‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 87 sur 467 · LIV. IL · texte numérisé non relu

LIV. IL

du vin blanc, ceux à raisins rouges ou violets dans une vigne pour le vin rouge; mais ils ne le sont pas depuis assez longtemps, les observations auxquelles 1ls peuvent donner lieu ne sont pas assez nombreuses, assez répétées pour qu’elles puissent être encore de quelque importance.

$ V. — Plantation de la vigne.

Quand celui qui veut planter une vigne aura fait choix dù terrain, qu’il en aura bien reconnu la nature, il aura à juger s'il est propre à la production de vins fins. Nous avons posé les bases d’après lesquelles, et aussi avec l’aide d’un paysan intelligent, il pourra se décider à coup sûr. Si cependant il n'avait d'autre débouché que la consommation locale ou celle d’un voisinage peu riche, ou enfin la distillation, il devrait agir conformément aux règles que lui imposerait l’une de ces circonstances, après avoir fait la part du terrain qu’il destinera à sa consommation, en lui supposant toujours l'intention de chercher à se procurer par ses soins le meilleur possible.

L'opération fondamentale deviendra alors la plantation. Ce sera toujours sur une terre neuve, c'est-à-dire qui n’aura pas porté de vigne depuis longtemps, ou surune terre rajeunie et renouvelée par une culture ameliorante, telle que celle du sainfoin, qui doit convenir plus que toute autre à la nalure du terrain destiné à la vigne.

La première question qui se présentera alors sera celle de l’espacement, qui sera subordonné au mode de culture que l’on voudra adopter; car il est évident que si c'est à la charrue, il faudra un plus grand intervalle entre les rangées ; à plus forte raison, si c'était ce qu’on appelle des hautins, dont nous nous occuperons Re Go comme ne produisant que des vins indignes de figurer dans la consommation extérieure à la localité, qui n’adopte cette culture que par quelque circonstance extraordinaire, telle que le voisinage des montagnes, ou comme culiure très-profitable par son abondance et très-économique.

Ce mode de culture de la vigne en haütins (fig. 51) consiste à planter des arbres de 8 à 10 pieds de haut et de 2 pouces de diamètre, à 4 mètres de distance; les ormes et les érables sont préférés : lorsqu'ils ont repris, on plante à leurs pieds un ou deux ceps de vigne qu’on fait monter d’année en année autour de larbre jusqu'a l’endroit où il a été étête, d’où l’on dirige les sarmens en guirlande d’un arbre à l’autre, au moyen des branches qu’on réduit à 4 ou 5:

on raccourcit ou on supprime tout-à-fait les sarmens qui s’écartent trop de la direction des guirlandes; le terrain intermédiaire se cultive en céréales. Il est beaucoup de cantons dans le midi où l’on substitue aux arbres de longs pieux de 6 à 8 pieds de haut, et qui offrent quelques fourchures, d'où l’on conduit les sarmens de l’un à l'autre an moyen de perches qui les unissent. Mais ces vignes ne produisent qu'un vin de très-mediocre qualité, seulement propre à la chau-

cHAP, 9%.

Fig. 51.

fl

TT WW iS

D A fil QE «€ SZ |

diére, ou tout au plus à être débité dans les cabarets.

En général les vignes moyennes, et c’est dans cette classe surtout que se trouvent celles cultivées à la charrue, conviennent particulièrement aux terres en plaine, tant pour la facilité de cette culture que parce qu’étant plus exposées aux gelées du printemps, elles en sont moins frappées à une certaine distance de laterre.Ces vignes sont généralement tenues sur souches, donton abandonne les jets de l’année sans soutien (#g. 52 ) ou

qu'on attache à des échalas ( #g. 53 ). Quoiquo trouve quelques vignobles de renom

ans ces vignes moyennes, il n’en restera pas moins avéré que partout, à circonstances égales, les vignes basses sont celles qui produisent ies meilleurs vins. On pourrait citer comme exceplion le vin de Jurançon dans le département des Basses-Pyrénées, parce que dans ce cantonil y a beaucoup de hautins ; mais là même ou a bien soin de réunir à la vendange des hautins celle des vignes basses ; on sait fort bien que le vin de celles-ci est supérieur à celui des hautins, et on ne fait ce mélange que pour faire passer l’un à la faveur de l’autre. Il y a des vignes moyennes dans la plupart des départemens viticoles, même dans quelques vignobles de la Marne.

Ces vignes moyennes bien conduites rapportent considérablement. On plie en arceau le sarment de l’année auquel on laisse

___——" he rene Cu

DE LA VIGNE ET DE SA CULTURE

Fig: 53.

8 à 10 yeux, et on attache son extrémité au cep même et le plus près de terre qu’on le peut; il doit en être ainsi, car personne n’ignore que le raisin venu le plus près de terre , sans la toucher, est toujours le meilleur ; c’est là du moins un fait bien facile à constater et reconnu de tous les vignerons du Médoc, de la Bourgogne et de Ja Champagne, et selon les lois duquel ils règlent leur culture.

Je ne ferai qu’indiquer comme étant quelquefois en usage le mode de plantation à la barre, mode simple et expéditif sans doute, mais qui ne peut convenir qu’au propriétaire malaisé qui n’a que des avances à longs termes à consacrer à cette culture. Ce moyen est plus souvent employé dans le midi que dans le nord de la région viticole de la France. Il réussirait encore bien dans certains terrains en y apportant tous les soins convenables, tels que de remplir les trous faits par la barre, après y avoir placé les crossettes, d’une boue liquide de fiente de vache aiguisée d’un peu de chaux récente et éteinte à l'air.

Une autre manière de planter qui ne vaut guère mieux, est de faire sur une ligne des fossettes, et de coucher dedans les crossettes, en ne laissant hors de terre que le quart environ qu’on raccourcit à un œil ou deux au plus. Par ces deux manières on ne fait que reculer le défoncement du sol et retarder le succès de la plantation.

Enfin la troisième et certainement la meilleure méthode, quoiqu’exigeant l'emploi d’un capital plus considérable, est la plantation par fossés ou tranchées de 25 à 30 pouces de large et de 12 à 15 pouces de profondeur, selon la nature de la couche qui se présente.

Cette profondeur, presque double de celle où doit être placée la vigne, sert à contenir une couche épaisse de végétaux ligneux, le plus ordinairement de la bruyère, dont la chaleur douce et légèrement humide lors de sa decomposilion, favorise singulièrement l’enracinement du plant et anime plus tard sa vegétation. On comprend sans doute qu'il faut couvrir cette couche de végétaux d’une

couche ae terre de 3 à 4 pouces sur laquelle on applique la crosselte en la coudant à l'angle de la tranchée. Nous supposons ici qu'on se sert de sarmens tels qu'ils ont été coupés lors de la taille de la vigne, et auxquels on a donné le nom de crochets ou crossettes d'une petite portion de bois de deux ans, de la longueur d’un ou deux pouces, qu'on a laissée au bois de l’année.

Du reste, ce soin n’est point indispensable, ui même la courbure du sarment ; car l’expérience a souvent été faite d’une plantation par simple bouture de bois de l’année et posée

Fig. 54. droite (/£g. 54 ), dont le succès a été satisfaisant. C’est surtout quand on a des cépages précieux dont on ne veut rien perdre, que celte plantation par boutures droites estrecommandable;on la fait dans un potager pour en obtenir des plants de remplacement qu’on appelle alors chevelus ( fig. 55), du grand nombre de petiles racines dont ils sont pourvus; on peut les lever à deux ans, mais encore mieux à trois; dans cet état leur reprise est certaine.

Souvent aussi on se procure ce plant enraciné qu'on appelle simplement chevelu par marcottes ou provins. Ce mode de plantation fait gagner un an et même deux si le chevelu a trois ans ; mais il est très-coûteux, et comme il rend le provignage moins nécessaire et même presque entièrement inutile, parce que tous les chevelus mis en terre sont assurés de leur reprise; comme aussi leurs racines déjà formées trouvent plus de difficulté à s’étendre que celles qui se forment sur le lieu même dans la plantation par crossettes, les vignes plantées avec celles-ci passent généralement pour durer plus long-temps que les autres. On conçoit que ces crossettes, ne réussissant pas toutes, forcent à un provignage étendu et répété plusieurs années; or, ces soins suivis long-temps accroissent nécessairement la puissance végétative du terrain, d'autant plus qu’on ne fait jamais de marcottes ou provins sans les fumer ou du moins les terreauter.

Il se présente ici une question qui n’est pas encore décidée d’une manière absolue ; car sa solution est différente dans nos différentes régions viticoles, c’est celle de la zultiplicité des variétés, où d’un très-petit nombre, ou même d’une seule.Dans plusieurs parties du Midi, on regarde comme avantageux à la qualité du vin qu'il soit le produit d’un grand nombre d'espèces, parce que, dit-on, certains raisins abondent en principe sucré, qu’ils ont besoin d’être alliés à d'autres doués d'une grande proportion de ferment, et que le mélange d’ün grand nombre participe des bonnes qualités de chacune. Sur les coteaux de la Marne, vers la Côte-d'Or, à l'Hermitage (Drôme) et dans l'Ardèche, on peut dire partout, les meilieurs vins ne proviennent

CULTURES INDUSTRIELLES : DE LA VIGNE ET DE SA CULTURE

LIEV. II.

que du mélange d’un très-petit nombre de variélés bien assorties, et dont le mérite est bien reconnu, et par ce moyen on détermine plus sûrement la bonne nature du vin qu'on a tout intérêt à conserver, puisque lexpérience en a démontré la supériorité. Enfin, sur les coteaux de la Loire, vers Tours, Saumur et Angers, et dans quelques localités du Midi, on s’en tient à une seule espèce : le Pinaut blancd’une part, et dans les deruières, le Muscat, le Macabeo, le Grenache blanc, le Malvoisie, le Pique-poule gris, donnent chacun à part une sorte de vin de haut mérite, et qui perdrait son cachet particulier par le mélange des raisins de plusieurs variétés. Nous ne pouvons partager l'opinion de ceux qui sont pour le grand nombre de variétés, parce qu'il est rare qu’il ne s’en trouve pas d’inférieure et dont l'influence se fait plus ou moins sentir en raison de leur abondance. Sans doute, il est sage de méler le Grenache rouge ou Alicante dont le moût très-sucré est d'une difficile fermentation, avec l’œillade ou ulliade, et quelques autres qui sont également pourvus du principe fermentescible en plus grande proportion; mais nous ne pensons pas que Ce mélange doive se composer de plus de 4 ou 5, et il est important dans cette réunion d’avoir égard à la simullanéité de maturité, considération ordinairement trop négligée de la part des planteurs de vigne. Mais il serail encore mieux de séparer les espèces dont on voudrait mettre les produits dans la cuve; car il y en a de faibles qui ne souffrent pas le voisinage de celles d’une végétation vigoureuse et dont le trailement doit être différent.

M. Lenoir observe très-judicieusement que bien cerlainement on n’a pas épuisé toutes les chances que présentent le choix des plants et leur combinaison pour produire de bons vins et créer des vignobles qui pourraient devenir célèbres; il faut donc encourager les cullivateurs qui essaient de nouvelles combinaisons et l'introduction de nouveaux plants, et ne pas enchainer eur essor investigatoire par des considérations systématiques qui n’ont point pour elles l’autorité de l'expérience.

Quant à la distance à mettre entre les rangées pour Îles vignes basses, elle varie beaucoup du midi au nord. Il paraît qu’on se trouve bien dass le midi de mettre les plants à un mètre et demi ou deux mètres, ce qui doit donner beaucoup plus de force à la végétation; aussi les ceps et lessarmens sontils généralement plus gros et plus longs que dans la partie centrale et septentrionale de la région viticole. Une autre raison dont personne n'a parlé, c’est que parmi le grand nombre de variétés qui y sont cultivées, il en est quelques-unes dont la nature est d’avoir des sarmens plus gros; nous citerons entre autres le Blanc-semillon qui fait la base des vignes de Sauterne;le Grenache rouge, si multiplié sur le littoral de la Méditerranée; le Listant commun del’Andalousie. La distance entre les ceps et celle entre les rangées est beaucoup plus rapprochée dans les départemens du centre et du nord, où elle n’est quelquefois que de 30 ou 40 centimètres entre les ceps dans le sens des lignes ou rangées, et de 50 entre les mêmes lignes; ce qui

cHap. 9°.

nous parait trop peu. Il par S passage des Géoponiques, que les anciens inettaient leurs rangées à 2 pieds eLäemi où 80 centimètres; c'est aussi la distance géneralement reconnue comme la plus avantageuse par les modernes; du moins cest celle adoptée dans les vignobles bien soignés des régions centrale et septentrionale; celle entre les ceps d’une même rangée est de 66 centimètres, ou 2 pieds.On a souvent conseillé de les écarter davantage. M. ne Four- QuEux, ancien conseiller au parlement de Paris, avait essayé, il y a une cinquantaine d'années, d'arracher une rangée entre deux d'une vigne située à quelques lieues de Paris, et ses récoltes étaient devenues plus abondantes ; mais la vendange mürissait moins bien, et le vin avait moins de qualité. Beaucoup d’autres essais ont été faits depuis, et quoique les propriétaires qui les ont Lentés s’en soient félicités, le même effet a dû être produit par la même cause; car on a remarqué depuis longtemps, que dans les vignes où les ceps étaient très-rapprochés, comme de 50 à 60 centimètres, leur état de faiblesse abrégeait le cours de leur végétation annuelle, et par conséquent avancait la maturilé, d'autant plus que la chaleur s’y concentrait davantage et l'humidité s’y évaporait moins vite.

La culture dans le midi de la France a lieu généralement de la manière suivante. Que la terre soit limoneuse, argileuse, calcaire, quartzeuse ou siliceuse, pourvu que la charrue puisse la parcourir en tout sens, on la défriche, on la défonce, on aplanit la surface, et du 1% décembre au 1% avril, on la plante en vigne. Un ouvrier précèdeles planteurs et trace très-adroitement avec une petite houe, placée à l'extrémité d’une perche sur laquelle il est à cheval, de petits sillons espacés entre eux de 3 pieds et 1/2 à 4 pieds et 1/2 (1 mètre 187 à 1 mètre 625 ). D’autres sillons croisent ceux-ci à angles droits, el indiquent par leurs intersections les points où le planteur doit ouvrir uu trou de 0,45 à 0,60 avec un pieu de fer. Le sarment est déposé dans un trou et rapidement chaussé avec la pointe du pieu, et avec le pied du planteur. Si le propriétaire veut s'imposer plus de soins, il défonce le sol avec la grande charrue Dombasle, et fait élargir le trou, toujours avec le pieu; et même s’il plante dans le voisinage de l'eau, ilarrose et inonde le trou avant de le chausser. En 1817, je fis délayer dans l’eau des cendres de four à briques, qui activèrent puissamment la végéta- Uon ; à la serpe on a substitué le sécateur; c'est une heureuse réforme. Après les pre mières pluies du printemps on laboure la plantation, et autant que possible on renouvelle ce labour, toujours croisé avec le dernier, toutes les fois que les herbes ou la sécheresse en indiquent l'utilité. Dès le mois de novembre on commence à tailler les Jeunes vignes, et la charrue ameublit de nouveau le sol : alors des femmes armées d’une houe, décrite par Thouin ( Voyez Tom. I, page 230), travaillent la terre autour du cep, déchaussent ce dernier et forment un entonnoir qui déborde le sol de 3 à 4 pouces. Au printemps suivant deux labours

DE LA VIGNE ET DE SA CULTURE

ait, d’après un , croisés precèdert le relour des femmes, elles | remuent la terre non labourée, détruisent les

herbes échappées au soc et chaussent le cep.

Eufin, on laboure encore si les sarmens le permettent, dans les mois de juin et d'août.

Dès la troisième année la jeune vigne est en culiure régulière. Les labours s’exécutent avec l’araire simple sans avant-train (/£g. 56)

Fig. 56

sans coutre n1 versoir. C’est encore celle que les Romains introduisirent dans la Narbonnaise.— Cette charrue se compose : d’un sep triangulaire en bois dont les 2 oreilles enchässent l’extrémité de la flèche ; ce sep est tenu au pied de la flèche dans une position horizontale par deux broches en fer écrouées sur la flèche; d’un soc en fer trèspointu, qui repose immédiatement sur le sep entre les deux broches, et dont le manche pénètre dans une ouverture pratiquée au bas de la flèche: il y est assujetti au moyen de coins en bois et aussi par la partie inférieure du mancheron; l'extrémité antérieure de la flèche traverse et s'appuie sur un anneau en fer, uni à un autre anneau qui traverse le joug et que soutient un régulateur en bois. Par la formedujoug la charrue peut à volonté se rapprocher des ceps sans les endommager; lorsque la vigne est plantée à 1 mèlre 590, la charrue trace 5 sillons entre deux rangées, et 4 seulement au printemps pour éviter de briser les jeunes pousses. Ce sont des femmes qui, avec la houe-bident, achèvent d’ameublir la terre et de la niveler au pied des ceps. Ainsi donc chaque vigne en cours régulier de cullure reçoit annuellement 4 labours, et les ceps sont travaillés deux fois avec la houe-cordiforme et la houe-bident ; un second labour croise toujours le premier.

$ VI. — Façons d'entretien.

Lorsque la plantalion est faite, le moyen le plus habituel d’en assurer le succès. est de tenir toujours la terre meuble et nette d'herbes dont les engrais et l’'ameublissement de la terre ont facilité la germination et la croissance rapide. Dans les vignobles peu pierreux on se sert d’une houe dile masse, à lame un peu large, de 16 à 18 centimètres à sa partie supérieure, et très-recourbée vers le manche, avec lequel elle fait un angle de 15 à 20°. Dans ceux où les pierres seraient un obstacle à l'usage de cet instrument, on se sert de la pioche, espèce de fourche à deux branches longues d'environ 50 centimètres, encore plus inclinées vers le manche. L’ouvrage fait à la marre est meilleur que celui fait à la pioche, parce que la première tranche les racines des herbes et que l’autre ne fait que les déplacer; mais, dans les terrains

pierreux on ne peut guère se servir de la première que pour les deuxième et troisième facons. On donne ordinairement trois de ces travaux à la terre, quelquefois quatre; fa première façon se commence vers la mimars, la seconde vers la fin de mai, la troisième aussitôt après la moisson, et enfin la quatrième, quand elle se donne, aussitôt la chute des feuilles pour les enterrer.

Ces façons se donnentaux mêmes époques quand on se sert de la charrue. M. Cavo- LEAU, que nous nous plaisons toujours à citer, indique comme perfectionnement pour ce môde de culture, la herse à coutre de M IvarrT, ou mieux encore, dit:il, le scartftcateur du major BEATsoN. Nous souscrivons pleinement à la justesse de cette indication; mais un auteur aussi judicieux qu'il est éclairé ne peut avoir entendu parler que des deuxième et troisième facons; car, pour la première où l'on a à rompre une terre battue d’abord par les vendangeuses, plus tard par les vignerons, et de plus par les pluies de la fin de l’automne et de tout l’hiver, il faudrait trois chevaux qu'on aurait de la peine à placer et qui seraient d’une difficile conduite.

La première de toutes ces facons à la terre et qui précède même la taille, est le déchaussement des ceps. Cette opération consiste à creuser autour de chaque cep avec un instrument qu’on appelle franche, de 6 à 7 centimètres de large et d’environ un double décimètre de long, tant pour supprimer les bourgeons qui parlent d’un point de la souche qui se trouverait enterré, que pour détruire les racines superficielles du cep de la vigne, qu'elle est d'autant plus disposée à produire au détriment des racines inférieures, qu'on applique souvent lengrais à la surface de la terre.

On peut voir la figure et la description des instrumens que nous venons de citer, dans les articles généraux du Tome premier.

À la seconde année, on fera bien de tailler les jeunes pousses les plus fortes, car les autres pourront bien attendre la troisième,où la taille sera générale. Aux jeunes ceps qui auront poussé de 2 yeux on retranchera la

ousse supérieure, et on taillera l’inférieure à 2 yeux, ou 5 à 6 centimètres. Ce plant commencera à donner quelques raisins à la quatrième année, quelquefois même dès Ja troisième, mais plus sûrement à la cinquième.

$ VII. — Du provignage.

C’est à cette quatrième année qu’on s’occupe de remplacer par le provignage où rmarcottage tous les plants qui auront manqué, et on continuera les années suivantes. Cette opération consiste à ouvrir des fossettes de 20 à 25 centimètres de profondeur, et de la longueur nécessaire pour conserver l’alignement des rangées, d’y coucher entièrement le cep dont on aura seulement conservé les sarmens qui devront former de nouveaux ceps, et qui, après avoir été alongés et coudés dans la fossette, seront taillés à 2 yeux audessus de la terre.

ii y a des vignerons qui les séparent de leur mère à la deuxième ou troisième année, il

CULTURES INDUSTRIELLES : DE LA VIGNE ET DE SA CULTURE

Page 1