., Wormwood; en ital., 4ssenzio ; en all., Wermuth) (fig.36) est une plante herbacée,vi-
vace, dont les racines produisent une ou plusieurs tiges hautes de deux à trois pieds, rameuses, garnies de feuilles alternes,pétiolées, molles au toucher, d’un vert argenté, et deux à trois fois ailées. Les tiges et les rameaux portent dans leur partie supérieure les fleurs qui sont jaunâtres, globuieuses, disposées en
es espèces de grappes tournées du même côté. Cette espèce croit naturellement dans les lieux incultes et pierreux; elle fleurit en Juillet et août.
La Tanaisie (Tanacetum vulgare, L.; en angl., Tansy; en all., Rainfarn )a des racines horizontales, vivaces, qui donnent naissance à plusieurs tiges droites, striées, hautes de deux pieds ou un peu plus, garnies de feuilles grandes, allernes, deux fois ailées, d’un vert foncé, à folioles étroites, incisées, et terminées par des fleurs nombreuses, d’un jaune foncé, disposées en corymbe. Cette plante se trouve naturellement dansles lieux montueux et sur le bord des champs; elle fleurit en juillet et août.
La Camomille, où C. romaine ( Anthemis nobilis, L.; en angl., Camomile ; en ital., Camomilla; en all., romische Kamille ), est une herbe à racines horizontales, vivaces, produisant plusieurs tiges couchées à leur base, divisées en quelques rameaux redressés, uüiflores; ses feuilles sont aïlées, à folioles linéaires; ses fleurs, dans l’espèce naturelle,
cHAP. 5°.
ont les rayons blancs et le disque Jaune, mais elles sont toutes blanches dans la variété double, la seule cultivée pour l'usage qu’on en fait en médecine. Ces fleurs paraissent en juin et juillet. À
Ces trois plantes sont améres et aromatiques. La première a une amertume plus prouoncée ; on l’emploie ez médecine à cause de ses propriétés anthelmintiques, carminalives, fébrifuges, vermifuges, etc. Les distillateurs en font aussi un grand usage pour préparer une liqueur de table qui est trèsestimée dans le nord de l’Europe; les fabricans de bière la substituent au houblon.
La Tunaisie jouit à peu près des mêmes propriétés que l’absinthe, mais sa saveur est plus âcre et moins agréable; on n’en fait usage qu'en médecine.
La Camomille romaine est celle des lrois dont le parfum et l’amertume sont le plus agréables, quoiqu'ils soient encore assez prononcés. Ses fleurs sont la seule partie qu'on emploie; elles sont toniques, carminatives, fébrifuges, antispasmodiques, elc.
L’Absinthe et la Tanaisie ont à peine besoin de culture; elles ne sont pas difficiles sur la nature du terrain, et viennent bien DÉS partout. Elles se multiplient très-
ien de graines; mais, comme ce moyen est le plus long, on se contente d’éclater les vieux pieds pour les diviser en autant de portions qu’on veut, pourvu qu’elles aient toutes un peu de racines. On plante ces éclats en quinconce dans une terre convenablement labourée, en les espaçant à deux pieds en tous sens. Cette plantation doit se faire à l'automne ou en hiver, et il faut profiter d’un temps humide pour en assurer la reprise.
Ainsi plantées, l'absinthe et la tanaisie peuvent rester quatre et cinq ans,et même plus, à la même place, jusqu'a ce que les pieds deviennent trop touffus; elles n’ont besoin que de quelques binages lorsqu'on s'aperçoit qu'elles sont trop embarrassées par d’autres herbes étrangères.— Leur récolte consiste à couper l’absinthe un peu avant sa floraison, quand ses tiges ont environ un pied et demi
e hauteur, et la tanaisie quand elles sont en fleur. On en fait des bottes qu’on porte sur les marchés des grandes villes. La première est achetée par les distillateurs, les pharmaciens et les herboristes; la seconde pese vend qu'aux derniers.
La Camomille romaine ne se cultive que dans les jardins, onen fait des bordures au moyen d’éclats tirés des vieux pieds, et qui peuvent durer plusieurs années. On récolte les fleurs sur place et on les fait sécher à l'ombre, ou on fait de petites bottes des tiges fleuries qui se vendent aux pharmaciens et aux herboristes qui les font secher.
SECTION vir. — De la Scille.
La Sculle ( Scila maritima, L.; en angl.
Squill; en all., Squille ou Meerzwiebel) est une plante de la famille des Asphodélées, dont la racine est une bulbe formée de tuniques épaisses, grosse comme les deux poings ou même comme la tète d’un enfant, et qui roduit une Lige simple, dépourvue de feuiles, haute de trois pieds ou environ, terminée