‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 126 sur 357 · TUE · texte numérisé non relu

TUE

AGRICULTURE : FACONS GENERALES À DONNER AU SOL

première horizontalement, la seconde verüicalement, et toutes deux se fixer solidement, lorsqu'il y a lieu, au moyen d’un écrou «a VIS.

Pour les charrues à roue ou à sabot, le regulateur n'étant destiné qu’à déterminer la largeur de la raie, Ja tige verticale devient moins utile. Les f£g. 219 et 220 n’ont pas be-

Fig. 219. Fig. 220.

nn —S (EI)

La) soin d’explication.

Les charrues à avant-train prennent plus d'entrure quand on abaisse l’age sur la sellette; elles en prennent moins lorsqu'on l’elève. — Les araires piquent d'autant plus qu'on élève le point de tirage, et d’autant moins qu’on l'abaisse. Elles ouvrent une raie plus large lorsqu'on porte ce point vers

la droite, moins large lorsqu'on le dirige vers la gauche.

$ VIL.— Du manche ou des mancherons.

Dans une charrue bien combinée et bien construite, non seulement un manche uniqu> peut suffire, mais, ainsi que l’a démontré M. GRANGÉ, il n’est vraiment indispensable que lorsque quelque obstacle, en soulevant ou en écartant le soc, a pu le faire dévier de sa direction première.

Diverses araires n’ont qu'un manche sur lequel le laboureur pose la main gauche, se réservant ainsi la droite pour diriger et actver les animaux de trait. — Parfois près de l'extrémité de ce manche on adapte un petit mancheron, comme dans la charrue de Brabant; — le plus souvent le manche se compose de deux mancherons, l’un de gauche qui s'élève obliquement dans la ligne de l'age, l’autre de droite qui s’en écarte plus ou moins de ce côté.—On ne peut se dissimuler que ce dernier ne serve beaucoup, dans les cas difficiles, à faciliter la direction de l’instrument.

Fort communément le manche simple ou composé de deux mancherons est placé à l'extrémité postérieure de la charrue. — Il arrive cependant qu’on le fixe plus en avant, au-dessus du point même où la résistance se fait davantage sentir dans le sol. — D’après cette secônde disposition, assez commune dans les fabriques anglaises, le levier, acquérant une longueur considérable, produit, à l’aide d’une force moindre, des effets beaucoup plus puissans; mais en général on a peu besoin de ce surcroit de puissance, et nos cultivateurs français préfèrent, avec raison, des mancherons plus courts.

ART. 1. — De la résistance et de la force de traction.

Au nombre des auteurs qui ont cherché, avec le plus de talent et de succès, à établir la théorie de la charrue sur les principes de

char. 6°.

la mécanique, Taaër et M. Marmieu pe Dom- BASLE sont inconteslablement ceux qe ont envisagé de la manière la plus complète ce sujet, qu'il n’est désormais plus permis d’aborder sans les citer, sous peine de rester incomplet ou de se montrer ingrat. C’est au second de ces agronomes (1), et à ceux de nos confrères qui ont concouruavec l’un de nous, par leurs expériences et leurs rapports (2), à faire mieux apprécier ses travaux, que nous empruntons en partie ce qui suit.

On a souvent comparé l’action du corps de la charrue dans la terre à celle d’un coin; on s’en ferait une idée plus précise, en imagipant sa forme dérivée de celle de deux coins accolés ou plutôt confondus à leur base commuue. L'un, que M. MATHIEU DE DoMBASLE appelle le coiëx antérieur, parce que son tranchant se trouve placé un peu en avant de celui de l’autre, a une de ses faces horizontale : c’est le plan qui est formé par la semelle ou la face inférieure du soc et du sep, ainsi que par le bord inférieur du versoir qui touche le fond du sillon. Le tranchant du coin, qui est horizontal et dans le même plan, est représenté par la partie tranchante du soc : au lieu d’être placé d'une manière perpendiculaire à la line de direction de la charrue, il recoit toujours une position plus ou moins oblique à cette direction, mais sans sortir du plan horizontal. Cette obliquité variable a pour but de lui donner plus de facilité à vaincre les obstacles qu'il rencontre, mais il ne change rien à la nature du coin. La face supérieure de ce premier coin, qui, par sa position, ne peut que soulever la bande de terre de bas en haut, est représentée en partie par la surface supérieure du soc. — L'autre coin, c’est-à-dire le coin postérieur, est placé à angle droit sur le premier; ilaune de ses faces verticale : c’est celle qui, dans les charrues ordinaires, forme la face gauche du corps de la charrue, celie qui glisse contre l’ancien guéret. Le tranchant de ce second coin se trouve placé dans un plan vertical à la gorge de la charrue; ce second coin, par sa position, ne peut agir que latéralement. La partie postérieure du versoir forme l'extrémité de sa face droite, dans son plus grand écartement de sa face gauche.

Si l’on pouvait supposer par la pensée chacun de ces deux coins indépendant de l’autre, il est évident que le résultat d'action du premier serait de détacher la bande de terre, de la soulever et de la laisser retomber derrière lui dans la mème position el à la même

lace qu’elle occupait auparavant, tandis que e second, au contraire, se bornerait à la refouler de côté, sans la soulever ni la retourner en ancune manière.

Dans les charrues les plus parfaites, et c’est ce qui distingue surtout les nouvelles des anciennes, on a lié ou plutôt remplacé par une surface courbe plus ou moins régulière la face supérieure du coin antérieur et la face droite du coin postérieur, afin d'amener insensiblement, et avec le moins de résistance possible,

DES CHARRUES

la bande de terre de l'extrémité antérieure de l’un à l'extrémité postérieure de l’autre.

Après avoir considéré de cette manière le corps de la charrue, il devient plus tacile de déterminer le point précis du centre de la résistance QW'il éprouve dans sa marche. — On trouve : 1° que la ligne de résistance est dans l'axe même du coin, et passe par son tranchant, s’il agit en parlageant en deux parties égales l’angle formé par le coin, comme par le ciseau à deux tranchans (voy. fég. 221); — 2HAUEUE ESS Pie 221. Fig. 222.

dans le plan de : F la face du coin, NC parallèle à la li- =.

gne de mouvement,en passant toujours par le tranchant, si le coin agit comme le ciseau à un seultranchant (fé. 222); — 3° que la puissance motrice, pour produire le plus grand effet possible, doit être appliquée dans fa direction de la ligne de résislance; — et 4 que les deux coins qui composent le corps de la charrue étant de la dernière des deux espèces, la ligne de résistance du coin antérieur sera nécessairement une ligne droite placée au fond du sillon, dans le milieu de sa largeur, et parallèle à sa direction: celle du coin postérieur sera une ligne droite placée sur la surface g«uche du corps de la charrue, à moitie de la profondeur du sillon et parallèle à sa direction. Si où imagine un plan passant par ces deux lignes parallèles entre elles, la résultante des deux lignes de résistance se trouvera dans ce plan el à égale distance des deux lignes; le point où cette résullante rencontrera la surface supérieure du soc ou celle du versoir, sera le point qui doit être considéré comme celui où est accumulée la resistance que le corps de la charrue éprouve dans son action; — détermination parfaitement conforme à celle qu on peut déduire de l'expérience delaraire.

Pour que la force motrice fût employée daus la charrue de la manière la plus utile il faudrait donc non seulement qu’elle agit dans le prolongement de la ligne de résistance, qui se trouve à la surface du sol et parallèle à cette surface, mais aussi que le moteur se trouvât sous la surface du sol à la même profondeur que la ligne de résistance. Il ne peut malheureusement en être ainsi.

D'après les élémens les plus simples de dynamique, on sait: 1° que, dans toute machine, lorsque le mouvement se transmet de la puissance à la résistance par l'intermédiaire &'üu corps inflexible, la transmission du mouvement se fait dans une ligne droite tirée du point d'application de la puissance à celui de la résistance, quelle que soit d’ailleurs la forme du corps inflexible ;— 2° quesi entre le corps inflexible interposé entre la puissance et la résistance, on suppose un corps flexible, tel qu'une corde ou une chaine, les trois points de la résistance, de la puissance et de l’attache tendront toujours à se placer dans une même ligne droite, et, lorsqu'ils y

(1) De la charrue, par C.-J.-A. MATHIEU DE DOMBASLE , Mémoire inséré parmi ceux de la Société

centrale d'agriculture, année 1820.

(2) Rapports sur ce Memoire, par MM. YVART, MOLARD, DAILLY, père et fils, HÉRICART DE THURY, rapporteur — Rapports ( faits dans les années postérieures) sur diverses charrues, par M. HACHETTE, de l'institut, l'un de nos collaborateurs, du précieux concours duquel la mort nous a récemment privés.

AGRICULTURES

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