TT, SENS
tacher à la rive en terminant épi, Vers l’amont, le talus de cette levée a 2 mètres de base sur 1 de hauteur, et vers laval, on lui laisse prendre l’inclinaison qu'adoptent les graviers versés avec la brouette. Si cet épi traverse un des petits bras de la rivière, on a soin de le fermer, à son origine, au moyen de fascines, de pierrailles et de gravier. Ce premier épi étant formé, s’il survient une crue extraordinaire, B( 2.88), soit en novembre, soit au printemps, les eaux en amont de l’épi occuperont généralement le lit d'une rive à l’autre : alors les eaux, rencontrant l'épi, perdronl une grande pariie de leur vitesse sur une certaine étendue, viendront se confondre avec le grand courant en retournant vers l’amont, effet aidé encore par la jetée conique qui fortifie le môle en amont, et elles s’éloigneront ainsi de l'ouvrage destiné à déterminer leur direction, au lieu de venir l’attaquer. Mais à la fin de la crue, le lit se sera approfondi de 4 à 5 pieds en amont, et
Fig. 88.
à une certaine distance du môle établi paral- Jèlement au courant; enfin, l’épi se trouvera chaussé par un amas de gravier déposé sous la forme d’un triangle. Quant à l’aval, la rivière aura continué de creuser son lit sur une étendue de plus de 509 mètres, en s’encaissant sur cette longueur, de manière à ne plus l’'abandonner ; et elle aura en même temps relevé le terrain qui la borde, en y jetant les graviers provenant du lit creusé. Si l’on continue ensuite surle même plan, en établissant des épis à 400 mètres environ les uns des autres, on éprouvera toujours les mêmes effets. Il ne faut renvoyerle courant qu’au milieu du lit de la rivière; autrement un contre-courant irait ravager l’autre bord.
Ilest question maintenant d'utiliser le terrain qui a été garanti contre les attaques de la rivière,et d'empêcher que les eaux ne s'y répandent d’une manière nuisible.On obtiendra ceteffetenformantentreles môles, et à 10 mètresenviron en arrière de leur face extérieure, une levée en gravier et pierrailles, de 5 mètres de base pour 1 de hauteur, et arrondie en arc de cercle; mais on ne s’en occupera qu’après avoir donné aux eaux le temps d'élever le terrain compris entre les deux épis à réunir.La hauteur de cette levée sera de 40 centimètres à sa naissance,sousle môle inférieur du premier épi,et de 1 mèt. 1/2 à son extrémité contre la jetée de l’épi inférieur. Ensuite, on emploiera les plus grosses pierres entre celles qui ont été élevées par les eaux sur les terrains , pour revêlir ces digues, el l’on y piquera de jeunes plants d'osiers, d'aunes, de peupliers et de saules, qu’on ne laissera sor- Lir que de 6 pouces au-dessus de la surface de la levée au moment de la plantation. Enfin, pour compléter le système, on construira de 100 mètres en 100 mètres, immédiatement en avant de la levée arrondie, placée longitudinalement, de petits ouvrages auxquels on emploiera les pierres susceptibles d'être mauiées par un homme; lesdits ouvrages ayant la méme inclinaison que les bords de la rivière, inclinés comme les épis vers l’amont, et terminés par des môles de la forme de ceux qui accompagnent ces épis. Alors, pour introduire et faire arriver sur les dépôts limoneux des eaux d'arrosage, et favoriser encore lattérissement, on réservera dans le premier épi en amont des ouvertures que l’on garnira de vannes, et l'on pratiquera des aquéducs dans les épis inférieurs.
Tel est le système de M. Fiard,; il a étéappliqué avec succès aux rives de la Durance, dans les Hautes-Alpes, et a valu à son ingénieux auteur une gratification de 3,000 francs, allouée par le ministre du commerce, ainsi que des médailles d’or décernées par la Sociélé royale eu centrale d'agriculture et par celle d'encouragement pour l’industrie natiouale ; puisse-t-on former une école sous sa direction !
Dans les digues, on pratiquait ordinairement des martelliéres, espèces d’écluses ou de vannes, prenant l’eau à un point supérieur, soit pour arroser les champs ou les prairies,
soit pour transformer les délaissés en terrains cultivables, dans des délais calculés sur la quantité de limon que le torrent charrie, et qu'on évalue, dans les Hautes-Alpes. de 3
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