ÉPOQUE, PROFONDEUR DES ENSEMENCEMENS
cines, fortement implantées dans le sol, ne puissent être soulevées par le gonflement du terrain.
Nous allons indiquer ici les diverses profondeurs auxquelles il convient d’enterrer la semence des principales plantes agricoles. Il est reconnu, en général, qu'aucune graine ne germe enfouie à plus de 5 à 6 pouces. Ce que nous allons dire suppose un sol de consistance moyenne. :
La feverole est de tous les végétaux cultivés celui qui supporte la plus forte couverture de terre; même dans un sol tenace, elle lève très-bien à 3 ou 4 pouces.
Pour l'orge et l’ävoine, 2 pouces à 2 pouces 1/2.
Les vesces, les lentilles, les betteraves, les pois, le seigle et le froment, de 1'à 2 pouces.
Les Aaricots,le mais et le colza, 1 pouce et demi.
Les autres graines oléagineuses, le lin, le rutabaga, 1/2 pouce.
Les navets et les carottes, 1/2 pouce au plus.
Enfin les semences des prairies artificielles, la gaude, le pavot et la chicorée demandent à peine à être recouvertes.
$ III. — Quantité de semences à employer.
St toutes les graines que l’on confie à la terre ermatientet donnaientnaissance à une plante fx développée, il n’y a aucun doute que la proportion crdinairement employée ne soit trop forte. Mais, quelque soin que l’on ait pris pour choisir la semence, il y en a tou- Jours une petite partie qui a perdu la faculté erminative; avec quelque précaution que Fon ait préparé le terrain, il y a toujours un certain nombre de graines qui ne sont pas enterrées à la profondeur convenable. Les oiseaux, les insectes en détruisent souvent une grande partie. Ceux qui n’ont pas calculé toutes ces causes de diminution peuvent bien soutenir qu’on répand trop de semence d'après les exemples étonnans de la fécondite de la plupart des végétaux cullivés; ainsi, MILLER, jardinier anglais, en semant un seul grain de froment , en obtint plusieurs milliers. Mais combien de cultivateurs se sont repentis d'avoir mis en application les conseils des hommes qui ne raisonnaient que d’après les essais tentés dans un sol de premier choix! Nous irtdiquerons en traitant de chaque plante la quantité de semence que l’on doit employer dans un sol de fertilité et de consistance ordinaires.
Ici zous ferons seulement observer que cette quantité doit étre diminuée dans un sol riche, parce que, dans cette circonstance, les plantes culmifères ont beaucoup de disposition à produire des talles ou pousses latérales; parce que les autres végétaux y acquièrent de grandes dimensions. Leur développement serait contrarié par la multiplicité des plantes qui se trouveraient agglomérées sur un même point. Au lieu de donner des produits plus abondans, une semaille épaisse n'aurait dans ce cas d’autre résultat que d’empêcher la circulation libre de l'air, d’intercepter la lumière et en définitive d’étioler la majeure partie des végétaux. Il convient encore de diminuer la quantité de semence
quand la semaille s'exécute de bonne heure, parce qu'alors le terrain ést ordinairement mieux préparé, que la terre, encore échauffée par les rayons du soleil, hâte la germination des grains et les soustrait à tous les accidens qui les détruiraient.,
Aucontraire,la quantité de semence doit étre augmentée dans les sols pauvres, dans les semnailles tardives. Généralement parlant, les variétés de printemps veulent être semées plus drues que les variétés d'automne. Le blé d'hiver, par exemple, a le temps de taller avant et après l'hiver; tandis que celui du printemps est à peine germé, que les pluies douces de la saison et le soleil concourent à donner à la végétation une grande activité : les tiges montent rapidement, mais elles ne peuvent produire de pousses latérales.
ART. ar. — Des procédés de sémination.
Jusqu'à présent on ne connaît que trois moyens pour distribuer la semence sur le sol: à la volée, au semoir, au plantoir. Le dernier procédé est abandonné presque partout pour les céréales, et restreint pour les autres plantes à un très-pelit nombre de circonstances qui ne se rencontrent que dans la petite culture et dans les exploitations maraichères. Le second, peu usité pour la semaille des plantes culinifères, commence à être utilisé pour les végétaux qu'on sème en lignes. Enfin, le premier procédé est le seul connu dans les contrées où l’art agricole est demeuré stationnaire : il est aussi celui qui jusqu’à présent offre le plus d'avantages pour la sémination des céréales.—Nous renvoyons à la section suivante, qui est celle des plantations, ce que nous avons à dire des plantes qui se multiplient par le moyen de tubercules, de drageons, comme la pomme-de-terre, la garance, le houblon, elc. Nous ne nous étendrons pas sur la dernière méthode, pour donner plus de développement à la description des deux autres.
$ Ir.— Des semoirs. (Drills des Anglais.)
ParuLLo en Espagne, Turc en Angleterre, DunaMEL en France, DE FELLEMBERG en suisse, ont cherché à introduire l'usage des semoirs pour les céréales. Tous ces noms font autorité en agriculture, et puisque des hoinmes detalent n'ont pas douté de la possibilité, nous devons encourager ceux qui s'occupent à perfectionner ces instrumens, à en imaginer de nouveaux. Les inventeurs des semoirs à céréales, découragés euxmêmes par l'insuccès de leurs tentatives, ruiués par des dépenses énormes, n'avaient plus d’imitateurs où du moins leurs rares partisans se contentaient de suivre leur système dans le silence, quand M. HUGUES, avocat à Bordeaux, après avoir brillé au barreau, voulut encore couvrir son nom d’un autre genre de célébrité. Les suffrages qu'il a obtenus de tous côtés ont élé unanimes el sans restriction.
Si nous mettons de côté la question de nom pour n envisager que la chose en elle-même, nous voyons que les avantages qu'offrent les semoirs sont compensés par de nombreux inconvéniens.
AGRICULTURE : ENSEMENCEMENS
ET PLANTATIONS. EAV. 1°.
On peut résumer ainsi les avantages des sernotrs : ils distribuent le grain aussi également que possible sans le déposer avec la main et aussi dru qu'on le désire; —ils introduisent le grain en terre à une profondeur réglée et qui dépend également du vouloir de celui qui dirige Finstrument; — ils permettent, dans la plupart des cas, d’économiser une partie de la semence. — Quant a la disposition des plantes par rangées parallèles, nous verrons plus tard que ce n’est pas toujours un avantage.
Leurs iaconvéntens se bornent à ceux-ci : — Iis exigent plus de temps pour l'accomplissement des semailles, et forcent quelquefois à semer par un temps peu opportun. Ils demandent une certaine sagacité de la part de celui qui dirige l'instrument, qualité qu’on ne rencontre pas toujours aujourd’hui dans les agens inférieurs de la culture. — D’ailleurs ces instrumens sont coûteux et quelquefois d’un entretien dispendieux. Il faut non seulement un mécanicien habile pour les construire, maisencore un ouvrier exercé pour les réparer, hommes difficiles à trouver dans les campagnes.
Cependant, les Chinois ont de temps immémorial employé les semoirs pour la semaille des granifères, et il est certain que quelques personnes en ont exagéré les inconvéniens. Celui de PATULLO a été imité par Coxs en Angleterre et singulièrement perfectionné dans ces derniers temps par M. DE VALCOURT, & Paris et dans l'établissement de Grignon. Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir donner la figure de cet instrument qu’en l'absence de M. de Valcourt nous avons inutilement demandé à l’Institut agricole de Grignon. Il est composé de cuillères en cuivre, qui sont placées à l'extrémité d’une série de petits embranchemens qui sont comme les rayons d’un cylindre. Ce cylindre porte à l’une de ses extrémités une poulie fixe, qui recoit son mouvement de rotation au moyen d’une chaine. Cette chaîne entoure également une poulie fixée sur l’essieu de la roue , lequel forme l’axe de cette seconde partie.
Le semoir de Tu ( fig. 287) a été prôné
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par tous les partisans de ses idées. Il se compose d’une caisse divisée en plusieurs compartimens. Dans chacun de ceux-ci se trouve un cylindre en bois percé de deux rangées de trous, comme on le voit dans la fig. 287. Une chaine sans fin communique à ce cylindre le mouvement qu’elle-même re-
oit de l’avant-lrain. Pendant le mouvement de rotation, les semences se Jogent dans les
cavités pratiquées à Ja périphérie, et, quand le cylindre a fait sa révolution, elles descendent par untube (/fg.288) dans le rayon qui a élé tracé par sa partie inférieure, et sont immédiatement recouvertes par les dents d'un rateau. L’inspection des figures suffit pour démontrer le mécanisme de cet instrument. Partout où on l’aessayé il a élé trouvé d’une manœuvre trop compliquée et d’une éônstruction trop fragile et trop délicate.
D'ailleurs, par la disposition adoptée, on ne peul remplir de semence qu une partie de la caisse; aujourd’hui on a remédié à ce désavantage au moyen des brosses.
Un autre geure de semoër employé avec succès par M. ArgurTuxor,est celui qui, au lieu de trémie fixe,supporte un baril mobile (fg. 289)
Fig. 289. soutenu par deux roulettes. Les semences qui y sont contenues trouvent uneissue par les trous qu'on a D —- bratiqués sur la cir-
UP bre Les deux dents qui se trouvent enchässées dans la traverse postérieure, font l'office de herse ou de râteau pour recouvrir etenterrer.C’est surtout pour les turneps ou graines fines qu'il est usité.
Au baril en bois on a substitué dans ces derniers temps une capsule ou lanterne en Jer-blanc, formée de 2 cônes tronqués, assemblés par leur base et présentant la forme de la figure 290. Le milieu est une bande percée d'une série de trous, dont les diamètres sont proportionnés au calibre des semences qu’on répand. Lorsqu’ellessonttrès-fines, on ne laisse ouverlsqueles trous vv et on ferme tous les autres avec des liéges. —
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Fig. 290.
Fig. 291. Mais ce moyen est sujet à plusieurs inconvéniens ;
= EE c'est ce qui a
fait imaginer un autre expédient (Jig. 291). La par- Ue supérieure ou le sommet de la lanterne est muni de 2 rebords à charnières, dans lesquelles glissent autant d’oreillettes qu'il y a
e trous, et échancrées dans la partie quiest destinée à s'aboucher avec l'ouverture. La parlie à gauche représente l'oreillette éloi-
‘ Snée dutrou. Ayec celle disposition, l'instru-
DES SEMOIRS.
ment sème très-épais, ou des semencesquiont un certain volume. Si l’on veut semer moins dru ou des semences ténues, on rapproche la charnière commeon le voit dans la parle à droite, où la capacité de louverture est amoindrieet ne laisse plus écha pper que des graines très-fines. M. DE FELLEMBERG, Je crois, est un des premiers qui aient appliqué cette disposition aux semoirs de son invention.
M. DE Douasce l’emploie également pour ses semoirs à graines fines ; enfin, le beau semotr de M. Cresrez DeLisse est composé d'une série de lanternes posées les unes à côté des autres.
Le mécanisme de ces semoërs est trés-simple.
Leur direction exige cependant quelques données pratiques. Ils se remplissent de graines au moyen du tube supérieur portant à son extrémité un couvercle qu’on enlèveetqu'onreplace à volonté. La capsule ne doit pas être remplie à plus de2/3 de sa capacité, soit parce que la graine sort mal si l’on n’a cette pré- Caution, soit parce qu'elle est alors trop pesante pour tourner avec facilité. Le dernier inconvénient est sensible surtout lorsque le semoir n’a pas plusieurs capsules. La graine devra être préalablement purgée detoutes les substances étrangères qui fermeraient l’ouverture, et dégagée de toutes les aspérités qui l’empêcheraient de passer.
Le semoir que les Anglais emploient le plus généralement (fs. 292 el 293 ), se com-
Fig. 292
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Can Abe
pose d’une trémie fixee sur le montant cau
moyen de brides et contenant un cylindre 4 qui reçoit, à l'extérieur de la trémie, un mouvement de rotation par le moyen de la manivelle f. Lecorps du semoir proprement dit est précédé d’un brancard avec un encadrement supportant lPessieu z des 2 cylindres concaves #4. L'addition de ces 2 rouleaux annonce que le terrainest préparé en billons. Le cheval de tir marche entre la crête des 2 billons L M(/ig. 294), dont les arêtes abaitues et
Fig. 294.
plombées par les rouleaux présentent la configuration représentée à côté. Les tubes 7 ouvrent le sol sur l’ados ainsi comprimé, et laissent en mêmetemps tomber la semence dans la rigole qu’il aouverte; les chaines 00 entrainent dans leur marche ja terre déplacée par le tube rayonneur et en recouvrent la semence. Ce semoir est regardé généralement commetrop compliqué.fl a cependant l'avantage de communiquer au cylindre alimentaire son mouvement de rotalion par une verge en fer qui n’est point sujette à s’alonger ou à se rétrécir par l'effet des variations atmosphériques, comme la corde et le cuir
uisont les matières généralementemployées
ans les autres instrumens de ce genre.
Le semoir de Norfolk \ fig. 295 ), est un ap-
Fig. 295.
pareil très-ingénieux, mais encore plus com-
liqué, inventé parles Anglais pour semer le Dé Ilest principales loyé dans les sols légers du Norfolk et du Suflolk, où on le préfère à celui de M. Cooke, quoiqu'il coûte le double, parce qu’il est beaucoup plus expéditif, semant une largeur de 9 pieds à la fois.
Le semoir de M. Hugues ( fig. 296 et 297), tel qu'il a figuré à l’exposition des produits de l’industrie en 1834, nous paraît l’instrument de ce genre le plus satisfaisant et le plus généralement applicable de tous ceux proposés jusqu’à ce jour. Ce semoir fait en même temps fonctions de herse et de semoir. Sa largeur totale est de 56 pouces,