LIV. IT
que nous venons de signaler, on pourra le garder pendant plusieurs années, el ainsi attendre un cours favorable qui dédommagera le cultivateur du bas prix des années précédentes et des récoltes stériles qu’on calcule être de 2 sur 5 environ. Suivant AELBROOGK, on établit habituellement en Flandre environ 3,200 monticules par hectare, el chacun produit environ 1 livre de houblon sec, ce qui fait environ 1600 kilos de produit vendable.
M. S. Kozs estime le produit d’une houblonnière bien cultivée, en prenant la moyenne de 10 années, à 1200 kilos par hectare, dont le prix, aussi pour une moyenne de 10 ans, ayant été de 1 franc 72 1/2 centimes le kilo, donne un produit brut de 2,073 francs. — Suivant ScauBarTH,il faut compter en 12 ans sur 2 bonnes récoltes, 6 médiocres et 4 mauvaises; M. pe Reiper admet au contraire 4 bonnes récoltes, 6 médiocres et 2 mauvaises, regardant comme médiocre celle qui s'élève à la moitié d’une bonne, et comme mauvaise celle qui n’en produit que le cinquième.
D'après des essais comparatifs faits à Gre nelle, près Paris, par M. PAYEN, dans un terrain léger, très-profond, un peu frais, placé à peu de distance de la Seine, le produit moyen d'un hectare, cultivé avec les soins convenables, est aussi de 1200 kilos de cônes de houblon desséchés, vendables ; il leur attribue le prix moyen de 2 francs le kilogramme à Paris, ce qui donne une valeur de 2,409 francs. Si l’on déduit de cette somme les frais de culture, de récolte, d'emballage, que, d’après les prix moyens des engrais et de la main-d'œuvre en France,il porte à 1300 francs, on voit qu’il reste un bénéfice net de 1100 francs, bénéfice plus considérable que celui qu'on retirerait de la plupart des autres cultures. Ces essais comparatifs ont élé faits avec des plants tirés, par M. Cnar- PELLET, de Flandre, de Belgique, des Vosges et de l’Angleterre : tous ont donné des résultats avantageux ; mais le houblon anglais du comté de Kent a produit les cônes les plus volumineux, très-alongés, contenant aussi la plus grande quantité de sécrétion jaune ; les plus productifs après ceux-ci furent les houblons d’Alost.
Répétons, en terminant, que la culture du houblon n’est point assez étendue en France, puisqu'on en importe chaque année en moyenne pour plus de {,500,000 francs, et que c’est une de celles qui mérite davantage d’attirer l’atlention et les capitaux des propriétaires-cultivateurs. Chaque brasseur devrait aussi, comme dans le Palatinat, avoir ses houblonnières : les résidus de sa fabrication lui donnent les moyens d’engraisser beaucoup de bêles à cornes qui lui fourniraient le fumier le plus convenable pour cette plante ; beaucoup des travaux de cette culture pourraient être faits par ses ouvriers dans leurs momens perdus; enfin les vastes greniers de son usine, qui au moment de la récolte du houblon, sont libres par la consommation de ses approvisionnemens de malt et où l’on n’en fait pas encaere de nouveaux, serviraient à la dessiccation des produits.