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Mais, dans bien des circonstances, il suffit d'un panier d'oster, de forme et de taille convenable , que l’on fixe et que l’on remplit avec des pierres détachées, de la terre et des racines chevelues, afin de retenir cette terre. On forme de cette manière des barrages trèssolides pour quelques années; il est même probable que leur utilité ne se borne pas à la durée des paniers, et que lorsqu'ils viennent à se détruire, les matériaux qui y étaient contenus se sont suffisamment consolidés pour remplir leur objet sans de nouveaux soins, surtout parce que le courant de l’eau s’est déja modifié en raison de l'obstacle qu'il a rencontré, et a formé des dépôts qui étaient la conséquence de cette nouvelle direction.
Dans les cas les plus simples,une claie vivace est souvent suffisante.
Les rivières et torrens dont le cours est en droite ligne où à peu près, n’agissent presque pas d’une manière destructive sur leurs bords, excepté dans les grandes crues. Il y a donc en général beaucoup d'avantages à redresser le lit d'un cours d’eau, si ce n’est lorsqu'on veut qu'il humecte le terrain par infiltration, ou même à lui en creuser un nouveau.Il sera question de ces travaux à l’article Desséchemens, auquel nous renvoyons, ainsi que pour les moyens d'élever les eaux au-dessus du niveau de leur écoulement naturel.
Les moyens d’endiguer les lais et relais de la mer, les baies et golfes où l’eau est souventtrès-basse, les hauts-fonds et les altérissemens qui occupent souventsur les côtes des espaces immenses, nécessitent des travaux d'art qui sont le plus ordinairement au-dessus des forces des cultivateurs, et qui exigent la réunion des plus habiles ingénieurs et de grands capitalistes.
En Angleterre et en Hollande surtout, il y a des exemples po nsens des résultats obtenus par des endiguages savamment combinés et solidement construits; dans ce dernier pays, des contrées entières ont été conquises sur l'empire de la mer et sont inférieures à son niveau, en sorte que la moindre négli-
cfrar. 5.
gence dans l'entretien des digues les menacerait d’une inondation générale.
La pression de l’eau contre les parois du vase qui la contientétant en rapport avec sa profondeur, il s'ensuit qu’une digue composée de matériaux impénétrables à l’eau, et dont la coupe a la forme d’un triangle à angle droit, pourra toujours résister, quelle quesoit l’étendue de la surface, pourvu que sa hauteur soit égale à celle qu'atteignent les eaux. Sous ce rapport, il n’est donc pas plus difficile de contenir l'Océan qu'un étang ou une rivière de peu d’étendue.
Quoique la branche d'amélioration et de conquête des terrains, qui consiste à les endiguer, ait été assez bien comprise dans beaucoup de pays, cependant on commet encore souvent de grandes bévues dans l'exécution des travaux d’endiguages; il arrive souvent qu'on calcule mal ou qu’on indique inexactement à l'ingénieur La plus grande portée de la marée. Il arrive aussi souvent que pour éviter la dépense on né donne pas à la digue une base assez large, et on cause par là sa prompte destruction qui entraine des frais de réparation bien plus considérables que les dépenses de premier établissement. Pour les digues opposées à la mer, il ne suffil pas de ies élever, comme pour les rivières, de 16 pouces environ au-dessus des plus hautes eaux; il faut calculer cette hauteur en raison des circonstances particulières, qui sont l’élévation des eaux les jours des marées de quadrature, el celle des vagues poussées par l’action du vent. Dans les situations défavorables, le talus antérieur de la digue doit avoir sept de base sur un de hauteur, et le Lalus postérieur être plus doux que 45 degrés ( fig. 81).
Fig. 81.
Les moëres, polders ou terrains conquis sur la mer, ont besoin d’être délivrés des eaux intérieures par un système combiné de canaux de desséchement et d’écluses. Dans les cas ordinaires, l’écluse est placée dans un conduit de décharge pratiqué à travers la digue, dans l'endroit le plus convenable en raison de la pente du terrain et de l’afflux des eaux.
Elle est protégée par des piliers de défense ou une Jetée, et sa porte est construite de façon qu’elle ne permet pas l’entrée des eaux extérieures, mais seulement la sortie de celles de l'intérieur. Plusieurs écluses remplissent cet objet: nous représenterons seulement ici celle fg. 82, qui agit d’elle-même, et est em-
Fig. 82. ployée à l'embanquement de Bar Loch en Angleterre.
Les canaux et fossés nécessaires pour recueillir les eaux surabonudantes du terrain endigué et les conduire aux écluses, ainsi que celles venant de loin qui pourraient le traverser, sont le résultat d'opérations entièrement analogues à celles qu’on aura à exécuter pour les desséchemens, auxquels nous renvoyons.
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DES ENDIGUAGES ET DES EMBANQUEMENS.
Nous devons aussi renvoyer aux sos séliceux (T. 1, p. 32) pour les moyens de s’opposer aux envahissemens des dunes ou sables que la mer rejette sur certaines côtes, et pour l'amélioration et la culture de cessables, ainsi que des grèves ou sables des bords des rivières. C. B. DE M.
ART. I. — Des meilleurs moyens d'endiguer les ruisseaux, torrens, rivières, fleuves et les bords de la mer.
$ 1‘*.— Des claies vivaces sur le bord desruisseaux.
Il y a dans divers pays des ruisseaux appelés rusou rupts, qui, faibles une partie de l’année, franchissent leur lit, par suite des pluies et de la fonte des neiges, et qui minent, dévastent et entrainent leurs bords. Pour protéger ces bords, 1l faut commencer par faire une tranchée au bord du ru; examiner s’il n’est pas trop sinueux, s’il n’y a pas de l’avantage à rectifier dans quelques points son lit, qui doit être, autant que possible, sur une ligne droite, afin que les eaux s’écoulent facilement avec ce qu’elles ont enlevé, ne heurtent pas la claie et ne creusent pas le sol pardessous et derrière elles. Si le terrain à garaniir présente des angles, travaillez à les adoucir; la moindre négligence vous priverait du fruit de vos peines.
Choisissez pour votre claie vivace (fig. 83) le
saule et l’osier: vous pourrez la fortifier avec le peuplier. Employez l’aune, si l’osier vous manque ; mais ne les entremèlez pas : le premier, devenu fort, étoufferait son rival. Le saule rouge est préférable, parce que son bois est plus dur, et qu'on peut vendre ses pousses avec celles de l’osier. Pour celui-ci, préférez le rouge, et surtout celui qui est vulgairement connu sous le nom d’osier à panier. On peut se servir aussi pour nos digues du Mürier à papier (Zroussonetia papyrifera, Ventenat), et dans le midi, du 7amarix. Le saule doit provenir du bottelage de cinq à six ans; on le prendra assez long pour qu’il puisse entrer de 18 pouces à 2 pieds dans la terre, et que les pieux dépassent la claie d’environ un pied. Leur pourtour sera de 10 à 12
ouces. Enfin on coupe dans un taillis de 15 à 18 ans, et l’on conduit sur le terrain des
gaules de 6 pouces de pourtour, et qu'il vaut mieux avoir en saule qui reprend, sinon en chêne qui est dur, où en noisetier qui est flexible. Le charme et le frêne ne sont pas à employer, parce qu'ils passent rapidement et ne donnent pas le temps aux Jets de la claie vivace de les remplacer.
Ces dispositions achevées, faites avec un pieu ferré, et à 2 ou 3 pieds de distance, suivant l'étendue et la disposition des rives à garantir,des trous pour y recevoir les piquets des saules, que vous y introduirez sur-le-champ, afin que le gravier ne vienne pas en obstruer les trous.Prenez ensuite des branches de saule dont vous piquez le gros bout dans le talus, en biais, de manière à les ramener et à les tresser comme des claies de parc, et à ce que la pointe de ces branches suive le courant,
our n’offrir aucun obstacle à la marche de ’eau. Mettez et tassez de la terre contre ce lit de saule. Agissez de même pour les branches d’osier piquées contre la rive, et s’enlaçant dans la claie; si votre plant vivace peut compléter la claie, n’employez les gaules dont nous avons déjà parlé, que pour la brider jusqu’à son extrémité, afin de la soutenir et la consolider. À cet effet, insinuez l’une de celles-ci par son gros bout dans la terre, derrière la claie où vous la ramenez et la conduisez par des entrelacemens successifs, tantôt devant, tantôt derrière chaque piquet, et en suivant toujours la direction de l’eau. Une nouvelle gaule s’appuie entre les pieux sur celle qui l’a précédée. La claie faite, on l’ébrousse, et avec une serpe on rafraichit les pieux à 6 pouces de la claie, en mettant la partie taillée du côté du couchant, afin de la défendre contre les intempéries qui feraient pourrir bientôt un bois si tendre : le côté du nord serait le plus pernicieux.
Pour prévenir les affourllemens etles dégradations de la claie,on place en avant de celleci et entre chaque pieu, des piquets en chêne ou en saule, d’une hauteur égale à la moitié de la claie. Au bout de quelques années les racines forment en s'entrelaçant une sorte de digue vivace. Si la claie venait à être forcée, on retrouve ce même avantage dans les racines de peupliers que, pour obtenir des produits, on a placés à 18 pouces les uns des autres et à pareille distance derrière la claie. A cet effet, on a choisi des plançons sur les sujets élagués l’année d’avant,et que l’on aréduits à une longueur de 12 à 15 pouces ; on les a tenus le pied dans l’eau pendant une douzaine de jours, afin de hâter leur végétation. Tous les peupliers conviennent, surtout ceux d'Italie, qui trouvent une humidité habituelle dès qu’ils ont atteint le niveau du torrent.
C’est peu d’avoir établi un système de défense, s’il est ensuite négligé, exposé aux attaques du torrent ou à la dent des bestiaux, dont on connait les funestes effets sur les plantations. Dans le cas où l’on ne pourrait tenir les animaux loin de la claie vivace, il faudrait au moins la défendre soit par une barrière en bois, soit par une haie vive ou sèche.
Quant aux soins, aux dépenses qu'exigent la construction et l'entretien de ces digues, il faut observer qu'ils sont compensés par les produits, et que d’ailleurs elles conservent des terrains précieux. On a calculé, dans
AGRICULTURE : OPERATIONS AGRICOLES
LIv. 2%.
la Brie champenoise, qu'un hectare, occupe par elles, rapporte plus de 120 francs.
On peut employer avec succès les claïes vivaces sur le bord des rivières et des torrens, dans les parties qui n’exigent pas une défense plus solide. ai vu des paniers ou des piquets plantés soit en triangle, soit en cercle, pour protéger les rives, et dont l’intérieur était rempli de pierres recouvertes de gravier.
Quelquefois on place au-dessus une claie.
L’osier à racines bien chevelues est toujours utile à planter, il remplace ensuite le panier. Sur les bords de la Loire, ce sont des quinconces de saules et de peupliers. (Voër T.I, pag. 33 et fig. 24 et 25. ) Suivant les Transactions de la Société de la haute Ecosse, des pieux ou poteaux (/#g. 84), formés avec
Fig. 84.
les eclaircis des plantations de pins, sont enfoncés de 5 à 6 pieds dans le sable; on remplit leurs intervalles avec des bruyères ou des broussailles au milieu desquelles on entasse des pierres et du sable; on défend ces pieux contre la rivière, par de grosses pierresamoncelées en forme de talus.
Tous ces travaux, au reste, varient selon la disposition des lieux. On a moins besoin d’y recourir sur les rus que sur les rivières et torrens. Mais souvent il est d’un grand avantage d’encaisser celles-là, et nécessaire, pour arrêter les envahissemens de ceux-ci, d'établir des barrières redoutables. |
$ IL. — Moyens d’encaisser les rivieres et torrens.
Jusqu'à ces derniers temps, on avait élevé le long des rivières et torrens des chaussées revêtues d’un pavé que protégeaient des enrochemens; la dépense en était considérable, surtout loin des carrières: ces digues, exposées à des affouillemens, avaient besoin d’étre souvent rechargées. D’autres ingénieurs, pour forcer le torrent à changer de direction, placaient un barrage en travers de son lit ; d’autres enfin lui en ouvraient un nouveau à force de bras.
M. Franp, architecte à Gap (Hautes-Alpes), s’est occupé spécialement des pays montagreux, qui forment le tiers de la France, et ses procédés économiques peuvent s’appliquer, avec quelques modifications, aux autres provinces. La /g. 85 représente les travaux exécutés soussa direction sur les bords de la Durance. Prenant une montagne pour point de départ, il cherche en dessus où en dessous l’endroit de la rivière où les eaux, étant basses, laissent à découvert la plus forte largeur de graviers entre le grand bras et le point de la rive à laquelle il veut attacher son ouvrage. Ce point déterminé, il trace un épi incliné vers l’amont, qu'il conduit jusqu’au point arrêté par l’'Administra-
DES ENDIGUAGES ET DES EMBANQUEMENS.
Fig. 85.
tion des ponts-et-chaussées pour conserver aux eaux un débouché convenable. A ce point, il établit la tête de l’épi, espèce de môle qui a 25 mètres de longueur parallèlement au lit de la rivière et 30 mètres perpendiculairement à cette direction (/£g.
85 et 86). C’est un ouvrage en gravier, Fig. 85 et 86.
de forme prismatique, terminé en quart de cercle vers l’amont et en demi-cercle vers l'aval, revêtu d’un pavé incliné de 1 mètre 1/3 sur 1 mètre de base, et fortifié encore en amont par une jetée en pierres, dont la figure 87 donne les détails, et sous forme de cône aplati. Il réunit ensuite la partie de ce môle, dirigée vers la rive du lit majeur, par une levée en gravier, dont la partie supérieure arrase celle du mêle, et qui vient s’at-
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