‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 153 sur 357 · DES IRRIGATIONS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES IRRIGATIONS EN GÉNÉRAL

des valats qu’il a soin d'entretenir nettoyés, il les retient par des rascassos (pierrés) dans les ravins où elles déposent la terre qu’elles charrient et forment des étages plans qu'elles arrosent, au lieu de se précipiter du haut de la montagne et de la décharner jusqu'au roc, comme cela arriverail sans ces préparations. ;

M. le comte CnapTaL a décrit dans un excellent mémoire (1) ces digues, et comment on couvertit les rochers en terres fertiles dans les Cevennes. J’ajouterai quelques détails à ceux qu’il nous a donnés sur la construction des rascassos. Dans les pays granitiques on y emploie les plus gros blocs qu’on peut rouler; dans les pays schisteux, on n’a que des pierres plates, mais en sait bien les arranger droites et les ezclaver les unes dans les autres. Quels que soient les matériaux qu’on emploie, on appuie toujours les deux extrémités du mur sur les rochers des bords du ravin, et l’on tâche de le fonder aussi sur le roc, ou, lorsque cela n’est pas possible, on place au fond et en avant de larges pierres pour recevoir la cascade et l'empêcher de creuser. On forme des retraites pour briser l’eau dans sa chute; on fait ces murs en talus, on leur donne beaucoup d’épaisseur et peu de hauteur d’abord, pour les élever à mesure que l’attérissementse forme.—Je dois citer un simple ouvrier à cause de son génie naturel; en construisant des rascassos, non seulement il les appuyait sur le roc et prenait toutes les précautions que j'ai indiquées, mais il les ceintrait du côté d’amont, dans l’idée qu’elles résisteraient mieux au courant et seraient plus durables que celles faites en ligne droite. Un mathématicien l’aurait démontré,un paysan cevennois l’imagina et l’exécuta.

Le baron L. À, D'Homgres-FirMas.

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