‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 75 sur 467 · abours · texte numérisé non relu

abours

JHETSAGES. 0 CE Et 09 Demuaule) 4. Ur ce... 20 SEMENCE. . Lee: 30 1binage à la main et éclaircir. 40 2 binages à la houe.. . . . 8 Coupe des feuilles. . . . . 150 Manipulalions. , 5, :820.77,195 Fanter. ss TU EN. Le LE0 Rente ou loyer du sol. . . . 80 652 fr.

Produits.

Fumier restant. . . sde nOfr.

Vente des coques. . . . 780 Graines\etihiges et EEE 50 920 fr.

Dont il faut déduire... 652 Titi Plus l’intérêtà 10 p.°,,. 65 Reste pour ézéfice::. 40e 08Ar:

Ce bénéfice est assez important, et le chiffre que nous avons donné mérite d’autant plus de confiance que la moyenne de 55 quintaux est un peu faible. On obtient quelquefois 70 et même 80 quintaux de coques bien sèches.

Cependant la culture du pastel entraîne avec elle tant de soins et de main-d'œuvre, dans un moment où l'exploitation réclame impérieusement les bras des ouvriers et la surveillance du maitre, qu’elle est, pour les grandes exploitations, une source d’embarras qui nuisent tellement à la marche générale des travaux qu'il faut absolument y renoncer et l'abandonner aux mains de la petite propriété.Si d’ailleurs on veut importer cette cullure dans un canton où elle n’est pas connue, on éprouvera de grandes difficultés pour les manipulations , les hommes bien au fait étant éloignés, et pour le débit, parce que les industriels ont un préjugé contre le pastel qui ne vient pas des lieux ordinaires de production.

Il n’est pas inutile de dire un mot du pastel comme plante fourragère et de pâturage.

Ses feuilles grasses et charnues donnent une grande masse de nourriture : ce sont les premières qui paraissent au printemps, et c'est surtout sous le rapport de sa précocité que le pastel doit attirer l'attention de ceux qui élèvent des troupeaux. Il végète encore bien pendant la sécheresse. Sa racine longue et fusiforme lui permet de ne pas souffrir de l’absence d'humidité qui suspend la végétation des plantes à racines superficielles et tracantes.

ANTOINE, de Roville.

SEcTioN 1V. — De l'Indigotier.

On a cherché à introduire en France la culture de lindigotier, et des essais assez multipliés ont été faits aux environs de Perpignan et de Toulon. Mais, quoique la plante ait assez bien réussi, on a été forcé de renoncer à la cultiver, parce que les produits ne compensaient pas les dépenses qu'exigeait ce nouveau genre de culture; il en a été de

car. 7° DE L'INDIGOTIER.

même en Toscane. On a donc abandonné l'indigotier pour s'attacher de préférence au pastel qui fournit une matière colorante approchant beaucoup de celle de lindigo.

Par conséquent, cette culture ne pouvänt étre profitable qu’en Corse et sur le territotre d’Aiger, nous nous bornerons à l'indiquer en peu de mots, ainsi que la préparation de l'indigo qui est assez difficile et exige plusieurs opéralions délicates.

On cultive les indigotiers pour extraire de leur feuillage ce beau principe colorant bleu-indigo qui est si employé dans la peinture en détrempe et suriout dans la teinture des étoffes, soit seul, soit plutôl mélé au vouède ou coques de pastel et à d’autres couleurs. Le commerce en distingue trois sortes principales, l’érdiso flor ou flottant, le violet, le cuivré, de grains, de couleurs et de qualités différentes. Le meilleur indigo doit être sec, facilement inflammable, si léger qu’il surnage dans l’eau, d’une couleur d’un bleu violacé. Autrefois on le tirait principalement des Amériques espagnoles, des Antilles, de l’Iude, de l'Egypte, des îles de France et de Bourbon, de Madagascar; on a essayé sa cuiture avec succès à Malte et au Sénégal. Depuis que les Anglais eu ont étendu la culture aux Indes-Orienlales, les Antilles n’en fabriquent presque plus, et dans le commerce on désigne la provenance des indigos par les noms de Guatimala, Bengale, Hadras et Coromandel.

Le nombre des espèces et variétés d'indigotierest considérable. Les plus cultivées sont : l’Indigotier franc(Irdigofera anil, 1.) fig. 45),

Fig. 45.

arbuste sous-ligneux, de 2 à 3 pieds d’élévation, originaire des Grandes-Indes, et cultivé aux Antilles et en Amérique ; l’Z des teinturiers où des Indes (I. tinctoria, L.; indica, Lam.), arbuste à peu près de même taille, qui croit spontanément à l'Ile-de- France, à Madagascar; l’Z. glauque où à feuilles argentées (Z. glauca où argentea, 1; Nil des arabes), petit arbuste d’un à deux pieds, qui existe en Egypte, où on le cultive en grand pour l'extraction de l’indigo; l’Z. de la Caroline (I. caroliniana, Walter), à tige herbacée, haute de un pied et demi à 2 pieds,

qui croît naturellement en Caroïine,où on ie cultive aussi pour son principe colorant.

— Depuis quelques années, les Anglais cultivent beaucoup dans l'Inde un arbuste voisin des Lauriers-roses, espèce du genre Wrigtie de R. BRowN (/ rigtia, Nerium tinctorium), qui donne une grande quantité de feuilles bleues aussi belles que celles del’indigotier et qui peut en tout lui étre substituée; cet arbuste présente l’avantage d'être vivace, beaucoup plus grand, d’avoir des feuilles plus larges et plus épaisses, et, une fois planté, de n’exiger pour ainsi dire aucune culture.

En Amérique, dans les Antilles et particulièrement à Saint-Domingue, la culture de l'indigotier offrait d'autant plus d'avantages au colon, qu'elle n’exige que de faibles ayances et qu’il faut peu de temps pour réaliser les résultats. On la fait ordinairement dans les terrains neufs provenant de défrichemens; on doit, autant que possible, choësir ur terrain à proximité d’un ruisseau, tant pour l’arrosement de la plante que pour les besoins de l’indigoterie qui fait une grande consommation d’eau.

Lorsque le terrain a été bien purgé de toutes les mauvaises herbes, on le /aboure profondément, puis on pratique à la houe, à environ un pied de distance les uns des autres, des trous de 2 à 4 pouges de profon deur dans chacun desquels des femmes et des vieillards déposent de 8 à 12 graines; d’autres ouvriers viennent ensuite recouvrir ces semences. Le semis a lieu généralement de novembre à mai, à une époque où la terre est humectée par de petites pluies, celles qui sont prolongées faisant souvent pourrir la graine. et la sécheresse n'étant pas moins faneste.

Dès que les jeunes plants sont bien levés, il faut commencer à sarcler avec soin et renouveler cette opération aussi souvent qu’il est besoin, jusqu’à ce que l’indigctier ait pris assez de développement pour ne plus souffrir des mauvaises herbes.Lorsque la saison est sèche, 11 faut donner de fréquens arrosages, mails sans laisser séjourner l'eau.

Quand les plantes sont arrivées à leur malurité, ce qui arrive lorsque les fleurs commencent à se montrer. c’est le moment de Jatre la récolte en coupant les tiges, parce qu’alors les feuilles sont le plus gorgées de sucs colorans. Dans les climats qui conviennent à l’indigo, la récolte se fait souvent deux mois ou deux mois et demi après les semailles; et si la saison est favorable, on peut encore faire une seconde coupe deux mois après. M. Bové nous apprend qu’en Egypte on fait 3 et méme 4 coupes par an, quand on a bien soigné la culture et en donnant chaque fois un ou deux binages

Quoique l’indigotier soit vivace et même un arbuste, on est assez dans l'usage de le semer lous les ans; Cependant on conserve quelquefois Les couches pour l’année suivante, et alors la récolte est plus hâtive, résiste mieux aux vents, aux pluies et à la sécheresse.

On ne place que rarement cet arbuste dans le même terrain, si ce n’est après un intervalle d’un assez grand nombre d'années; les

Arabes abandonnent mème pendant quelques années le sol qui l’a produit, si le Nil ne l'inonde pas, prétendant qu'il 2e vient après rien ou qu’une chétive récolte; on peut en conclure que cetie plante est trés-épuisante, mais il suffirait d'engrais et de Jabours pour remettre la terre en état d’être productive.

Les indigotiers sont sujets à êlre attaqués par plusieurs insectes qui détruisent souvent les plus. belles plantations, et ne laissent quelquefois d’autre ressource que de couper bien vite l’indigo pour ne pas tout perdre; cependant Durour, propriétairecultivateur à Saint-Domingue, a employé avec succès un troupeau de dindons auquel on donnait peu de nourritnre et qu’on envoyait dans les champs d’indigo au moment où les chenilles s’y montraient.

Aussitôt que l’Aerbe est coupée, on doit l'enlever et la transporter à l’usine pour y subir les préparations nécessaires à l’extraction de l'indigo. Dans les colonies, cette fabrication, sans exiger de grands bâtimens ni de dispendieux appareils, est fort compliquée et très-sujette à ne donner que des mécomptes lorsqu'on n’a pas le tact le plus fin et l’habitude la plus grande pour bien conduire l'opération dans tous ses détails.

Dans l'Inde et notamment en Egypte, on met en usage des procédés beaucoup plus simples et plus certains, et qui paraissent donner un indigo aussi bon, quoique peutêtre moins pur. Voici comment M. Bové décrit les ézdigoteries des Arabes, qu’il leur a vu souvent établir dans le champ même:

« L'appareil consiste en plusieurs jarres de terre cuite qui sont à moitié enfoncées en terre afin de les soutenir, et en un chaudron qui sert à chauffer l’eau. On rassemble les tiges d’indigctier pour les hacher, puis on les met dans les jarres et on verse dessus de l’eau chaude; on foule la masse avec des bâtons pendant quelques heures; on égoutte les feuilles macérées dans des baquets au-dessus desquels on les soutient sur des espèces de claies. On laisse reposer l’eau colorée dans ces baquets, pour que la fécule se dépose au fond; on fait écouler ce qui surnage. On creuse alors une petite fosse dans la terre, et après avoir saupoudré de sabie le fond et les parois, on y verse la fécule recueillie; elle s'y égoulte pendant quelques heures. Enfin , lorsqu'elle est encore en consistance de pâle , on la met dans des moules ronds, où elle achève de sécher, et on lui donne la forme de pains de quelques livres. » C. B. de M.

SECTION V.— Du Safran.

Le Safran (Crocus sativus,T.., angl.; Safrar- Crocus; all., Safran; ital., Zaffarano) (fig. 46) est une plante de la famille des Iridees. Ses fieurs d’un brun pourpre sortent presque à f'eur de terre, de tubercules gros à peu près comme une noix muscade ; elles paraissent en octobre. Viennent ensuite des feuilles radicales d’un vert gris et presque linéaires. Le fruit ne parait qu'au printemps suivant.

Ainsi, dans son mode de végétation, le safran parait avoir beaucoup d'analogie avec le Colchique que dans certains cantons on nomme

CULTURES INDUSTRIELLES : DES PLANTES TINCTORIALES. Fig. 46,

mm à

safran des prés. L'ovaire, déposé au fond de la corolie, est surmonté par un stigmale trifide dont les divisions surpassent celles de la corolle. Ce sont ces ramifications du stigmate qui font Le principal produit du sa- Jran et sont employées dans la médecine, la parfumerie, l'économie domestique,et surtout dans l’art du teinturier.

Choix du sol et du climat; succession de culture. -— Le safran paraît originaire des montagnes de l’Europe méridionale, du N.

de l'Afrique et du N.-0. de l'Asie. La culture Ja transportée dans presque toutes les contrées de l’Europe. On le cultive en Autriche, en Hongrie, en France et jusqu’en Awgleterre. Il parait néanmoins qu'il ne peut supporter un froid qui s’élèverait jusqu'à 12° 1/2 R. Le so/ qu'on lui destine est ordinairement pris dans la classe des loammeux :

les terres qui contiennent quelques centièmes d’élément calcaire lui sont particulièrement favorables. Comme le produit du safran consiste surtout dans les parties florales, on pourrait croire qu'un sol trèsriche est une condition indispensable de bénéfices ; en effet, on sait jusqu’à quel point la culture a modifié et développé les organes de la génération dans les fleurs de nos jardins. Cependant on commettrait une grande erreur si l’on destinait à cette plante un sol bien fumé ou naturellement très- fertile :

car l’exaltation du parfum et l'intensité de la couleur ne peuvent s’obtenir que dans les climats chauds, ou dans les terres un peu sèches et arides. Le fermier ÆZ4s dit que dans le district des deux Reslavans (Angleterre), où croit le meilleur safran de ce pays, les terres sont très-légères et reposent sur la craie. Il ne faut pas néanmoins tomber dans l'excès, car si des terres de cette nature sont, en Angleterre, appropriées à Îla culture du safran, il n'en est certainement pas de même pour les contrées plus méridionales. Le safran, ainsi que nous l’avons dit, ne commence à donner des signes de végétation et ne produit ses feuilles qu’à l'automne: comment pourrait-il, dans une terre totalement privée d'humidité, supporter une sécheresse un peu prolongée? L’ognon se dessécherait infailliblement.

CRHAP. 7°.

DUSAFRAN-

Comme la terre destinée à une safranière | par acre, ce qui fait 980,100 par hectare.

doit être soigneusement choisie, et que le safran occupe le sol pendant plusieurs années successives, cette plante 7e peut pas entrer dans un cours ordinaire er régulier de culture, mais occuper une terre à part et hors d’assolement. Le safran peut venir à la suite de la plupart des autres plantes, pourvu qu'elles n'épuisent pas trop le sol et le laissent en bon état de propreté et d’ameublissement. Il vient bien surtout après le trèfle, le sainfoin, les féverolles et les récolles biuées. Comme a plantation n'a lieu que de juin en août, quelques cultivaleurs récoltent la même année des vesces coupées en vert pour fourrage. Après le safran on cultive avec succès toute espèce de plantes, même du froment, parce que, n’arrivant jamais à graine, il épuise peu le sol, et que d’ailleurs les espaces qui séparent chaque rangée sont demeurés improductifs. Quelques personnes se sont bien trouvées d'avoir semé du sainfoin après le safran, qui ne peut revenir sur le même sol qu'après un espace de 7 à 8 ans.

Choix, habillage et plantation des ognons.

— Lors de l’arrachage des bulbes de la derpière récolte, on aura eu soin de les strattfier avec une terre poreuse et un peu sèche, afin qu'ils ne puissent ni végéter, ni pourrir, ni sécher. Quelques personnes préfèrent n’arracher l’ancienne plantation qu’au moment de commencer la nouvelle. Cette méthode a l'avantage de procurer des ognons plus sains, mais il faut faire le sacrifice d'une année de production sur la plantation qu’on veut détruire, et ce sacrifice est souvent plus que suffisant pour compenser l'avantage qu’on espère trouver dans ce pracédé. On a soin d’écarter les tubercules qui sont alongés et pointus, comme aussi ceux qui ont été attaqués par les insectes, pourris ou meurtris, et ceux qui laissent voir à nu une chair blanche dépouillée de pellicule.

Avant de les mettre en terre, on les passe individuellement en revue, afin de les débarrasser de toute substance étrangère, de l’ancienne peau et de l’ognon-mère. Ce soin est plus important qu’on ne pourrait le supposer, et c’est parce qu’on l’a négligé que la safranière se trouve quelquefois, à son début, envahie par des fléaux qui détruisent en peu de temps les plus belles espérances.

Après avoir préparé convenablement le sol

ar des labours profonds, complétés par la

erse et l’extirpateur, on tend le long du champ un cordeau pour tirer une rigole suivant sa direction. Cette rigole, tracée avec une houe à lame élargie, doit avoir une profondeur de 6 pouces. Celle-là terminée, on en recommence une nouvelle à 4 pouces de distauce de la première ; mais, pendant que la première se creusait, un ouvrier y disposait daus le fond les tubercules à une distance de 3 pouces les uns des autres. Les tubercules sont recouverts avec la terre provenant de la seconde rigole. On continue la méme manœuvre jusquà ce que la planta- Uuon soit terminée. Cette opération a lieu

es ———— oo

ordinairement vers la mi-août, On compte |

en France qu’il faut 600,000 tubercuies par hectare. En Angleterre, on en imet 392,040

Soirs pendant la végétation; Maladies.— Quelques semaines après que le safran a été planté, on voit sortir de terre comme un bourgeon tubuleux et bleuâtre. Il faut alors détruire les mauvaises herbes, et donner un binage léger;afin de ne pasoffenser ces jeunes pousses qui contiennent le rudiment de la teur. On la laisse en cet élat jusqu’à la récolte, et on la préserve de la dent des animaux sauvages qui font de grands dégâts dans les safranières. Vers la mi-octobre on procède à la récolle de la manière que nous indiquerons plus bas. En novembre on n’a autre chose à faire qu'à préserver la safranière de Ja présence des souris, des rats, des mulots et d’autres herbivores qui, trouvant alors ia campagne nue et dépouillée, se retirent dans les safranières, en rongent les tubercules et mangent les feuilles qui commencent à poindre, et qui ne tombent qu’à la Saint-Jean de l’année suivante : elles sont alors pour les vaches une nourriture qui pousse à la production du lait.

La seconde année n’amène pas d’autressoins que la première, c’est-à-dire des sarclages et binagesrépétés autant de fois quele réclament l’état du sol et les circonstances atmosphériques.On fait la récolte en octobre. La troisiéme annéeexige les mêmes opéra{ions; elle est ordinairement la dernière ; car les bons cultivateurs craignent de tirer plus de trois récoltes successives d’une même plantation.

Les ognons-mères ne se reproduisent pas au-dessous d’eux, comme cela a lieu chez quelques plantes analogues, mais au-dessus et de côté, de sorte qu’à la fin les pousses de safran sont distribuées d’une manière si irrégulière, et les rangées tellement confondues, qu’en faisant les binages ou en opérant la récolte, on ne peut éviter d’écraser et de détruire une grande quantité de plantes. De plus, les ognons, en se reproduisant toujours ainsi au-dessus d'eux-mêmes, s’exhaussent continuellement, et pour ne leur causer aucun tort, on est obligé de ne donner que des binages superficiels, et par conséquent de ne procurer à la safranière qu’un ameublissement imparfait et de Ja laisser dans un état de propreté peu satisfaisant :

le sol se durcit, devient intraitable et ne donne plus que de chétifs produits.

Il est rare aussi que les ognons atteignent la quatrième année sans être attaqués par une de ces maladies terribles qui causent tant de ravages, et dont quelques-unes sont conlagieuses. Ces maladies sont : 1° Ze fausset, prolubérance alongée qui parait sur le flanc de l'ognon et finit par le ronger entièrement; — 2° /e tacon, ulcère qui commence par une tache brune et qui altaque le cœur de l’ognon : elle est contagieuse ; — 3° La mort, qui n’est autre chose qu'une fongosité, classée par PERSOON dans le genre Sclérote : elle entoure l’ognon de ses filamens, l'étreint et le fait mourir. Elle est tellement contagieuse qu'une pellée de terre provenant d’une safranière qui a été envahie, serait suffisante pour communiquer la conlagion à une autre plantation : el que si dans le terrain atlaqué on remellait du safran avant 15 ans sans écobuer, il serait attaqué

immédiatement. Il n’y a pas d'autre remède aux deux premières maladies que Pamputation jusqu'au vif des ulcères et desexcroïssances. La dernière ne peut se détruire, mais on peut en arrêter les ravages par le blocus, en ceignant les parties attaquées d’un fossé profond dont on rejette la terre dans l’intérieur de la circonvallation.

Aprés la récolte de la troisième année on arrache les tubercules, ou bien on laisse en terre jusqu’à l’été suivant.

Récolte, épluchage,dessiccation et produits.

— Les fleurs de safran ne paraissent pas toutes en même temps,el suivant que la température est plus où moins favorable, la récolte est terminée dans 5 jours ou dure 2 ou 3 semaines. On doit, le matin seulement, parcourir la plantation pour prendre les fleurs épanouies; si l’on attendait plus tard, elles se faneraient. ou se fermeraient, et l’épluchage présenterait beaucoup de difficultés. Les fleurs sont apportées dans des paniers à la maison, étendues sur un vieux drap ou sur des nattes, et on procède immédiatement à l’épluchage. On coupe les ramificalions du stigmate un peu au-dessous de leur point d'insertion sur le style; ce sont ordinairement des femmes qui font cette besogne. Mais la cueillette doit être faite par de petits garcons ; les femmes, en parcourant la plantation, cassent avec l’ourlet inférieur de leur robe les fleurs naissantes, et comme il y a alors beaucoup de rosée, leurs vêtemens, se chargeant de boue, salissent presque tout ce qu’elles ne détruisent point : il faut donc préférer de petits garcons pour cette besogne.

Immédiatement après l'épluchage o7 procède à la dessiccation. On la fait quelquefois à l'ombre dans un endroit sec ; mais l’opération traine en longueur, et le safran perd de sa qualité, car on sait l'influence qu’exerce la lumière sur les couleurs végétales un peu fugaces. Il vaut mieux la faire à la chaleur du feu ; on prend du charbon bien pur ou du coke; on l’allume, et à un pied au-dessus on suspend un tamis dont Ja toile est couverte d’une feuille de papier blanc : c’est sur cette feuille qu’on place le safran épluché à une épaisseur d’un pouce environ ; de temps à autre on le retourne, jusqu’à ce qu'il soit sec et friable. Cette opération est délicate, et c’est ordinairement la maîtresse de la maison qui s’en charge.

Le safran séché est mis dans des boîtes doublées en parchemin. On fly dépose bien légèrement, parce que si on l’y foulait il se réduirait en poussière ; mais environ deux heures après qu’il a été déposé dans la boite, il redevient flexible. et on peut le serrer un peu. On net alternativement une couche de safran et une couche de papier, et on ferme bien hermétiquement. En Allemagne, le safran se conserve dans des vessies qu’on enduit d’une couche d'huile à l'extérieur, et qu'on enveloppe encore dans une étoffe de laine.

Un auteur renommé porte à 80 livres de safran le produit des deux premières années d’uve safranière. Je crois le chiffre exagéré. En Angleterre, on estime que le produit est la 1°° année de 5 livres de safran sec par

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