‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 105 sur 357 · chapitre VIN des canaux de desséchement, tome · texte numérisé non relu

chapitre VIN des canaux de desséchement, tome

des Principes hydrauliques, par DUBUAT

AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

AVS ASS:

Résultats généraux et vues sur l’exécution | ART. 11.—Travaux particuliers pour le desséche-

des desséchemens.

Nous avons tâché de donner une idée des principaux moyens qui sont employés avec le plus de succès pour le desséchement des marais; mais Ce que nous devons rappeler ici , comme un des objets les plus dignes des vœux de l'humanité, des méditations de nos publicistes, des efforts de l’émulation particulière, des soins et des encouragemens du gouvernement, c’est importance qu'on doit mettre à effectuer progressivement le desséchement et l’assainissement des 609,000 hectares de marais qui existentencore en France,etqu'on peut considérer généralement comme des foyers d’insalubrité et des causes déplorables de dégénération physique et morale pour les populations limitrophes, tandis qu’elles trouveraient dans leur assainissement de nouveiles ressources pour le travail, de nouveaux moyens de bien-être, et feraient coopérer ainsi à la dignité, à la richesse du pays, les lieux même où la nature ne présente que des préjudices et des dommages affligeans.

Que si dans une si vaste étendue de marais 11 s’en trouve, qui, soit par le degré de leur insalubrité , soit par la nature et la difficulté des travaux jugés nécessaires pour les assaiair, feraient regretter à l'humanité d’emloyer à ces travaux l’ouvrier hounête et la-

orieux , dont elle doit chérir et protéger l'existence; pourquoi cette même humanité, contrainte ainsi à des réflexions douloureuses, ne les étendrait-elle pas à ce que lui présente de déplorable pour elle le sort actuel des criminels; pourquoi, dans le désir de le rendre moins affligeant, ne considérerait-elle pas alors ce que réclame d’une part la justice pour leur intimidation et leur punition, et d’autre part, l’ordre social et la religion pour leur amélioration et l’expialion de leurs crimes ? car le concours de ces réflexions devient plus que jamais important dans un pays où les progrès de la civilisation tendent à y supprimer de fait la peine capitale, quand bien même on la laisscrait encore subsister dans le Code pénal, puisqu'il est reconnu maintenant que la majorité d'un jury préfére presque toujours proclamer la non-culpabilité , c'est-à-dire l'impunité, qui remet le coupable dans la société, quand une déclaration contraire livrerait le coupable à la mort; pourquoi, en présence de considérations si puissantes, ne regarderait-on pas comme punition expialoire pour la conscience même et la réhabilitation du criminel, ainsi que pour l’ordre social, les travaux qu'exigeraient les marais dont il serait trop pénible d’effectuer le desséchement en n'y employant que des ouvriers dont l’honnétete et la bonne conduite doivent faire diriger les travaux vers des buts encourageans pour eux, pour leur famille, et propres à conserver à l'État une utile et esti-

mable existence (1) ?

HUERNE DE POMMEUSE.

ment des terrains inondes.

Il ne s’agit point dans cet article du desséchement des grands marais, mais seulement des terres cultivées ou cultivables sujettes à être annuellement inondées par la stagnation des eaux pluviales ou des fontes de neige.

L'humidité de la terre est utile, elle est nécessaire à la végétation; mais sa surabondance est nuisible et pernicieuse à la plupart des plantes, et particulièrement à toute bonne culture. Lorsque l’eau séjourne en hiver dans un champ, la terre y devient stérile le reste de l’année ; souvent on ne peut la labourer en temps convenable ou lorsqu'il le faudrait, et, dans les années pluvieuses, une terre ainsi retardée ne peut plus rien rapporter. Dans les prairies, la stagnation des eaux fait périr les meilleures plantes; les mauvaises ou les moins précieuses y résistent ; elles s’y multiplient; elles altèrent, elles détériorent peu-à-peu toute l’étendue de la prairie. Le desséchement des champs et des prairies est donc également nécessaire. Lorsqu'un desséchement a lieu sur de grands espaces de pays, Pair en devient plus sain en été et moins froid en hiver; l’époque des récoltes est plus hâtive et leur succès plus grand et plus assuré. Ces principes posés, je passe à leur application.

Les terrains sont inondés : 1° par la stagnation des eaux pluviales et de celles des fontes de neige; 2° par des eaux provenant de réservoirs souterrains, dans lesquels elles s’accumulent et d’où elles s'élèvent à la surface par l'effet de leur propre pression ; et 3° parce que les terrains inondés sont plus bas que tout le pays environnant. J’examinerai successivement les moyens employés pour parvenir au desséchement de ces trois espèces de lerrains inondés, et, dans un dernier , je parlerai des puits perdus ou puisards naturels, de leurs effets en agriculture, et, par suite, du desséchement au moyen de puisards artificiels, de coulisses ou rigoles souterraines et de sondages.

$I°".— Desséchement des terrains inondés par la stagnation des eaux pluviales ou celle des fontes de neige.

Le desséchement des terres cultivables sujettes à être inondées par la stagnation des eaux pluviales où par celles des fontes de neige, sopère de deux manières : ou par des rigoles, espèces de fossés ouverts, ou par des fossés fermés ou couverts, communément appelés coulisses ou rigoles souterraines. II ne sera pas ici traité des rigoles dont l’explication se confond avec ce que l’on aura à dire des rates d'écoulement et du béllonnage dont il sera question à l’article Zabours.

Le desséchement des terres cultivables par fossés ouverts ayant le grand inconvénient d'interrompre la libre circulation des voitures ou de la charrue, et d'exiger la con-

(1) Voir, pour le moyen d'exécution des mesures convenables et nécessaires, ce qui en est dit à ce sujet dans l'ouvrage sur les Colontes agricoles et leurs avantages, ete., par M. HUERNE DE POMMEU- SE, Ouvrage que la Société centrale d'agriculture a fait publier à ses frais et que l’Académie française a fait participer au prix fondé par M. de Monthyon pour l'ouvrage le plus utile aux mœurs. (In-8° de 909

pages, chez M° Huzard.)

cHAP. 5°.

struclion d’un grand nombre de ponts, on a cherché à y remédier par le desséchement au moyen des rigoles souterraines où fossés couverts. ; l

Les rigoles souterraines, communément désignées sous le nom de coulisses, sont ües fosses garnis de pierres ou d’autres matières qui ont assez de solidité ou de durée pour maintenir les vides par lesquels l’eau doit s’écouler. On recouvre le tout de mousse, de gazon et de terre, de manière que la charrue ou la voiture passent par-dessus les coulisses sans Jamais étre arrèlées, comme elles le sont par les fossés ouverts.

L'usage de ces petits aqguédues pour le desséchement des terres remonte à l'antiquité la plus reculée. Les Perses recueillent encore aujourd'nui les fruits et les avantages d un grand nombre de ces canaux, construits, à une époque inconnue, dans des lerrains humides et inondés, dont les eaux servent à arroser et enrichir d’autres terrains qui élaient trop secs. CATON, PALLADIUS, COLUMELLE, Pune, etc., parlent de ces aquéducs souterrains employés de leur temps pour le desséchement des terres cultivables inondées et dont la culture était gènée par la stagnation des eaux. Après avoir ouvert les fossés, on les remplissait en pierres sèches, ou en branches tressées grossièrement, puis on les couvrait en pierres plates ou en gazon. Les coulisses des anciens avaient de 0* 90 à 1" et 1* 20 de profondeur. On ne leur donne plus que (ia 60 à 0% 70; mais les grandes coulisses qui doivent recevoir les eaux des coulisses transversales sont plus larges et plus profondes.

Aujourd'hui, les coulisses se font, comme chez les anciens, en pierres, et, à défaut de ïierres, en fascines ou en branchages, et dans Lernétit de pays tout simplement en gazon.

Pour faire les coulisses en fascines (fig. 99),

on place, de distance en distance, dans le fond du fossé, deux pieux croisés en chevalet ou en croix de Saint-André, destinés à porter les fascines, au-dessus desquelles on met de la paille, de la mousse ou des feuilles, que l'on recouvre ensuile de terre. Suivant les localités, en emploie indistinctement les fascines de chêne, d’épines noires, de saule, d’orme, d’aune, de peupliers, elc., etc. Ces coulisses durent 30 à 40 ans et au-delà, suivant l’essence du bois des fascines, et la grosseur des branches.

Dans le Lancashire et dans le Buckinghamshire, on dessèche les prairies par des coulisses étroites (fig. 100), pratiquées avec un fort louchet ; mais dans beaucoup d'endroits, on se sert avec plus de succès de la charruetaupe.

LA

DESSECHEMENT DES MARAIS.

Les coulisses en pierre (fig. 101) durent plu- Fig. 101.

sieurs siècles. Ainsi, celles qui ont été faites par les anciens en Grèce, en Asie, en Perse, en Syrie,etc.,sont encore bien conservées et remplissent parfaitement leurs fonctions sans que Jamais on soit obligé d’y travailler. La figure en présente de plusieurs genres de construction , qui n’ont pas besoin de description spéciaie, et entre lesquelleson peut choisir selon les besoins des localités et les matériaux disponibles.

L’argile cuite ou terre à briques et à potertes peut aussi servir à établir des coulisses très-durables, très-faciles à poser, et qui, pour certains pays, seront très-peu dispendieuses. La #g. 102 en offre de plusieurs formes, Il serait à désirer qu’on se mit à en fabriquer dans un grand nombre de nos départemens ; en attendant M. GOURLIER a établi à Vaugirard, près Paris, une manufacture où l’on trouve des caniveaux de différentes sortes qui rempliront très-bien l’usage que nous indiquons.

Les coulisses faites er gazon ( 18. 103) durent 10, 12,15 ans et quelquefois plus. On donne en général à ces fossés un mêtre de profondeur et un demi-mèêtre de largeur. Lorsque le terrain où on les ouvreest gazonné, on met d’abord à part les gazons que l’on coupe en comparlimens égaux et convenables pour être placés renversés au fond du fossé; ce iond ne doit avoir que de 3 à 6 pouces de Jargeur. La première terre extraite, comme elle

Fig. 102.

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Fig. 103.

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est la meilleure, est ensuite jetée à part d’un côté du fossé afin de servir à le combler et à niveler le sol ; celle extraite du fond a été jelée de l’autre côté et sera replacée iminédiatement après le gazon.

$ II. — Desséchement des terrains inondés par des sources provenant de réservoirs souterrains d’eaux comprimées.

Sans chercher à développer iei la théorie des sources, je crois ne pouvoir me dispenser de présenter quelques considérations sur l'effet des glaises ou argiles dans la conslitution des terres désignées sous le nom de terres froides, fortes, et sujeltes à étre inondées par des sources provenant de réservoirs souterrains d'eaux comprimées. La propriété essentielle des glaises ou argiles, et par conséquent des terrains argileux, est de fournir des réservoirs aux sources et aux fontaines.

Les grandes formations argileuses ou les dépôts d'argile, présentent des séries de couches plus ou moins épaisses, séparées assez généralement par des lits de sable ou de gravier, qui contiennent toujours des nappes d'eau plus ou moins abondantes. Rarement ces couches sont parfaitement horizontales; elles sont communément inclinées sous divers an-

les et dans différentes directions. Quelqueoiselles se montrent à la surface de la terreet vont plonger à une grande profondeur, pour

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ÉTV. 1%

à la surface du sol. Souvent ces couches sont brisées, rompues et coupées par des fentes ou des retraites remplies de sable ou de gravier. De telles variations dans la manière d’être des dépôts de glaise en déterminent dans la compacité des terres argileuses, dans leur perméabilité, et par suite, dans le gisement des nappes d’eau plus ou moins nombreuses et plus où moins abondantes entre chaque couche perméable et imperméable. Si les terrains argileux, de quelque espèce d’ailleurs qu'ils soient, s'enfoncent également dans tous les sens, de manière à revétir de toutes parts le fond d'un bassin souterrain d’une couche de glaise imperméable, les eaux, après s’y étre amassées, ne trcuveront aucune issue :

elles exerceront alors une sorte de réaction ou de pression contre les couches supérieures, el, e mme elles continueront toujours d’affluer dans le bassin, elles finirent par se faire jour dans la ligne de moindre résistance, en perçant ces couches, pour surgir à la surface du sol, qu’elles maintiendront constamment humide où même marécageux, si celuici présente une dépression sans pente et sans écoulement. Et telle est, en effet, très-souvent et beaucoup trop souvent, l’action des eaux comprimées des réservoirs souterrains sur nos grandes plaines de terres argileuses.

Il existe en France d'immenses terrains \ncultes, z2ondés et submergés par des sources de réservoirs d’eau comprimée, et qu'il serait facile de rendre à la culture, au moyen du percement des glaises qui empêchent l'infiltration des eaux dans les terrains inférieurs. Ce percement peut se faire et se fait à peu de frais, à l’aide de cette même sonde dont le fontainier se sert pour faire jaillir les eaux à la surface; enfin il se fait promptement et toujours avec certitude d’un plein succès.

Cette manière de dessécher les terrains inondés est depuis long-temps connue et pratiquée en Allemagne et en Angleterre ; elle est également en usage en Italie, et c’est peut-êlre de ce pays qu’elle s’est propagée dans les autres.

Dans son Rapport au Bureau d'agriculture du parlement d'Angleterre, M. Jonnsron en a altribué la découverte à Joseph ELkinc- Ton, du comté de Warwick; mais, longtemps avant lui, les Allemands avaient appliqué la sonde au desséchement des terres inondées : d’ailleurs, /ames ANDERSON, d’Aberdeen, avait publié, dès 1775, sur cette matière, un ouvrage élémentaire sous le titre de : Vrais principes sur lesquels repose la théorie du desséchement des terrains que des sources rendent marécageux : un heureux hasard, dit-il, lui ayant fait dessécher un marais par le creusement d’un puits dans une couche de glaise compacte, dont le percement fit jaïllir avec impétuosité des eaux abondantes, et obtenir par suite le desséchement de ce marais, desséchement qu'il ne s'était point proposé.

Pour opérer le desséchement des terrains inondés par des sources provenant de réservoirs d'eaux comprimées, suivant le procédé d'ELKINGTON (/i2.104),onouvre, dans la partie la plus basse, des fossés de largeur suffisante pour recevoir toutes les eaux, et l’on perce, de distance eu distance, dans le fond de ces

ge relever etse remontrer également plus loin | fossés des coups de sonde, pour donner un

cHAP. 5°.

fig. 104.

libre essor aux eaux comprimées et les faire écouler. S'il s’agit d’une surface d’une grande étendue, il faut ouvrir un ou plusieurs grands fossés d'écoulement dans toute la longueur du terrain à dessécher, et lon y fait aboutir, comme autant de branches ou de ramifications, tous les fossés transversaux , dans lesquels sont percés les trous de sonde, que l’on multiplie suivant que le besoin l'exige. Si les banes de pierre sous la terre végétale étaient inclinés, 1l faudrait que les coups de sonde fussent faits dans une direction perpendiculaire au plan de ces bancs de pierre, et tant qu'il ne sortira pas d’eau par les trous de sonde, ils devront être approfondis. L'effet de ces coups de sonde et des fossés d’écoulement est de rendre solides en très-peu de temps les terrains inondés et même les terrains tourbeux les plus humides. En desséchant, par ce procédé, des marais en plaine, ELxiNGron est parvenu à se procurer une grande masse d'eau, qu'il élevait au-dessus de son niveau précédent, au moyen d’une tour creuse, garnie de glaise, bâtie autour de l’endroit perforé. L'eau parvenue au sommet de la tour était ensuite conduite là où elle pouvait être nécessaire pour le service des usines ou des irrigations.

Le docteur ANDERSON, qui a acquis en Angleterre une réputation Justement méritée par le succès de ses opérations de desséchement, préfère le percement des puits aux forages à la sonde. Quoique plus difficiles et plus dispendieux, les puits percés dans le voisinage des terrains inondés ou des marais produisent en effet un résultat prompt et infaillible; mais ce moyen présente plus de difficultés ; il est plus dispendieux, je le répète, et souvent l'abondance des eaux ou les glaises coulantes rendent les percemens de puits très-difficiles.

La méthode que M. Wedge, de Bickenhill,

DESSÉCHEMENT DES MARAIS

a mise en pratique dans le comté de Warwick et dans celui d’Aylesford, pour le desséchement des terrains inondés, est une modification de celle d'EcxiNGron. Au lieu de fossés ouverts, il fait des coulisses ou rigoles souterraines, et avant de les fermer, il donne dans leur fond autant de coups de sonde qu’il est nécessaire pour parvenir à l’entier épuisement des réservoirs souterrains. Par ce procédé, M. Wedge a fait de très-grands et de très-beaux desséchemens qui ont donné une haute valeur à des terres qui jusqu'alors n’en avaient aucune.

En France, plusieurs desséchemens de ce genre pourraient être mis en parallèle avec ceux de l’Angleterre et de l'Allemagne; il est même peu de départemens qui ne nous en offrent quelques exemples plus ou moins remarquables, et qui tous ont produit les résultats les plus avantageux. En Provence, en Dauphiné, en Languedoc, et en général dans tout le Midi, on trouve de ces desséchemens faits par rigoles souterraines à une époque inconnue. Les habitans les attribuent. les uns aux Romains, les autres aux Sarrasins. Ces rigoles ont généralement été faites avec soin, et, dans quelques localités, on voit que les Anciens avaient un double système de desséchement et d’arrosement, puisque souvent les eaux de ces rigoles, après avoir été recueillies dans des bassins, servent ensuite à l’irrigation des terrains inférieurs.

Enfin, c’est par de semblables opérations, suivant le rapport fait en 1808, par notre vénérable collègue, M. Tessier , au ministre de l'intérieur, qui l'avait envoyé visiter l’établissement d'Hofwil; c'est, dis-je, par de semblables opérations que le célèbre M. pe FEL- LENBERG, que l’on ne saurait trop citer quand il s’agit d’un bon procédé ou d’une bonne méthode à indiquer, a commencé ses perfectivnnemens et son excellent système de culture, qui a fait la réputation du bel établissement agricole d'Hofwil (1).

Plusieurs membres de la Société royale et centrale d'agriculture ont travaillé sur cette importante question. Ainsi VARENNES DE FE- MILLE, auquel l’agriculture doit tant d’améliorations, a fait de très-grands travaux en ce genre. CRETTÉ DE PALLUEL, après avoir remporté en 1789 le prix proposé par la Société d'agriculture de Laon, sur le desséchement des marais du Laonnois, examina l’utilité qu’on peut tirer des marais desséchés et la manière de les cultiver. CHASSIRON, qui s'était spécialement occupé de la législation des cours d’eau et des irrigations, se livra à l'étude des moyens d'opérer les desséchemens par des procédés simples et peu dispendieux, tels que ceux qui furent employés par les Hollandais, dans le seizième siccle, pour le desséchement des marais des anciennes provinces d’Aunis, Poitou, Saintonge, etc. DE Pertuis, qui embrassait tout ce qui était

(1) M. DE FELLENBERG avait à lutter contre les eaux , qui nuisaient à sa culture. Pour y remédier, il creusa une grande galerie à l'effet de rassembler toutes les eaux pour les faire servir à l'irrigation des prés. La longueur de cette galerie est de plus de trois cents mètres. Sans cette galerie, M. DE FEL- LENBERG n'aurait pu exploiter sa propriété avec le succès qui lui a acquis une si haute réputation. En été, elle était noyée presque entièrement par les fontes de neige des montagnes de Gromval. Cette propriété, située à deux lieues et demie de Berne, est sur un monticule environné d’autres monticules qui sont au pied de hautes montagnes couvertes de neiges et de glaciers toute l'année. (Note de

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