DE L'ÉLÉVATION
Toute élevation abaissant proportionnel-
l'élévation de 600 pieds environ est la plus grande à laquelle on puisse cultiver le froment avec profit; et même là, le grain sera très-léger,etmürira souventun mois plustard que celui semé au bas de la montagne. Sir J.
SixcLair considère la hauteur de 6 à 800 pieds, en Angleterre, comme le maximum d’élévation pour les espèces de grains les plus rustiques , etencore, dans lessaisons tardives, le
roduit sera de peu de valeur, et se bornera a la paille. Quelques localités font exception à ces règles.
En Europe, le point dcs neiges et des glaces perpéluelles est à au moins 1500 toises environ au-dessus du niveau de la mer. Immédiatement au-dessous, se trouvent des pâturages couverts de neige 7 ou 8 mois de l’année ; viennent ensuite [cs mélèzes, au-dessous desquels croissent les sapins, les pins, les hêtres, les chénes, etc.
Il faut à ces plantes un degré de chaleur et d'humidité très-peu variable. M. de Humboldt a donné un tableau intéressant et curieux deslimites des zeiges perpetuelles dans diverses contrées.
L’élévation au-dessus du solenvironnant expose aussi les plantes, les animaux et les édifices à Paction des grands vents, et doit influer par conséquent sur la disposition des champs, des clôtures, des plantations, des bälimens d’exploitalion, aussi bien que sur les plantes et les animaux eux-mémes. Dans certaines localités, elle influe sur la densité de l'air, la formation des nuages, l’abondance des eaux, et. sous ce rapport. elle peut modifier le caractère même des opérations agricoles. En Suisse eten Norvége, les fermes élablies sur les montagnes supérieures se trouvent tout-à-fait au-dessus de la couche la plus épaisse des nuages, et ceux qui les habitent sont souvent des semaines entières sans apercevoir les plaines et les vallées qui
! sont à leurs pieds.
La position soit maritime, soit intérieure , influe beaucoup sur le climat d’un pays : la remière procure unetempérature plus égale; a chaleur y est modérée, parce qu'une moins grande étendue de terre est exposée aux rayons du soleil; le froid y est moinsintense, parce que la mer conserve toujours à peu près la même température et ne gèle que dans les régions polaires. Les îles et les côtes jouissent donc d’un climat plus égal, plus tempéré et plus humide que les parties iniérieures des continens.
$ UT. — Du sol et de la constitution géologique.
Que la nature du so/, celle du sous-sol, et même la constitution géologique du pays, observees à une certaine profondeur, influent puissamment sur l’agriculture, c’est ce que personne ne met en doute. Le voisinage des volcans, l’existence des sources minérales chaudes peuvent élever la température intérieure au point de réagir sensiblement à la surface. Les flancs du Vésuve nourrissent au- Jourd'hui le vin dit Lachryma-Christi, qui a succédé au Falerne.
Les productions de l'agriculture ne seront pas les mêmes sur un fond ayant au-dessous de lui de grands bancs d’argile, retenant des eaux profondes qui s'échapperont au dehors en sources multipliées, et dans un sol reposant sur d’épaisses masses de craie.
Le sol est la terre considérée comme base de la végétation. Ce sujet est si vaste et siimportanten agriculture qu'il fera l’objet du czapire suivant. Nous dirons seulement ici que les plaines sablonneuses et sèches, les montagnes schisteuses sont plus précoces, toutes choses égales d’ailleurs , que les plaines argileuses et humides, que les montagnes granitiques.
$ IV. — De l'exposition.
Si les montagnes jouent un grand rôle dans la géologie,elles influent predigieusementsur l’agriculture même des pays qui en sont éloignés. C’est d'elles que sortent toutes les riviéres ; elles déterminent la direction des vents, et par conséquent la chute des pluies fécondantes; elles forment de puissans abris qui font varier singulièrement la température des climats, el elles protégent d'une manière efficace les essais de naturalisation.
C'est à la chaine des Alpes et à ses prolongemens que la plus grande partie de la France, Paris surtout, doit la pluie que lui amene le vent du sud-ouest, et la sécheresse dont ie vent du nord la frappe. Dans le bas Languedoc,c’est le vent nord-ouest qui donne les beaux jours.
Plus les montagnes sont élevées el les pluies abondantes , plus la superficie de leurs pentes rapides est exposée à être entrainée par les eaux dans le fond des vallons ; de là le danger des défrichemens qu’on y à si inconsidérément pratiqués, et l’urgente nécessité de s'occuper de leur reboisemenl, seu] moyen de parvenir à leur reconsolidation.
« La terre dépouillée dans une très-grande partie de la France des forêts qui la couvraient autrefois, ne présente plus qu'une surface nue que les nuages parcourent sans trouver