‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 17 sur 357 · CLIMAT. LAVE · texte numérisé non relu

CLIMAT. LAVE

d'obstacles qui les arrêtent etles résolvent en pluies. Le soi, exposé aux rayons d’un soleil brülant, en est pénétré à une grande profondeur; les sources tarissent et les fleuves remplissent à peine le tiers de leur Hit pendant l'été. — Enfin les vents n'ayant plus à parcourir ces immenses forêts, sous l’ombrage desquels ils étaient rafraîchis, el où ils s'imprégnaient pendant la belle saison d’une hu

midité chaude qu'ils répandaient sur les campagnes, n’y portent plus la fraicheur et la vie; forcés au contraire de se diriger sur de grandes étendues de terrains brûlés par le soleil, ils s’échauffent et amènent avec eux le hâle et la stérilité. — Considérons ce qu'était l'Amérique septentrionale à l’arrivée des Européens. La terre, couverte d’épaisses forêts dans la plus grande partie de son étendue, n’offrait à ses habitans qu'un séjour de frimas et de glaces pendant la moitié de l’année; mais les Européens changèrent cet état de choses; l'écoulement procuré aux eaux stagnantes, et plus encore les grands abattis de bois qu'ils firent près de leurs établissemens, ne tardèrent pas à diminuer labondance des pluies, et par conséquent à dessécher le sol et à le rendre moins froid.

Maintenant les Américains jouissent des avantages que leur ont procurés leur travail et leur industrie; mais qu'ils se gardent de passer la ligne de démarcation qui règle la masse de bois qu’il convient de conserver pour avoir toujours la quantité d’eau nécessaire à la fertilité des terres, qu'ils se gardent surtout de toucher à ces grandes forêts qui, par leur position, se trouvent à portée d'arrêter les nuages. — Le mal qui menace la France de stérilité n’est cependant pas sans remède: des lois sages et réfléchies, dont l'exécution serait surveillée avec vigilance, pourraient prévenir ce malheur; il faudrait qu’elles réglassent l’exploitation des forêts placées sur les moniagnes; qu’elles empêchassent leur dégradation et qu'elles fixassent les plantations à faire dans les lieux où elles sont nécessaires pour arrêter les nuages. La théorie de l’établissement de ces masses de plantations serait aisée à servir : la nature nous l'indique. Presque iouie la France est composée de vastes bassins environnés de collines et de montagnes assez hautes; ces lieux élevés semblent destinés par la nature à se couronner d’arbres, comme les collines à se tapisser de vignes et d’oliviers, et les plaines à se couvrir de moissons. — Ménager ces masses de forêts dans les lieux élevés où il s’en trouve déjà, les augmenter dans ceux où l’on a trop diminué leur étendue, et en former de nouvelles sur les points où elles manquent, c’est à quoi doit se réduire le plan d'amélioration de cette partie importante de l’agriculture. Dansles pays de plaines trop étendues et trop découvertes, il serait avantageux d'employer tous les mauvais terrains et même une partie des médiocres à la plantation des forêts. Mais ces grandesamélioralions, auxquelles doit présider un esprit d'ensemble sagement combiné, ne peuvent avoir lieu que par une volonté constante des gouyernemens et d’après des établissemens proportionnés à ces impor-

tans objets. » (4. Zhouin.)

Cuap. 1°".

Les inégalités et les varialions de soi ou d'aspect qui existent à chaque pas dans les montagnes, rendent nécessairement le mode de leur culture différent de celui des plaines. L'agriculture des plus élevées est généralement chétive, et bornée au pâturage des trou-

eaux durant ure partie de l’année. Leurs Rés sont ordinairement pauvres, et émigrent périodiquement ou pour un certain nombre d'années, dans des contrées plus riches, pour y gagner ce que refuse leur sol natal. Le défaut d'instruction, qui engendre et entrelient la misère, fait aussi que les pays granitiques sont loin d’être cullivés comme ils pourraient l’être.

C’est dans les vallées, c’est-à-dire dans les grands intervalles de deux chaines de monlagues à peu près parallèles, que la petite agriculture, c'est-à-dire celle qui se pratique par les propriétaires eux-mêmes, et le plus souvent à bras, montre tous ses avantages; mais il faut d’abord considérer leur position géographique. Une vallée qui est tournée au midi acquiert un degré de chaleur très-supérieur à celui des plaines et des montagnes du même climat qui ne jouissent pas de cette exposition, en général très-avantageuse dans nos climats tempérés. Ces vallées se remarquent surtout dans les Cévennes et dans les Alpes maritimes, sur la limite de la culture de l'olivier et du figuier. Les vallées qui ont leur ouverture au zord présentent l'effet contraire; on ne peut pas y culliver fructueusement la vigne dans le climat de Paris, et même plus au midi. Les vallées exposées au levant jouissent d’une partie de la chaleur du jour; celles au couchant n’en recevant

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