‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 82 sur 467 · DE LA CARDÈRE A FOULON · texte numérisé non relu

DE LA CARDÈRE A FOULON

monter. — Ordinairement on fait trois binages la 1'* année et un seul la seconde.

Dans les environs de Liége et en Angleterre en donnant une seconde culture au milieu de mai quand les tiges commencent à se montrer, On butte les plantes afin de les soutenir et de les faire mieux résister à l’action des vents. Dans le midi de la France, il est très-utile d’arroser la cardère avant qu’elle

monte en tige, et on le fait toutes les fois que

le terrain permet l'irrigation. — Quelquefois les pieds de cardère poussent des drageons qui nuisent beaucoup à la production des têtes, on doit Les extérper en fouillant la terre Jusqu'à leur origine. — Une plante parasite, nommée gras aux environs d’Elbeuf et de Louviers, probablement une espèce d’Orobanckhe, fait beaucoup de tort aux cultures de cardères. Il arrive quelquefois, surtout dans les années chaudes , que certains pieds et même la majeure partie montent des la 1'° année ; il faut dans tous les cas en faire la récolte, et, si un grand nombre des pieds ont été dans ce cas, il est ordinairement plus avantageux de supprimer la plantation après cetle 1° récolte. — Quelques cultivateurs suppriment la principale téte de chaque pied de cardère au moment de son apparition, afin de faire multiplier les autres et Augmenter leur volume; cette pratique parait devoir être approuvée, cette première têle alimentée par la sève prenant souvent un développement enorme aux dépens des autres.

La récolte de la cardere, quand on ne cherche pas à obtenir la graine, commence vers le milieu de juillet lorsque toules les fieurs des têtes sont tombées et que ces têtes prennent une couleur blanchâtre. Elles sont loin de mürir toutes à la fois, et le mieux est de les couper au fur et à mesure. Généralement on fait ce travail en trois fois, à une semaine ou dix Jours d'intervalle. On coupe les têtes bonnes à prendre en leur laissant une queue d’un pied environ; on les lie ensuite par paquets de 50, et on les porte dans un grenier ou sous un hangar bien secs; quand le temps est beau, on les met dehors et on les expose au soleil pour les dessécher parfaitement. Il faut avoir grand soin de les mettre à l'abri des pluies qui font pourrir les têtes ou du moins affaiblissent les crocheis, soit qu'on les laisse sur pied, soit qu'on les rentre mouillées ; cette inlemperie cause parfois de très-grandes pertes. Une dessiccation rapide au trop grand soleil nuit aussi à la qualité des té!es de cardère dont elle rend les crochets trop cassans.

Pour Ævrer la cardère au commerce, on assortit les tètes en plusieurs parts en raison de leur grosseur. Les fabricans désignent les meilleures sous le nom de m&les, et les inférieures sous celui de femelles ; ils estiment celles qui sont le plus alongées, cylindriques et ornées de crochets fins. On en fait des ballots qui contiennent 200 poignées de 50 têtes, ce qui fait 10 mille têtes. Un triage plus rigoureux a lieu à la fabrique avant de les employer.On dit que celles dont on ne se sert qu’un an après la récolte sont d'un meilleur usage.

Pour obtenir la graine, on laisse sans les couper les têtes sur quelques-uns des plus

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beaux pieds, et quand la semence est müre, on prend seulement les têtes terminales les plus fortes; la graine s'en sépare facilement par le baltage au fléau ; on doit ensuite la vanner.

Le produit de la culture de la cardère est un des plus fructueux, mais avant de s'y livrer, ilest prudent de s’en assurer le débouché; car les fabriques étant généralement abonnées sans intermédiaire pour leur fournilure, celui qui en cultiverait pour la première fois risquerait de ne pas s’en défaire avantageusement. Ce n'est que ceux qui font des expéditions à l'étranger qui sout dans le cas d'en demander une année plus que l’autre, et ces expéditions se borneut presque à la Hollande. — Le produit de chaque pied de cardère estordinairement de5 têtes el s'élève souvent, dans les bons lerrains et les années favorables, à 7 ou 9; ce qui doit donner par hectare de 20 à 30 baïlots.

SECTION 1. — Plantes propres à fournir la soude.

Les cendres de tous les végétaux contiennent en diverses proportions la potasse el divers autres sels solubles où insolubles, et c'est ce qui en motive l'emploi dans les lessives ; il est quelques plantes cultivées dont on peut utiliser les tiges ou les fanes pour l'extraction de la potasse : on a eu soin de mentionner cet usage en pariaut des autres emplois plus importans de ces végélaux. Un grand nombre de ceux qui croissent naturellement sur les bords de la mer, donnent de la soude par leur incinération : tels sont les Ficoïdes nodiflore et cristallin, les Salicornes herbacée et frutescente, les Anserine martiime et blanche , et principalement toutes les espèces du genre Soude, au nombre d'environ 40, appartenant à la famille des Chénopodées.

Depuis que la chimie est parvenue à décomposer économiquement le sel marin, la culture de la soude a diminué d’nnportance, puisque les verreries, les savonneries et les

lanchisseries, qui consomment le plus de ce sel, s’en approvisionnent dans les fabriques de produits chimiques qui le préparent en grand. Cepeadant CHaPTAL à émis l’opinion que les teinturiers avaient toujours besoin de la soude provenant des plantes, ce qui assure l'écoulement de la petite quantité qu’on en extrait en France el surtout en Espagne aux environs d’Alicante, qui fournissent la plus grande quantité et la meilleure soude connue dans le commerce.

La petite quantité de soudes qui croissent naturellement sur le bord de la mer, a rendu leur culture nécessaire, et l’on a de plus trouvé par là l'avantage d'utiliser des terrains incapables de donner d’autres productions. Cependant nos cultivateurs littoraux délaissent presque généralement cette culture, et, en France,on se contente presque partout de couper les plantes marines sans distinction, de les réunir avec es varechs rejetés par les flois, et, en brûlant le tout, d'en tirer une soude de mauvaise qualité. La culture des plantes à soude paraissant trèsproductive dans cerlains terrains voisins

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