‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 145 sur 357 · DES PLANTATIONS ET REPIQUAGES · texte numérisé non relu

DES PLANTATIONS ET REPIQUAGES

inférieure sans léser le tissu parenchymateux, il n’y a pas de doute qu’on ne fasse une opération utile dans la plupart des cas. Quelle que soit en effet la manière dont on procède au repiquage, il est bien diificile que le filet qui termine chaque plante ne se replie sur lui-même , ne force la sève à dévier et à délormer la racine. Cet inconvénient est moins à redouter pour les végétaux qu'on ne cultive pas pour leurs racines, qne pour ceux dont cette partic du végétal forme le produit principal.

On a proposé de tremper les racines dans diverses préparations, dans le but de les préserver des suites de la sécheresse. En application, cette méthode est embarrassante, coûteuse, et en définitive peu profitable. Cependant, lorsqu'un plant délicat doit être transporté à une grande distance , cette précaution diminue les chances qu'il court dans le trajet.Cette préparation consiste à tremper les racines dans une bouillie composée d'un mélange de terre, de purin et de fiente de bêtes à cornes.

Une précaution qu'on ne néglige Jamais impunément, c’est de repiquer le Jour méme où l’on a donné le dernier labour. Un auteur anglais s'estassuré qu'une terre récemment labourée laisse échapper une très-grande quanlité d’eau à l’état de vapeur. Les feuilles, par les pores dont elles sont criblées, s'emparent d'une partie de cette eau et récupèrent ainsi les pertes qu’elles subissent. Le même observateur a reconnu que sur un ancien labour l’évaporation est presque nulle.

Un défaut'général chez les cultivateurs qui établissent des pépinières, c’est de semer trop dru. Les plantes serrées à l'excès s'éliolent, montent en tiges grêles el qui, iransportées ên plein champ, souffrent d'un changement brusque. Il vaut mieux demander un moindre nombre de végélaux à la terre et avoir du plant vigoureux et bien développé.

ART. ILE. — Exécution des plantations.

Il y a 2 méthodes générales de plantation et de repiquage : à la charrue, — au plantoir. La première convient aux plantes tubéreuses, comme la pomme-de-terre, le topinambour, et aux plantes qui ne sont pas cultivées pour leurs racines, comme le colza, les choux.

Des cultivateurs ont avancé qu'on peut également se servir de la charrue pour repiquer les végétaux dont la racine forme le principal produit. Je puis affirmer, par expérience, que l'opération n'aura qu'un faible succès si des ouvriers ne suivent l’instrument pour rechausser les plaies qui n’onl pas été assez recouvertes de terre, et pour désager celles qui ont été enfouies. Si l’on met en compte la dépense qu'exige celte opération supplémentaire, on se convaincra que le repiquage à la main eût été plus parfait et non moins économique. Les plantes oléagineuses n’exigent pas autant d'attention, elles reprennent quand même elles ne tiendraient à la terre que par un filet.

On obtiendra pour cette opéralion une grande économie ex adoptant la division du travail. Une partie des ouvriers sera occupée

à arracher le plant, une autre à l'habiller; quelques-uns le traosporteront de distance en distance sur la pièce destinée à le recevoir ; les autres suivront lacharrue, prendrontla plante avec précaution et la coucheront contre la bande qui vient d’être retournée. C'est à la sagacité du cultivateur à déterminer s’il faut planter chaque 2‘ ou chaque 3° raie. C’est à l'intelligence de l’ouvrier à voir s’il place le plant trop haut ou'troj bas.

St l'on ne se sert pas de la charrue, le sol aura dû être auparavant rayonné ou disposé en crêtes saillantes par le labour. Le plant est transporté sur foute la superficie comme nous venons dele dire. Des ouvriers armés de plantoirs(fig. 318) forment des trous où ils dé-

Fig. 318. posent une plante eu suivant la ligne tracée par le rayonneur; puis, à l’aide du même plantoir, ils serrent la terre contre la racine en le plongeant 2 ou 3 fois autour de la première ouverture. L’essentiel , pour cette ‘opération, n’est pas de presser la terre contre le coflet, mais bien contre la partie inférieure de la racine. Le collet de la plante doit être de niveau avec la superficie du sol; s’il s’élevait au-dessus, la partie qui serait en dehors ne produirail pas de chevelu et se dessècherait; si on le mettait au dessous, la terre couvrirait les feuilles du centre, la pluie et la rosee y séjourneraient et amèneraient la pourriture.

. Le plantoir des jardiniers offre plusieurs inconvéniens lorsqu'on le met entre les mains de personnes peu habituées à s’en servir; c’est ce qui a fait imaginer le plantoir-truelle dont parle THAER (2. 319). 11 ressemble un

Fig. 319.

peu à une houe qui se terminerait en pointe trianulaire alongée. L’ouvrier e plonge dans la terre, et, sans le sortir, il l’attire vers lui et forme l’ouvernr. ture (/£g. 320) dans laquelle il dépose le plant ; repoussant ensuite Ja terre avec son pied, il le rechausse à la hauteur convenable.

Enfin, les Flamands, qui se servent souvent de la méthode du repiquage, ont un plantoir a deux branches (fig. 321) que nous représen-

Fig. 321. tons en A vu de face, en B vu de côté. Un ouvrier saisit cet instrument, le plonge en terre en appuyant avec son pied sur la traverse horizontale ; puis. faisant un pas à reculons,ilouvre 2 trous en ligne droite avec les premiers; des femmes viennent pour disposer le plant et fermer les ouvertures.

ANTOINE, de Roville.

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