DES PLANTES UTILES DANS DIVERS ARTS
LLV. I des rivages de la mer, nous l’indiqueronsen peu de mots aux agriculteurs de ces loca-, iités.
Les espèces suivantes de Soudes, savoir, les $. grande (kali), épineuse (tragus), ordinaire (soda), de Sibérie (rosacea), barille (sativa), géante {altissima), salée (salsa), sont énumérées par Troui comme les plus propres à fournir la soude nécessaire aux arts, parmi les plantes qui croissent sur les plages sablonneuses du midi de l'Europe. Mais les deux presque exclusivement cultivées sont la barille et la soude ordinaire; la 1'*°, plus délicate, demande un terrain beaucoup meilleur et mieux préparé, mais aussi donne une soude beaucoup plus fine et plus estimée ; leur culture et la manière de les recueillir sont au reste les mêmes.
La Soude ordinaire ( Salsola soda, 1.) kali, salicote (fig. 50) est une piante annuelle, dont la tige s'élève à 2 ou 3 pieds, à rameaux
Fig. 50
écartés, à feuilles alongées, charnues, cendrées, avec trois lignes vertes.
La Soude cultivée {Salsola sativa, L. ), Barille, est aussi une plante annuelle, à liges très-rameuse, à feuilles cylindriques, glabres, à fleurs réunies en tête. Celte espèce est la seule cultivée dans les marais salés de; l'embouchure du Rhône, où on livre à cette culture pendant quelques années le même terrain; nous décrirons la méthode qui y est suivie d'après M. Paris, correspondant de la Société centrale d'agriculture.
Lorsque la terre est forte, plusieurs labours sont nécessaires pour assurer la réussite de la soude. — Les engrais, surtout le fumier de mouton, lorsqu'on en a à sa disposition, ne doivent pas être épargnés; il est essentiel qu’ils soient bien consommés.
Le semis a lieu en février ou en mars, dane les terres qui ne sont pas trop infectées de mauvaises herbes; dans le cas contraire, or!
attend jusqu’en avril, pour détruire ces mau!! vaises herbes par un dernier labour. Plus tôt l'ensemencement est fait, plus on peut espé:rer une belle récolte; il paraît qu'à Alicante on le fait dès l’automne ou ie mois de jan:
vier pour récolier en juin. — La semence de barille semée dans les terres non salées, dé:
car. 9°. DE LA VIGNE ET
génère à chaque reproduction et ne donne bientôt plus à la combustion que de la potasse, fait singulier, mais certain, et que des expériences renouvelées à la manufacture de Saint-Gobain, avec de la semence provenant de pieds nés de graine venue d’Alicante, ont confirmé. Il faut donc renouveler la semence au bout de quelques années, c’est-àdire se procurer de la graine des plantes venues sans culture dans les marais et qu'aux environs d'Arles on nomme Soude des baines ; pour en obtenir en assez grande quantité, on répand dans ces marais de la graine de soude cultivée qu’on récolte ensuite pour être de nouveau semée avec avantage dans les terres arables. Cette graine se vend toujours en conséquence au moins un tiers plus cher.— On n’est point d'accord sur la quantité de semence qu'il convient d’employer, ce qui provient sans doute de ce qu’il est rare qu'elle soit entièrement bonne ; 5 hectolitres par hectare semblent le terme moyen exigé. — La semence se répand à la volée et est recouverte par un léger coup de herse; on roule ensuile pour maintenir l'humidité du sol, humidité très-favorable à la germination et qu’on retient sauvent en dispersant sur le sol des fanes d'herbes des marais.— M. De CaNpoLLer dit qu'aux environs de Narbonne on donn® le superflu de la graine de soude aux bœufs de labour, qui l’'aiment beaucoup et dont elle conserve la force et l’'embonpoint.
La soude souffre beaucoup du voisinage des plantes adventices ; elle exige donc des sarclages repétés, principalement pendant les mois d'avril, mai et juin.
Ïi a été constaté que toutes les plantes herbacées ou vivaces, qui croissent naturellement dans les terres salées impropres à la culture des céréales, et autres plantes qui creignent la surabondance du sel, décomposent ou absorbent ce sel et rendent par conséquent ces terrains plus tôt suscepiibles de recevoir les articles ordinaires de la culture. La soude principalement produit cet efiet; ainsi Picrer-MoLLeT nousapprend
u’à Alicante on sème toujours à l'automne
es ceréales sur les terrains qui ont produit de la soude ; dans la Caroiïine, on a soin de laisser croitre, sur les marais salés qu'on endigue, de la soude et autres plantes marines, el par ce moyen on y cultive, au bout de 3 où 4 ans, du riz et du maïs qui n'y viendraient peut-être pas sans ces précautions
$ 17e — Du climat qui convient à la Vigne.
La vigne, originaire de l’Asie ainsi que la plupart de nos meilleurs arbres fruitiers, a vuses produits, comme les leurs, se modifier d'une manière avantageuse par un climat différent et une culture appropriée. Aussi l'avis | de CHAPTAL, quoique combattu par l'au-
teur estimable d’un nouveau Traité sur La vi-
gne, sera-t-il toujours le plus généralement
DE SA CULTURE. 95 avant la 10° ou 12° année. Sous ce rapport la culture de la soude mérite donc encore d’être recommandée.
À la fin d'août, la soude est ordinairement bonne à être récoltée: si l'on désire recueillir la graine, il convient de laisser les plantes un mois de plus sur pied, et dans ce cas on les met sécher sans les amonceler, pour les battre avec des baguettes quand elles sont bien sèches : on nettoie ensuite la graine qui est très-pelile et on la conserve dans des sacs. —Au reste, l’époque de la récolte varie selon que la tempéralure du printemps et de l’été a été chaude ou froide, selon l'époque des semailles, la naiure du sol, etc.
Eile est indiquée par le changement de couleur des tiges et la maturité de la moilié des graines. Si l’on attendait plus tard, les produits en sel seraient moindres. — La soude s’arrache à la main; après l'avoir arrachée, on la dépose sur le sol en petits tas et on l'y laisse pendant 4 ou 5 jours, puis on la mel en meules oblonzjues qu’on recouvre, en cas de pluie, de paillassons ou de nattes pour empêcher l’eau d’y pénétrer; dans cet état elle fermente et sèche; elle est ordinairement bonne à brûler au bout de 8 ou 10 jours. Il faut choisir, pour cette opération, le moment convenable que la pratique seule peut bien indiquer; car la soude brülée trop verte où trop sèche fournit moins de produit. Avant de rassembler les meules pour les brüler, on a soin de les secouer et battre; on obtient ainsi la graine; mais comiie elle a dilférens degrés de wiaturité, elle est trèsinférieure à celle des plantes qu’on a laissées parvenir sur pied à maturité complète. —La fabrication de la soude et du salin sera l’opjet d’un artcle spécial de la division des Arts agricoles.
Le produit de la culture de la soude est souvent fort considérable. Dans le sol qui lui convient, on récolle année commune par hectare, outre 90 hectolitres de graines, envirou 260 quintaux de plantes vertes, quipeuvent en produire par la combustion 22 de matière saline. Lorsqu'on sème la soude dans un sol marécageux après une seule facon à l’araire et sans autres soins d’entretien, on oblient à peine le tiers de ce produit. Bosc cite un hectare de soude qui, convenablement cultivé aux environs d'Arles, a donné le revenu immense de 5,390 francs net.