‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 80 sur 467 · PLANTES POUR LA TANNERIE · texte numérisé non relu

PLANTES POUR LA TANNERIE

fermentation; il en est de même du M. sylvaticum; on a trouvé que les Rhënanthus donnent la couleur bleue aussi bien que les Melampyrum; l’'Euphresia officinalis a beaucoup d’analogie avec eux. Ilest enfin à remarquer que ce qui arrive après la mort chez quelques phanérogames, a lieu pendant la vie de certains Zichens et de quelques espèces dé Boletus, qui, quand on les coupe, tournent au bleu; quelques-uns produisent la couleur de tournesol; mais la manière de l’obtenir est bien différente de celle que l’on emploie pour lindigo et pour certaines es-

couleur après avoir éprouvé une sorle de | pèces de croton. (DiERBACH.) CHAPITRE VIII. — DES PLANTES UTILES DANS DIVERS ARTS.

Section 1°. — Plantes pour la tannerte.

Le tannin, ou principe astringent produit par certains végétaux, combiné à la peau des animaux, a seul la propriété d’en faire ce qu’on connaît sous le nom de cuir à soulier; l'écorce du Chéne est la substance de laquelle on l'extrait plus généralement en France et en Amérique; il en est traité ailleurs (4gric. forestière, T. IV, p. 113); mais il existe un grand nombre de végétaux indigènes ou exotiques, qui renferment des principes tannans; nous citerons d’abord toutes les parties du Chaëne, l'écorce des Bouleaux, principalement employée en Russie; diverses parties du Marronnier d'Inde, du Saule, de VOrme, le Redoul et autres Sumacs, dont nous parlerons tout-à-lheure; l’Arrelle , les Rosiers de Provins et du Bengale, le Pin de barbarte, le Grenadier; puis plusieurs plantes vivaces , commes les Polygonées , les feuilles du Phytolacca, le grand Plantin, la fausse Gauue, etc. Four s'assurer de la richesse d’un végétal en principes tannans, il suffit de Îe faire bouillir, haché menu dans de l’eau. et d'ajouter une solution aqueuse de vitriol vert ou de colle-forte; avec le vitriol la décoction noircit plus ou moins en raison du tannin qu’elle contient; avec la colle, la deécoclion se trouble et il se dépose au fond du vase un précipité blanchätre, aussi plus ou moins considérable. M. Dusuc, de Rouen, a conclu de ces observations qu'on peut facilement, et sans de grands frais, extraire de ces végétaux les principes tannans qu'ils contiennent, et que cette extraction en grand du tannin devrait donner lieu en France à une nouvelle branche d'industrie que quelques études chimiques, telles que celles possédées par les pharmaciens, devront conduire promptement à d’heureux résultats.

Le Myrte commun est un des végétaux dont l'écorce, les feuilles, les fleurs et les fruits sont le plus astringens ; il parait même qu'ils le sont encore plus que dans le chêne; aussi les emploie-t-on généralement au tanpage des cuirs dans les pays mévidionaux de l'Europe où ils croissent naturellement et presque sans culture.

Le Surmac des corroyeurs ou Redoul { Rhus

coriaria, L.) Roux, Vinaigrier(fig.48), arbuste Fig. 48.

de 8 à 10 pi. de haut, de la famille des Térébinthacées, est le végétal le plus cultivé dans le but d'extraire les principes tannifères qu'il renferme. Sa culture a été spécialement observée en Sicile, en Italie et en Espagne, et elle pourrait être tentée avec succès dans plusieurs parties de la France où elle n'est négligée que par suite de la difficulté de faire adopter par les agriculteurs de nouveaux cenres de culture, lors même qu'ils pourraient leur offrir de grands avantages s'ils voulaient s’y livrer. — Ce sumac croit naturellement dans les climats chauds de lEurope, et il peut aussi prospérer dans les régions où le froid a une certaine intensité durant l'hiver. Azuccmini, directeur du Jardin expérimental de Florence, rapporte que sur la montagne où est située la ville de Giulano, il a va plusieurs cultures de sumat; elles ne commencaient leur végétation qu'au mois de juin, attendu que le froid, qui est considérable sur cette montagne, puisque la peige y séjourne et que l’eau et la terre y gèlent, n'avait cessé que depuis peu de temps; les habitans lui certifièrent que le

p2 CULT. INDUSTRIELLES EDESÆI sumac qui croit dans ce canton est meilicur pour le tannage et plus recherché que celui qui croit dans les lieux bas et par conséquent plus chauds du même pays. Sous le climat de Paris, le redoul gèle souvent, mais ordinairement il n’y a que les tiges de frappées, et les racines donnent l’année suivante un beaucoup plus grand nombre de rejets; on pourrait donc en essayer la culture avec éspoir de succès.

Le redoul croit promptement et dans les sois les plus aride; ; il repousse sans cesse de nouveaux rejetons du pied; il peut fournir, dans un court espace de temps, du bois propre au chauffage et mème à d'autres usages, quoiqu'il soit tendre. La faculté qu'il a de repousser facilement, le rend propre à soutenir les terrains escarpés et les bords des rivières et des torrens encaissés. Sa culture ne demande autre chose que le défoncement à la béche du terrain auquel on veut confier les rejetons. On les met en terre au mois d'octobre par rangées, à la distance de deux brasses les uns des autres, à la profondeur de trois pieds; on laboure pendant l'hiver et au commencement du printemps.

A la seconde ou troisième année, au mois d'août, on coupe à fleur de terre les plantes qui ont alors acquis toute leur croissance et dont les feuilles sont bien müres. Lorsque les

ieds ont des racines pius étendues, les rejetons sont plus nombreux, plus vigoureux et les récoltes plus abondantes ; ces récoltes ne sont exposées à presque aucune intempérie des saisons Bi aux attaques des insectes, et le sumac vit et prospère dans le même terrain pendant un grand nombre d'années. Clacune des années qui suivent la 2° ou la 3°, on fait une coupe pareille.

La préparation du sumac consiste à faire sécher les tiges au soleil, à en séparer ensuite les feuilles par le batiage qui se fait avec des bâtons ou des fourches. On réduit ces feuilles en poudre en les faisant passer sous une meule verlicale, pareille à celle qu'on emploie dans la fabrication de l'huile; cette substance est alors propre à être livrée au commerce pour le tannage des cuirs; on l'emballe dans des sacs de toile pour la transporter.

La feuille du sumac est excellente pour préparer les maroquins et autres cuirs; on s’en sert aussi pour laver les peaux qui ont trempé dans l’eau de chaux avant de les faire passer à la teinture. — Les fruits de cet arbuste, qui ont une saveur aigrelelte, sont astringens et antisepliques; on s’en sert fréquemment en médecine; ils étaient employés par les anciens dans l’assaisonnement des mets ; les Hongrois les mettent dans le vinaigre pour le colorer et en augmenter la force; les Egyptiens s’en servent aussi pour colorer et assaisonper leur pilau.

Le Sumac de Virginie (Rhus tÿphinum, L.) très-commun maintenant dans les jardins, est un arbrisseau un peu plus grand que le précédent, et qui parait jouir des mêmes propriétés économiques et médicinales. Il est très-rustique, ne craint pas les gelées les plus fortes, s’accommode de fort mauvais terrains et donne en abondance des rejets

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