DU SUREAU, DU TILLEUL, DU HOUBLON ET DE LA MOUTARDE
par un long épi de fleurs en étoile, à six divisions et blanches. Les feuilles, qui ne poussent qu'après queles fleurs sontpassées, sont ovales-lancéolées, charnues et toutes radicales. Celte espèce croît sur les côtes sablonneuses de la Méditerranée et de l'Océan ; elle fleurit en août et septembre.
L'ognon de Scille est trés-employé en médecire : à dose un peu élevée il provoque le vomissement, mais à petite dose il est seulement expectorant, diurétique, incisif et apéritif, et c’est sous ces rapports qu’on en fait usage. Il ze peut se cultiver que dans les sables des bords de la mer et dans le midi. Les personnes qui auront à leur disposition des dunes sablonneuses pourront les utiliser en y faisant des plantations de scille. Il ne faut pour cela que faire rechercher les petits ognons dans les localités où ils croissent naturellement, ou prendre les cayeux quisontvenus autour des gros ognons, les planter à dix-huit pouces Îles uns des autres, et les laisser en place jusqu’à ce qu'ils aient acquis la grosseur nécessaire pour être livrés au commerce de la droguerie. Les gros ognons divisés par écailles peuvent aussi servir à la multiplication , parce qu’en laissant ces écailles exposées pendant quelque temps à l'ombre, il se forme à leur base de petites bulbilles qui, étant plantées, donnent avec le temps de grosses bulbes en tout semblables à celles qu'auraient pu produire les cayeux, ou à celles qui seraient provenues de graines.
Il sera traité plus loin du Safran sous le rapport de sa culture et de ses usages dans l’économie domestique et dans les arts; il suffira d'indiquer ici que les stigmates des fleurs de cette plante sont employés en médecine comme touiques et antispasmodiques; leur préparation ne diffère pas pour les emplois de la pharmacie de celle qu’on leur donne pour des usages plus généraux.
SECTION vin. — Du Sureau, du Tilleul, du Houblon et de la Moutarde.
Déjà, page 30 de la division de l’Agriculture forestière, on a traité du Sureau, et à la page #1 du 7zlleul. Ces deux arbres fournissent à la médecine, le premier ses fleurs et ses baïes, et le second 5ses fleurs seulement. Les fleurs du sureau s'emploient comme sudorifiques et résolutives ; on les recueille en juin; on les fait sécher à l'ombre, et on les conserve dans des sacs serrés dans un lieu sec. Les baies se recueillent à l'automne; les pharmaciens en préparent une sorte de confiture appelée rob de sureau. É
Les fleurs de tilleul sont anlispasmodiques, on les recueille et on les sèche comme les précédentes.
Le Houblon, dont on donnera plus loin la culture, fournit à la médecine des fruits qui sont employés à cause de leurs vertus antiscorbutiques, sudorifiques, toniques, ete. Ce sont ces mêmes cônes qui entrent dans la fabrication de la bière.
L'emploi de la graine de Moutarde noire, pour préparer ce qu'on appelle en médecine un sinapisme, est lrop répandu pour que nous n’en disions pas un mot. Les sinapismes
se font avec la même graine réduite en farine, que celle dont on retire de l'huile et ui est aussi employée pour faire la moutar- D de table. (Voyez Moutarde noire, p.10 de ce vol.) La Moutarde blanche, dont on a égale-
Liv, ii, ment traité au même endroit, est aussi employée en médecine à la préparation des siuapismes et pour l'usage de la table; c’est celle que les Anglais préfèrent.
LoisELEUR-DESLONGCHAMPS.
CHAPITRE VI. — DES PLANTES AROMATIQUES POUR LES PARFUMEURS , DISTILLATEURS, CONFISEURS ETC.
Les plantes de cette division figurent encore plus généralement dans les jardins que dans les champs. Cependant, quelques localités, surtout dans le Midi, en Provence et aux environs de Grasse, en font une branche de culture importante; cette industrie pourrait sans doute s'étendre ailleurs avec avantage, et pour êlre complets, nous n'avons pas dû nous dispenser d’en parler ici.
SECTION 1'°. — De l’ Anis.
L’Anis (Pimpinella anisum, L.;angl., 4nise; ital., 4rice; all., Anis) (fig. 37) appartient à Fig. 37.
la famille des Ombellifères ; c'est une plante annuelle, à tige droite, un peu rameuse; à feuilles ailées et à petites fleurs blanches, disposées en ombelle, auxquelles succèdent des graines convexes, pubescentes, d’une odeur et d’une saveur aromatiques un peu piquantes , mais douces et agréables. L’anis est originaire de l'Egypte et du Levant; on le cultive dans les anciennes provinces de Touraine et de Languedoc, à cause de l’e”z.
ploi qu'on fait de ses graines e7 pharmacte, et surtout parce que les parfumevurs , les confiseurs et les distillateurs er font un granausage, soit pour en retirer le parfum, soit pour en faire des dragées, ou enfin pour en composer des liqueurs de table.
L’anis se plait plus particulièrement dans les terrains sablonneux et calcaires, et il réussit beaucoup mieux sur les coteaux qu’à toute autre exposition. Il craint le froid, et pour cette raison il ne faut le semer qu'au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à
redouter. Le sol qu'on lui destine doit avoir été préalablement bien préparé par de bons labours, et il faut que la terre soit aussi meuble et aussi unie que possible. On sème ensuite la graine à la volée, et on ne la recouvre que légèrement. Dès que la plante est levée, il faut la sarcler, afin de la débarrasser de toute mauvaise herbe. Un second sarclage est nécessaire avant l'époque de la floraisou.
La maturité de l’anis commence crdinairement au mois d'août, mais elle a lieu successivement; il faut cueillir les bouquels de graines au fur et à mesure qu'ils brunissent, en choisissant pour cela un beau jour et sans attendre la chute de la rosée. Les bouquets doivent être étendus daus un endroit bien exposé, pour achever de les dessécher, et lorsque la dessiccation est parfaite on les üat au fléau comme le blé. Il faut ensuite vanner la graine pour la rendre bien nette, et lorsque cette dernière opération est terminée, il ne reste plus, afin de luiconserver son arome, qu’à la préserver de l’action de l'air en la renfermant dans des sacs qu’on doit avoir soin de serrer dans un lieu sec.
Il faut environ 12 livres de graine pour semer un demi-hectare , et si l'année est favorable, il n’est pas rare d’en retirer 8 quintaux. Le prix de l’anis varie selon son abondance ou sa rareté; il s’est vendu 1 fr. la livre et est descendu à 50 c. et même au-dessous.
SEecTion 11. — Du Carvi et de La Coriundre.
Ces deux plantes appartiennent à la même famille que la précédente. Le Carvi (Carur carvi, L.; angl., Caraway-seed; all., Xümmel) est bisannuel; sa tige s’élève à deux pieds ou environ ; ses feuilles sont deux fois ailées, à folioles linéaires; ses fleurs sont petites, blanches, en ombelles läches; elles paraissent en mai et juin; il leur succède des graines petites, convexes d’un côté, aplaties de l’autre, ayant une saveur âcre et aromatique. Le carvi croît naturellement dans les prairies des montagnes.
On le cultivait autrefois pour sa racine qui est aromatique ; aujourd’hui, c’est plus particulièrement pour sa graine, que, dans le nord, on mêle dans le pain et le fromage, et que les distillateurs d’eau-de-vie de grain ajoutent pour lui donner une saveur plus piquante. Sa culture est peu répandue. On sème la graine de carvi en automne ou à la fin de l'hiver, dans une terre fraiche et bien labourée. Le plant qui en provient a besoin d'étre sarclé deux ou trois fois dans le cou-
cap. G°.
rant de l’année suivante, et, lorsqu'on se propose pour but les racines, elles sont bonnes à arracher en octobre et novembre; si au contraire la culture est faite pour récolter les graines, il faut attendre l'été suivant.
La Coriandre (Coriandrum sativum, L.; angl., Coriander;ital., Coriandolo; all., Koriander) est annueile; sa tige droite, souvent rameuse, produit des feuilles dont les inférieures sont composées de folioles arrondies et les supérieures divisées en lanières étroites ; ses fleurs sont blanches, disposées en ombelles à 5 ou 8 rayons, et 1l leur succèdé deux graines presque globuleuses. Cette plante est originaire de l'Itaiie. On la cultive en France das quelques cautons, à cause de ses propriétés; mais sa culiure n’est pas d'une graude importance.
1! faut à la coriaudre un so/ leger, profond, et une exposition chaude; on donne à la terre les mêmes façons que pour le blé et souvent sans y mettre d'engrais, parce que cette plante effrite peu le terrain. O7 séme en aout ou en mars. Lorsque la coriandre est levée, elle a besoin de sarclages assez nombreux, afin que les mauvaises herbes ne lui puisent pas, et oz l’éclarrcit de manière que ses pieds soient à environ 6 pouces les uns des autres. Celle qui à été semée en août fleurit au commencement de mai de l'aunée suivante, el elle est toujours plus belle ; celle qui n’a été semée qu'en mars ne fleurit qu’en juin.
La graine de l’une et de l’autre ze mürit d'ailleurs que successivement, et on en fait la récolte en juillet ou au commencement d'août; mais par la raison que les graines ne mürissent pas loutles en même temps, 1l y en a toujours un tiers de perdu; la graine la premuère mûre tombe avant la récolte, et celle qui n’est pas müre ne peut être vendue daus le conimerce. On fait la coupe à la faucille, et le matin à la rosée afin d'éviter une plus grande perte. On bat tout de suite les uges sur des draps dans le champ même, et onemporte la graine à la maison, où on attend une quinzaine de jours avant de la serrer, pour donner le temps à celle qui n'était pas tout-à-fait müre de se perfectionner. On ne doit la serrer que lorsqu'elle est bien sèche.
Les graines ae coriandre, lorsqu'elles sont desséchées, ont une odeur forte el aroimatique ; les confiseurs les emploient pour faire des dragées. Aujourd’hui elles sont peu usitées en médecine; elles passent pour carminatives el stomachiques. Il y a des pays dans lesquels ces graines servent & aromatiser les mets dans les cuisines. Dans le nord on en méle une certaine quantité dans le pain.
Lorsque la coriandre est en végétation, surtout dans les temps pluvieux, elle exzale une odeur forte et fétide, analogue à celle de la punaise des lits; celte cdeur a plusieurs fois occasioné des maux de Lète et des nausées à des personnes qui s’y sont lrouvyées exposées.
SECTION li. — De l'Angélique.
L'Angélique (Angelica archangelica, 1;
angl. etital., Argelica; all., Angelike où Engelwurg) (fig. 38 ) appartient encore à la fa-
AGRICULTURE